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11/07/2022

DISSERTATION ENTIÈREMENT RÉDIGÉE.

Sujet : il y a des écrivains qui font la peinture de ce qu'ils voient devant eux, mais il y en a qui préfèrent peindre ce qu'il y a en eux.
En revisitant vos connaissances relatives aux courants littéraires, à l'aide d'une démarche organisée autour d'arguments solides et d'illustrations avérées, vous expliquerez cet avis en deux temps : d'une part, vous révélerez les divers aspects de la vie extérieure qui suscitent le génie créatif de l'écrivain. D'autre part, vous démontrerez que la source d'où provient l'inspiration de l'artiste n'est pas exclusivement extérieure mais intérieure aussi, voire très intime.

Tout le monde ne peut pas être artiste même si on en a l'imagination. C'est parce que ce talent qui n'est donné qu'aux élus semble provenir des génies ou de la divinité. Celle-ci pousse les uns à puiser dans leur entourage la source de leur inspiration. Pour d'autres, cette dernière se situe dans le tréfonds de leur intimité. C'est pour cette raison probablement qu'on déclare : « il y a des écrivains qui font la peinture de ce qu'ils voient devant eux, mais il y en a des qui préfèrent peindre ce qu'il y a en eux » ; en d'autres termes, on pense que si l'activité créatrice ne s'inspire pas du monde extérieur pour produire l'oeuvre d'art, cette même entreprise puise son sujet dans la vie intime. D'où provient donc la source d'inspiration de l'artiste ? Pour répondre à cette poignante question, nous nous attacherons à justifier d'une part pour quelle raison des écrivains s'inspirent du réel observé. D'autre part, nous nous évertuerons à prouver qu'il en existe d'autres dont l'inspiration provient de leur intimité.

Les réalistes et les naturalistes peuvent nous donner raison à propos de la source extérieure de l'inspiration. En effet, la seconde moitié du XIXème siècle a correspondu à l'apogée du machinisme, de la révolution industrielle en général. Mais c'était un couteau à double tranchant puisque, d'un côté il a certes favorisé une production intensifiée et à une vitesse fulgurante sans précédent. Mais d'un autre, il a suscité la naissance de deux classes sociales distinctes aux forces inégales. L'auteur réaliste s'intéresse justement à ce milieu de défavorisés qui croupissent dans la misère au grand bénéfice d'une minorité bourgeoise dont le revenu prospère sans cesse. Ne soyons donc pas surpris de remarquer que des auteurs fassent de cette cruelle et injuste inégalité sociale leur principale source d'inspiration. On comprend d'ailleurs, en guise d'exemple, pourquoi Émile Zola s'enorgueillit, dans la préface de L'Assommoir (1876), d'avoir ''écrit un roman qui sente l'odeur du peuple'' ; c'est parce qu'il a fait de celui-ci son sujet principal tiré du réel reproduit avec une fidélité exacerbée.
Il en est de même, à peu près, pour les symbolistes qui s'inspirent aussi du réel pour produire leurs oeuvres d'art. En effet, même si leur projet de départ n'est pas tout à fait analogue aux réalistes, ou encore aux naturalistes, ces écrivains de la seconde moitié du XIX ème siècle s'adonnent à une véritable entreprise de signification des objets qui jonchent la terre du commun des mortels. Ceux-ci appartiennent au monde réel mais nous sommes si sourds, si aveugles à leur message codé que nous n'en comprenons pas le sens. Et ces poètes surnommés ''symbolistes'' possèdent ce sixième sens, ce génial troisième œil qui leur permet de percer le mystère que renferme ce discours inaudible. Ils semblent, par cette voie de fait, entretenir un lien de parenté avec Prométhée, ce personnage mythologique qui a volé aux dieux le secret de la fabrication du feu pour l'offrir aux humains qui, ainsi, sortent de l'obscurité (l'ignorance) pour plonger de plain-pied dans la lumière (la connaissance). Nous en avons l'illustration avec Charles Baudelaire, lui qui, dans ''Une Charogne'' (un poème des Fleurs du mal publiée en 1857), décrit longuement cet animal rencontré lors d'une promenade avec sa bien-aimée avant d'en dégager le sens profond, sordide, répugnant à la limite : ''Et pourtant, vous serez comparable à cette ordure'' dit-il presque vers la fin du poème, autre vision du "memento mori".

