22/07/2026
Puisque le paillage protège à ce point la vie du sol, encore faut-il le poser correctement. Car un paillage mal fait protège mal, et certains paillis font même l'inverse de ce qu'on attend. Voici le mode d'emploi.
L'épaisseur d'abord, car c'est elle qui fait tout. En dessous de cinq centimètres, le paillis est décoratif mais inefficace : la lumière et la chaleur passent encore. La bonne couche se situe entre six et dix centimètres. À cette épaisseur, les mesures sont éloquentes : quand il fait trente degrés dans l'air, il n'en fait plus que vingt-deux sous le paillis, et l'évaporation de l'eau chute jusqu'à soixante-dix pour cent. C'est cette couche-là qui garde le sol frais, humide et vivant.
Le moment ensuite. On ne paille jamais un sol sec et brûlant : on emprisonnerait la sécheresse dessous. La règle est d'arroser généreusement d'abord, ou d'attendre après une pluie, puis de pailler sur une terre déjà humide et réchauffée. Le paillis conserve ce qu'il trouve : autant qu'il trouve de l'eau.
La pose compte aussi. On étale le paillis en couche régulière, sans le tasser, pour que l'air circule et que la microfaune monte s'y installer. Et on dégage légèrement le pied des plantes, tiges et collets, qu'un paillis trop serré ferait pourrir.
Enfin, l'erreur à éviter. Tous les paillis ne se valent pas. Les paillis organiques — paille, broyat, feuilles mortes, tontes séchées — protègent et nourrissent le sol en se décomposant. Les paillis minéraux, comme la pouzzolane, protègent mais n'enrichissent rien. Et surtout, méfiez-vous des films et bâches plastiques : sous eux, la terre chauffe, s'asphyxie, et la vie disparaît. On voit alors des jardins beaux en surface mais biologiquement morts dessous. C'est exactement l'inverse du but recherché.
Bien pailler, c'est une couche épaisse de matière vivante, posée sur un sol humide, sans tasser. Le reste, la terre le fait toute seule.