08/08/2026
🏛️ Autrefois, une chaise abîmée ne finissait presque jamais à la décharge.
Un artisan ambulant pouvait lui offrir plusieurs décennies de vie supplémentaires, uniquement avec de la paille, ses mains et une patience remarquable.
France, vers la fin du XIXᵉ siècle. Dans la rue d’un village, une voix résonne entre les maisons : « Le rempailleur passe ! » Un homme avance lentement avec ses outils, ses bottes de paille et parfois une petite charrette. Une famille lui apporte quatre chaises dont les assises se sont affaissées. Il retourne la première, retire les fibres cassées, examine le bois et commence son patient tressage. Plusieurs heures seront nécessaires avant que le siège ne retrouve sa solidité. Mais remplacer la chaise entière ne vient même pas à l’esprit de
ses propriétaires.
📍 Le rempaillage consistait à refaire l’assise d’une chaise avec des fibres végétales, notamment de la paille de seigle préparée ou différentes sortes de joncs. Le métier était pratiqué dans des ateliers fixes, mais aussi par des artisans itinérants. Les représentations de rempailleurs appartiennent pleinement à l’univers des « petits métiers » urbains et ruraux des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. La Bibliothèque nationale de France conserve notamment plusieurs estampes et documents
consacrés à ces artisans. �
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Le rempailleur commençait par débarrasser le siège de son ancienne garniture.
Il vérifiait ensuite l’état des traverses et des montants.
Une chaise fragilisée devait parfois être recollée avant le tressage.
Les fibres étaient humidifiées afin de devenir plus souples.
L’artisan formait alors une trame régulière, rang après rang.
Chaque passage devait être serré avec la même tension.
Une erreur pouvait déformer toute l’assise.
🪑 Le centre était progressivement rempli selon un motif géométrique précis.
Enfin, les extrémités étaient nouées et dissimulées sous le siège.
La chaise redevenait ferme, confortable et prête pour de longues années.
Dans une économie où les objets coûtaient cher et circulaient peu, cette réparation était essentielle. On entretenait les meubles comme o raccommodait les vêtements ou réparait les chaussures. Le travail du rempailleur prolongeait donc la vie d’un bien familial qui pouvait être transmis aux enfants. Il évitait aussi l’achat d’un meuble neuf, souvent inaccessible aux foyers modestes.
🔍 Ce que peu de gens savent... Le rempailleur était aussi une figure sonore des villes. Comme le vitrier, le rémouleur ou le marchand ambulant, il annonçait son passage à haute voix. Ces appels ont donné naissance aux célèbres « cris de Paris », dont certains furent enregistrés et conservés au XXᵉ siècle. Un document sonore de 1938 répertorie ainsi le cri du rempailleur parmi ceux de nombreux réparateurs et vendeurs de rue. �
Le métier pouvait également être exercé par des familles vivant très modestement.
La mère de l’écrivain Charles Péguy, par exemple, rempaillait des chaises à Orléans.
L’enfant grandit donc au milieu de la paille et du travail manuel.
Cette activité humble appartenait à une véritable culture de la réparation.
Elle rappelle qu’avant la production de masse, jeter restait la dernière solution.
Chaque objet conservait une valeu matérielle, mais aussi affective.
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📜 Aujourd’hui, quelques artisans perpétuent encore ce geste précis. Dans une époque qui redécouvre la réparation et les matériaux naturels, le rempailleur ne représente plus seulement un métier disparu : il incarne une manière différente de considérer les objets, le travail et le temps
Une chaise ancienne bien réparée mérite-t-elle d’être conservée plutôt que remplacée ? OUI ou NON 👇