Ainsi, au regard de la source d'inspiration des réalistes, des naturalistes tout comme des symbolistes, nous nous sommes rendu compte que l'écrivain peut bel et bien puiser son sujet dans le réel qui l'environne ou auquel il fait face ; mais est-ce que cette source d'inspiration, chez d'autres artistes, ne peut pas être intérieure aussi ?

Lorsqu'on cherche, parmi les écrivains, ceux qui puisent l'inspiration au fond d'eux-mêmes, honnêtement parlant, on ne peut pas exclure les lyriques. En effet, ces artistes n'éprouvent aucune honte en révélant leur vie intime parce qu'ils ont fait de leur plume qui écrit et de leurs feuilles de papier qui leur tend les bras quelques-uns parmi les meilleurs confidents de tout l'univers. Ils évoquent alors leurs souvenirs heureux ou malheureux, exposent leur moment de faiblesse et pensent, à travers cette activité créatrice littéraire, qu'ils parviendront à se départir du poids de leur peine personnelle commune à tout mortel. Nous en avons l'illustration avec Lamartine qui avouait, lorsqu'on lui demandait à quoi lui servait son art : « Ce n'était pas un art mais un soulagement de mon propre coeur qui se berçait de ses propres sanglots », interdisant à tout lecteur de croire que sa poésie avait une quelconque autre orientation.
De même, il ne faut pas omettre, dans cette liste de peintres de l'intériorité, les poètes de la Négritude. En effet, voilà des écrivains qui passent par l'art pour manifester leur fierté d'appartenance culturelle à l'Afrique. Pourtant, c'est cette même Afrique là que des Occidentaux qualifiaient de ''table rase'', de terre habitée par un peuple barbare composé essentiellement de cannibales. Malgré toutes ces insultes faites au vieux continent et à ses occupants, des écrivains s'en sont montrés fiers en célébrant leur monde intérieur illustré par la beauté de ses femmes, la richesse de sa végétation, la puissance de ses rois, l'existence d'une civilisation originale... En guise d'exemple, il suffit de se pencher sur les écrits de Senghor, à l'instar de Chants d'ombre (1945), surtout dans ses deux poèmes : ''Femme noire'' et ''Que m'accompagnent koras et balafongs'' ; dans l'un, il chante la beauté vertueuse et sans artifice de la femme africaine, dans l'autre il célèbre la richesse multiséculaire de nos traditions, tout comme le justifie le titre du plus célèbre recueil de Césaire. Et tous ces trois cités ont un dénominateur commun : l'intériorité comme source principale de l'inspiration.

En définitive, il existe certes des écrivains qui puisent leur inspiration à partir de ce qu'ils voient devant eux, comme peuvent le justifier les réalistes dans leur reproduction du réel et les symbolistes dans leur entreprise de signification des objets familiers. Mais il ne faut point oublier que cette même inspiration peut provenir de l'intériorité d'artistes tels que les lyriques dans leur expression des sentiments ou encore les écrivains négro-africains dans l'expression de leur identité culturelle. À notre avis, l'inspiration est comme un objet à façonner pour son propre besoin ; chaque homme de plume en puise partout où ce besoin se fait sentir. D'ailleurs, il faudrait surtout chercher à savoir pour quelles raisons, à un moment ou à un autre, un même écrivain tel que Victor Hugo par exemple choisit le monde extérieur (Les Misérables, 1862) ou son monde intérieur à lui (Les Contemplations, 1856) pour s'adonner à son activité créatrice littéraire.

