04/24/2026
Je partage cette réflexion les amis , pas obligé de tout lire mais je peux résumer avec cette phrase : « À nos enfants va falloir dire désolés pour le climat mais c’était pas rentable. » Notre modèle alimentaire planétaire doit évoluer et ça nous appartient individuellement.
La semaine dernière j’ai appris une nouvelle qui m’a ébranlée. Qui m’a fait grandement réféchir.
La ferme Les Bontés de la Vallée cesse ses opérations sous sa forme actuelle après 20 ans. Une ferme qui a nourri beaucoup d’humains et pour qui la santé et la régénération des sols est une priorité.
Pas par désir de passer à autre chose, pas par manque de motivation ni de conviction. Par effritement. L’effritement de la communauté.
Après plusieurs années à opérer dans un modèle “traditionnel “ d’agriculture soutenue par la communauté (paniers bio), malgré le magnifique film fait sur leurs pratiques et la reconnaissance de leur apport, l’épuisement, à plusieurs égards, et le besoin de soutien à leur mission les a poussés à trouver une nouvelle formule d’opération afin d’assurer la pérennité de leur ferme.
Un modèle de ferme communautaire.
Une ferme dans laquelle les mangeurs sont engagés, les récoltes et le budget d’opération étant répartis sur tous les membres. Une formule dans laquelle les légumes doivent être accessibles à tous et où ceux dont les ressources financières sont plus grandes contribuent pour ceux pour qui elles sont limitées.
Une ferme dans laquelle les mangeurs sont invités à venir à la ferme s’ils le souhaitent, à participer. Pour créer un lien plus fort, plus concret, entre la ferme et l’humain qu’elle nourrit.
Cette formule permettait d’assurer un revenu de base à ses opérants, mais rendait aussi davantage possible des pratiques de conservation des sols et de l’environnement (cultures de couverture, plantation d’arbres, engrais verts, …) afin de les maintenir en état pour les générations futures. Un modèle repris par nos amis de la Ferme Cadet-Roussel s.e.n.c., ferme pionnière du maraîchage bio et de la formule d’agriculture soutenue par la communauté au Québec.
Soit, c’est un modèle différent qui sort des sentiers battus et qui nous sort de notre zone de confort et du modèle dans lequel nous sommes habitués.
Ça se voulait un appel à l’engagement, un engagement de la communauté envers la terre qui la nourrit et qui lui permet de l’habiter. Un engagement de la communauté qui aujourd’hui, est effrité aux Bontés de la Vallée et est précaire ailleurs, dans bien des fermes.
Ça en dit long sur notre engagement envers notre territoire, notre agriculture, notre communauté.
Sur notre manque de vision à long terme en tant que société. Le dernier documentaire de Ricardo sur l’état de nos écoles en est un autre pendant tout comme la crise dans le milieu communautaire en ce moment.
Pourtant, on sait que notre esprit d’entraide, notre force collective et notre solidarité peuvent être magnifiquement forts.
Et si on prenait action maintenant, collectivement?
En commençant autour de nous, dans nos quartiers, dans nos villages, sur nos territoires? En se bâtissant une vision de société pérenne et collective?
Parce que la société comme on la pointe souvent du doigt, parlant d’elle comme si c’était une personne à part entière, ça commence par nous, c’est l’ensemble de chacun d’entre nous, l’ensemble de chacune de nos actions et décisions personnelles.
Qu’est-ce qui freinera notre désir d’individualité? Notre désir de consommation souvent exagéré? Notre tendance à penser à court terme et à balayer du revers de la main ce qu’il adviendra de tout ça dans 10 ans, dans 20 ans, dans 50 ans? Parce qu’à ce moment, c’est vrai que certains d’entre nous ne seront plus là.
Mais nos enfants et les générations suivantes eux y seront.
Fut un temps, un très long temps dans l’histoire où se nourrir était la (pré) occupation principale de l’être humain. Il passait du temps à chasser, à cueillir, à cultiver, à apprêter. Le reste à se loger et à combler d’autres besoins de base. Il savait la valeur de la bête chassée, de la plante cueillie, du potager cultivé, de la nourriture conservée. Il savait la valeur du labeur. Peut-être l’avons-nous oublié.
À force de tout pouvoir se procurer quasi instantanément, sans grand effort, nous en sommes peut-être venus malgré nous à considérer la nourriture (ou du moins ce qui remplit nos estomacs) ainsi que la terre sur laquelle on vit comme des biens de consommation anodins.
Le travail pour un potager familial comme un simple hobby, du temps perdu pouvant être consacré à autre chose.
Les agriculteurs comme des entrepreneurs (et oui ils le sont, mais pas que).
Les coûts et précautions liés à la conservation de l’environnement comme non rentables, comme des freins au développement économique, voire parfois superflus.
Prenons-en conscience. Réfléchissons aux choix qu’on fait et aux actions/décisions qu’on prend au quotidien. Juste ça, c’est à la portée de chacun d’entre nous, presque sans exception.
Il est grand temps qu’une prise de conscience commence à germer, et pas qu’un petit pot, mais le grand champ de la société au complet.
“ À nos enfants va falloir dire désolés pour le climat, mais c’était pas rentable.”
Réflexion de François D’Aoust, copropriétaire de la ferme Les Bontés de la Vallée, dans le documentaire Humus, de Carole Poliquin, 2022.
Que le champ fleurisse abondamment ♥