23/12/2025
Les choix de ce client nourrissent la réflexion. Michel Foucault, à travers une histoire de la prison, d’une répression instituée, enfermer pour redresser. Mais il élargit le débat à des formes de répression plus latentes dans la société, sur différents niveaux : un ensemble de procédures pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre à la fois "dociles et utiles". Surveillance, exercices, manœuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d'assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s'est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l'armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline. La prison est à replacer dans la formation de cette société de surveillance. C’est là aussi joindre l’exercice d’une contrainte sur des corps à celle sur des esprits, curieuse approche que de dire aujourd’hui.
Saint-Augustin quant à lui oppose, tout en les rendant inséparable la Cité terrestre et la Cité céleste, celle de Dieu. Mais, au cœur de la seconde s’exerce le « Jugement dernier », commandant les actes sur terre, selon des Lois subjectives que l’Homme a construit, véritable contrainte pour le croyant, où la notion de « faute » s’exprime pleinement.