17/01/2022
Histoire : La vie de Laurent Désiré Kabila
Laurent-Désiré Kabila, le troisième Chef d'État rd-congolais a été assassiné le 16 janvier 2001 dans son bureau de travail au palais des marbres dans la commune de Ngaliema à Kinshasa. 21 ans après son assassinat, la justice congolaise n'a pas su trouver le vrai commanditaire. Beaucoup des gens ne le connaissent que comme le président de la République Démocratique du Congo, mais ont du mal à bien comprendre son histoire. La rédaction de Univ7sur7 vous propose sa biographie.
Il est né le 27 novembre 1939, selon plusieurs biographes et témoins, ou le 27 novembre 1941, selon un entretien de 1999, à Jadotville, aujourd'hui Likasi, dans le Haut-Katanga, Laurent-Désiré Kabila appartenait aux ethnies Luba par son père et Lunda par sa mère. S'il est certain qu'il a accompli ses études secondaires à l'institut Saint-Boniface d'Élisabethville, aujourd'hui Lubumbashi, ses études universitaires à l'étranger (Paris, Tachkent ou Belgrade et plus t**d à Dar es Salaam) sont controversées. Ce flou a été entretenu par Kabila lui-même, car le lieu des études était une information personnelle de par sa nature politique et symbolique.
Ses premières luttes remontent au début des années 1960, durant la crise congolaise qui accompagne et suit l'accès à l'indépendance du Congo belge. D’août 1960 à janvier 1961, il lutte contre la gendarmerie katangaise dans les rangs de la jeunesse du Parti Balubakat (Jeubakat), le parti qui regroupe les membres de l'ethnie des Lubas. Jason Sendwé, chef de la Balubakat, remarque ses talents d’orateur et le nomme « colonel » des jeunesses, en fait des milices balubakats au Katanga.
De 1967 à 1985, Laurent-Désiré Kabila, était à la fois le chef « révolutionnaire » incontesté d'un maquis peu étendu situé aux alentours de Hewa Bora dans les montagnes de l'extrême sud du Kivu, mais aussi un commerçant qui tire de substantiels bénéfices du trafic d'or et d'ivoire dont il détient le monopole dans son maquis.
En septembre 1996 : il signe à Gisenyi (Rwanda) avec trois autres « rebelles » et exilés zaïrois un protocole d'accord créant l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (A.F.D.L.) dans lequel les quatre participants s'engagent à œuvrer pour chasser Mobutu du pouvoir. Mais un seul des signataires dispose de combattants pour ce projet. Ils devront donc compter au départ uniquement sur l'apport des troupes et de la logistique militaire des armées rwandaise, ougandaise puis angolaise.
C'est là que commence alors l'étonnante « anabase » militaire et politique qui, en quelques mois, conduit l'A.F.D.L. du Kivu à Kinshasa, conquise sans effusion de sang le 17 mai 1997, au lendemain de la fuite précipitée, le 16 mai, du « grand léopard » qui disparaît sans soulever d'émotion dans son pays. Au fil d'une fulgurante avance, Kabila constitue un semblant d'armée congolaise, composée essentiellement de jeunes recrues, enfants-soldats, ou de déserteurs des anciennes forces armées zaïroises. Par la suite, il réussira progressivement à éliminer ou à contenir politiquement les trois anciens fondateurs de l'A.F.D.L. dont il n'était au début que le « porte-parole ».
Proclamé président, Laurent-Désiré Kabila, qui prétendait n'avoir jamais été Zaïrois efface toute référence à cette dénomination née en 1971 par décision de son prédécesseur : le pays retrouve son nom d'origine, le fleuve est à nouveau rebaptisé Congo, le franc congolais se substitue au nouveau Zaïre, l'hymne national, la devise du pays sont changés.
En juin 1997, il met en place un gouvernement dont la légitimité s'avérera cependant précaire. A part l'absence de cohésion liée à une « victoire » trop rapidement acquise, le nouveau pouvoir est vite vu comme étant téléguidé de l'extérieur et dirigé par des non-Congolais car les postes clés des Affaires étrangères, de la Sûreté nationale et de l'Armée sont surtout aux mains de Tutsis d'origine rwandaise et ougandaise.
Moins d'un an après sa victoire, Kabila, décide soudainement de se débarrasser de ses encombrants alliés en renvoyant chez eux, en vingt-quatre heures, les officiers et soldats rwandais et ougandais qui l'ont aidé à s'emparer du pouvoir. Il est immédiatement confronté à une tentative de coup d'État suivie par une nouvelle rébellion dans l'Est du pays montée et dirigée une fois encore par des officiers et des soldats des armées rwandaise et ougandaise. L'appui militaire de pays comme le Zimbabwe, la Namibie, l'Angola et le Tchad est acquis à Kabila, mais la guerre s'enlise sur tous les fronts et son issue reste douteuse.
Signalons que c'est Au cours de la deuxième guerre du Congo, celle créée par les troupes étrangères qui étaient ses alliés qu'il est assassiné par un de ses gardes du corps, Rashidi Mizele. Et son fils, Joseph Kabila, lui succède quelques jours plus t**d.
Ol's Kakenge