23/02/2026
Expulsée menottée et séparée de son enfant : le récit poignant de Mariam Soumah, migrante guinéenne en Biélorussie
Mariam Soumah, une jeune Guinéenne de 23 ans, vit un véritable calvaire depuis son expulsion du Bélarus en août 2024, laissant derrière elle sa fille Sabina, aujourd'hui âgée d'un an, placée de force dans un orphelinat à Minsk. Partie initialement avec un visa étudiant dans l'espoir de rejoindre l'Union européenne, la jeune mère a vu son destin basculer lors d'un accouchement prématuré.
Alors que l'enfant était soignée en soins intensifs, les autorités bélarusses ont exigé le paiement de frais médicaux exorbitants s'élevant à 28 000 euros, interdisant tout contact entre la mère et le nourrisson tant que cette dette n'était pas honorée.
La situation a basculé dans l'inhumanité lorsque Mariam a été emprisonnée pour dépassement de visa, avant d'être conduite menottée à l'aéroport pour être renvoyée vers la Guinée, malgré ses supplications et son refus de partir sans son bébé.
Cette séparation forcée, dénoncée par des experts de l'ONU et des ONG comme une violation flagrante des droits humains, semble être une manœuvre illégale puisque les droits parentaux de Mariam n'ont jamais été officiellement révoqués. Depuis son retour à Conakry, la jeune femme, démunie et hébergée par des proches, n'a pu voir sa fille qu'à travers deux brefs appels vidéo, luttant chaque jour contre le silence des autorités de Minsk.
Face à ce drame, la diplomatie guinéenne, via son ambassade à Moscou, affirme suivre de près le dossier et a sollicité des éclaircissements auprès du gouvernement d'Alexandre Loukachenko. Alors que le régime bélarusse est régulièrement accusé d'instrumentaliser les migrants pour faire pression sur l'Occident, le cas de Sabina et Mariam illustre la vulnérabilité extrême des exilés pris au piège des tensions géopolitiques.
Pour Mariam, l'attente est insoutenable et le combat continue pour obtenir le rapatriement de son enfant, dont le seul tort est d'être née au cœur d'un imbroglio administratif et financier impitoyable.