08/02/2026
Plusieurs personnes m'ont envoyé cette vidéo, connaissant mon engagement en faveur de la souveraineté alimentaire africaine.
Je dois vous avouer que le choc ne m'a toujours pas quittée.
J'ai écrit, puis supprimé plusieurs publications. Les mots me manquaient pour exprimer mon indignation face à une pratique révélée par l'enquête de l'ONG Public Eye et qui dure depuis des années et qui concerne des aliments destinés à ceux que nous avons de plus précieux : nos enfants.
Alors, je pose simplement ces questions.
La vie d'un enfant suisse ou européen vaut-elle davantage que celle d'un enfant africain?
Pourquoi des céréales destinées aux bébés vendues dans plusieurs pays africains contiennent-elles des sucres ajoutés, alors que des produits comparables commercialisés en Europe n'en contiennent pas?
Pourquoi appliquer des standards différents selon le continent où naît un enfant?
Selon l'enquête publiée par Public Eye, certains produits commercialisés en Afrique contiennent des quantités importantes de sucres ajoutés, supérieures à celles retrouvées dans des produits comparables vendus en Europe (ils contiennent 50% plus de sucre que la moyenne mondiale). Comment une telle différence peut-elle être justifiée?
Où sont les autorités chargées de protéger les consommateurs?
Les États africains disposent-ils de mécanismes suffisamment robustes pour contrôler la qualité des aliments destinés aux nourrissons?
Les inspections sont-elles suffisantes? Les normes sont-elles appliquées avec la même rigueur qu'ailleurs?
Et plus largement, quelle est la responsabilité des multinationales lorsque leurs produits contribuent à façonner les habitudes alimentaires dès le plus jeune âge, dans un contexte où le diabète et l'obésité progressent rapidement sur le continent?
Cette affaire nous oblige à réfléchir à notre modèle alimentaire. et selon moi, la véritable réponse est la souveraineté alimentaire.
Pendant des générations, les familles africaines ont nourri leurs enfants avec des bouillies préparées à partir de céréales locales comme le mil. Pourtant, nous avons progressivement laissé s'installer l'idée que tout ce qui vient d'Occident serait forcément meilleur.
Il est temps de déconstruire ce réflexe.
Le mil est une richesse africaine exceptionnelle. Naturellement riche en fibres, en fer, en protéines et en minéraux, il possède un faible indice glycémique et constitue un allié précieux dans la lutte contre la malnutrition et les maladies métaboliques.
Le défi des autorités africaines est de l'industrialiser intelligemment, de développer des produits africains modernes, sains, accessibles, prêts à l'emploi et capables de rivaliser avec les grandes marques internationales.
La souveraineté alimentaire ne consiste pas à rejeter systématiquement les produits importés. Elle consiste à être capables de choisir, de produire, de transformer et de nourrir nos populations selon nos propres priorités de santé publique.
Les chiffres du diabète au Sénégal sont alarmants et rappellent l'urgence d'agir. Chaque année, de nouveaux cas sont diagnostiqués, y compris chez les plus jeunes. Cette réalité doit nous pousser à repenser nos politiques alimentaires et à investir davantage dans la prévention. Selon la Fédération internationale du diabète plus de 2 000 nouveau cas sont enregistrés annuellement et d'ici 20250 ce nombre pourrait atteindre 684 800. Chez les enfants, si 250 cas étaient suivis en 2018, aujourd'hui, il s'élève à plus de 1 736 cas.
L'Afrique ne peut plus être un marché où les exigences sont moins élevées qu'ailleurs. Nos enfants méritent la même protection, la même qualité et le même respect que tous les enfants du monde.
La souveraineté qu'elle soit économique, alimentaire force le respect. La conjoncture mondiale l'exige et l'Afrique ne doit pas encore être dernière.
Parce qu'un continent qui nourrit ses enfants avec ses propres richesses est un continent qui choisit sa dignité, protège sa santé et prépare son avenir.
À bon entendeur, salut.
https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/consommation-critique/en-afrique-le-scandale-du-sucre-dans-les-aliments-pour-bebes
https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/consommation-critique/en-afrique-le-scandale-du-sucre-dans-les-aliments-pour-bebes
fans Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) Mamy Diop Ndeye Ka Naboo
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