19/09/2026
Ma première fois, je ne l’ai pas choisie.
J’ai été viOl** pendant toute une nuit par l’homme avec qui j’étais. Une nuit qui aurait dû être faite de douceur, de confiance et de consentement… mais qui a laissé en moi des blessures que je porterais pour toujours.
Et pourtant, je suis restée.
Je suis restée avec cet homme pendant 16 ans.
Seize années pendant lesquelles les chantages, les pressions et les viO**se sont répétés. Seize années pendant lesquelles j’ai essayé de tenir debout, de comprendre, de trouver des excuses, parfois même de me convaincre que ce que je vivais n’était pas si grave.
Mais au fond de moi, quelque chose était brisé.
Aujourd’hui, une question revient souvent quand on parle de violences conjugales :
« Pourquoi ne part-elle pas ? »
J’aimerais que l’on comprenne à quel point cette question peut être douloureuse.
Parce que lorsqu’on est sous emprise, on ne voit plus les choses comme une personne extérieure. On doute de soi. On a peur. On se sent coupable. On peut croire qu’on ne mérite pas mieux, qu’on ne pourra jamais s’en sortir, ou que personne ne nous croira.
Il y a les menaces, les chantages, la peur des conséquences. Il y a les moments où l’on espère que l’autre va changer. Il y a la honte. Le silence. L’isolement.
Et puis il y a cette difficulté immense à reconnaître que la personne qu’on aime, ou qu’on a aimée, est aussi celle qui nous fait du mal.
Sortir d’une relation d’emprise, ce n’est pas simplement faire ses valises et fermer une porte.
C’est parfois devoir reconstruire toute son identité. Réapprendre à se faire confiance. Comprendre qu’on a le droit de dire non. Réaliser que ce que l’on a vécu était une violence, même lorsque l’on a mis des années à pouvoir le nommer.
Je suis restée 16 ans.
Cela ne signifie pas que j’ai accepté.
Cela ne signifie pas que je voulais ces violences.
Cela ne signifie pas que je suis responsable de ce qu’il m’a fait.
Vous n’êtes pas coupables.
Vous n’êtes pas faibles.
Vous n’avez pas à avoir honte.
Vous avez le droit de partir, mais vous avez aussi le droit d’avoir besoin de temps pour y parvenir.