10/07/2026
Praça Europa et les palissades de Paul de Gobert
Transformer les clôtures de protection d'un chantier de construction en une œuvre d'art, tel fut le « prodige » accompli par Paul de Gobert en 1975/1976.
A cette date la banque belge « Dexia » avait décidé de construire son siège social à partir de zéro. Animée par des préoccupations artistiques et urbaines, la direction a chargé le jeune artiste de peindre les palissades en bois, afin d’atténuer l’impact visuel des travaux de construction.
Cette œuvre d’art urbain (Street Art), originale, voire pionnière, a connu un grand succès médiatique et artistique à l’époque, ce qui a conduit la direction de la banque à la fin des travaux à conserver l’ensemble des palissades qui, successivement, ont été entreposées, restaurées, puis exposées ici et là.
L’artiste, dans un réalisme apparent, a représenté des personnalités artistiques, politiques et populaires, les typographes du quotidien « Le Soir » (qui travaillaient juste à côté, venaient observer l’avancement du travail de De Gobert et se sont fait « surprendre »), ainsi que certains bâtiments de la ville, le tout présenté avec un humour subtil, par exemple en représentant un policier en train de verbaliser le « Manneken P*s » dans sa célèbre posture ou en se représentant lui-même à vélo, aux côtés du cycliste Merckx en costume-cravate.
En 2026, alors qu’elle fêtait ses 50 ans exactement, Metro Mondego, en collaboration avec la mairie de Coimbra, a décidé, à l’issue d’une restauration minutieuse (la restauratrice Paula Margarida Cavaleiro a collaboré avec l’artiste), d’exposer ces œuvres au public sur la nouvelle Praça Europa.
Par le biais des arts et des sciences, des personnalités qui nous rendent visite, de l’université, de la vie sociale, ecclésiastique, politique et autres, Coimbra s’est construite et a contribué à façonner l’Europe que nous connaissons et à laquelle nous restons inextricablement liés.
Paul de Gobert (Bruxelles, 1949). Peintre de chevalet et muraliste, il est intervenu dans des bâtiments publics et privés à Bruxelles, notamment à la station de métro Vandervelde et dans le quartier des Marolles ; à Paris, à l'hôpital Tenon, à l'agence Rooux-Seguela et à l'école primaire de Ménilmontant. De ses voyages à travers le désert du Sahara, les plaines de Mongolie, les villes de Jordanie, les forêts du Rwanda, les environs verdoyants de Bruxelles et de Namur, de ses séjours au Portugal et dans bien d’autres endroits, il nous livre des témoignages sur toile et sur papier qu’il expose et publie dans divers ouvrages, témoignant de son art et de sa passion pour la nature.