09/01/2026
Je suis Triphène Moubélé.
Une femme ordinaire, sans grande histoire. Timide, peureuse, mais différente quand même. J'ai traversé mon cursus scolaire et universitaire sans faute. Enfin, presque, hantée par la terreur de l'échec et la peur de décevoir mon entourage.
Après ma formation d'enseignante de français, vint l'épreuve fatidique : le stage pédagogique. Mon Dieu ! Moi, seule dans un lycée, face à des salles de classe aux effectifs pléthoriques, sans binôme pour me soutenir... C'était la fin du monde, la mer à boire. Devais-je abandonner, fuir dans l'ombre ?
Me voici en train de m’imaginer, chaque soir, un Suspense d'horreur : la caméra zoome sur mon visage blême. Les ombres des élèves géants s'allongent comme des griffes, le tableau noir murmure des jugements éternels, je suis terrifiée...Mais non !
J'ai affronté ma plus grande peur : m'exprimer en public, enseigner. J'ai terminé ma formation avec brio, victorieuse. Et puis ? La réalité m'a rattrapée ou du moins elle me rattrape. Car je ne suis pas encore sur le terrain en tant partenaire de l’Éducation des jeunes générations.
La réalité est là, comme un monstre tapi dans l'ombre. Marginalisation de l'enseignant : rémunération en monnaie de singe, situation administrative négligée. On peut y faire toute une carrière en gardant son statut de stagiaire, affecté dans les bas-fonds du pays sans salaire, bref! On sait tous, ce qui se passe actuellement au pays. Triste, si triste !
Un soir, blottie dans mes draps cosy, je me suis juré de ne pas être cette enseignante qui se contente de son sort. Aujourd'hui, je choisis la polyvalence : parce qu'une femme ordinaire peut briller autrement. 💫