Issa Laye DIAW
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09/07/2022

. ⛔𝗣𝗘𝗧𝗜𝗧𝗘 𝗔𝗡𝗔𝗟𝗬𝗦𝗘 𝗟𝗜𝗧𝗧𝗘𝗥𝗔𝗜𝗥𝗘⛔
𝗱'𝘂𝗻 𝗿𝗲𝗰𝘂𝗲𝗶𝗹 𝗽𝗼é𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗮𝗳𝗿i𝗰𝗮𝗶𝗻 𝗱𝘂 𝘅𝘅𝗶𝗲.𝘀:
✍️𝘓𝘦 𝘗𝘢𝘳𝘧𝘶𝘮 𝘥𝘦 𝘮𝘢 𝘮è𝘳𝘦 ✍️
_____________________________
S'étalant sur 76 pages, 𝗟𝗲 𝗣𝗮𝗿𝗳𝘂𝗺 𝗱𝗲 𝗺𝗮 𝗺è𝗿𝗲 est un recueil de dix-sept poèmes illustrés chacun par un tableau . C'est l'œuvre de la juriste et écrivaine camerounaise, Danielle Eyango , publiée en 2020 aux éditions de Midi à Yaoundé. Il s'agit là d'une poésie flamboyante, émouvante, parlante et dansante qui trace une nouvelle voie aux voix des bardes africains contemporains, celle de créativité, de singularité et de liberté . Néanmoins, les vers de cette férue de littérature sentent l'odeur de l'oralité telle dans l'art de René Philombe, de Francis Bebey, de Birago Diop et de Léopold Sedar Senghor, le lyrisme hugolien ou verlainien et même l'hybridisme scriptural ou le brassage artistique d'André Breton . "Le vernissage littéraire", comme l'a mentionné la poétesse dans sa note introductive, est l'expression adéquate pour nommer cette galette littéraire que nous analyserons de manière succincte .

1- 𝗟𝗮 𝘁𝗵é𝗺𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

𝗡𝘂𝗶𝘁 , 𝗱é𝘀𝗲𝗿𝘁 et 𝗿𝗼𝘀𝗲 sont les trois vocables que la poétesse a utilisés moultes fois et avec une certaine emphase dans son recueil . Ce trinôme met respectivement en relief la souffrance, la solitude et l'amour ou le mal qui sont connexes à la vie et aux rêves de l'autrice. Ainsi, dans le poème éponyme 𝗟𝗲 𝗽𝗮𝗿𝗳𝘂𝗺 𝗱𝗲 𝗺𝗮 𝗺è𝗿𝗲, Eyango, "Sur le trottoir de [sa] nuit " et en pleine "Minuit de larmes", nous étale les "Tourments de [sa] mère" et surtout la souffrance, la douleur qu'elle endure à chaque fois qu'elle ressent l'odeur presqu'indélébile de sa génitrice . Cette nuit où la poétesse vocifère, crie et pleure, est aride, dépeuplée et déserte . Ce noir l'incite tour à tour à nager dans sa solitude, à tout se dire, mêmes les blessures les plus profondes. Et partant, l'aède de l'heure se libère, se purge et se soigne : c'est de la cure littéraire qui pulvérise non seulement les émotions dérangeantes et nuisibles de l'énonciatrice, mais également celles du commun des lecteurs et lectrices.

En outre, n'oublions pas que l'amour est à la poésie ce que la sève est à l'arbre . Voilà pourquoi dans les poèmes tels que 𝗢𝗱𝗲 à 𝗟𝗶𝗹𝗶, 𝗖𝗮𝗱𝗲𝗮𝘂𝘅 𝗱𝗲 𝗳𝗶𝗻 𝗱'𝗮𝗻𝗻ée à 𝗺𝗲𝘀 𝗮î𝗻é𝘀 , 𝗗𝗲𝗺𝗮𝗶𝗻 𝘀𝘂𝗿 𝘁𝗮 𝘁𝗼𝗺𝗯𝗲, 𝗷'𝗶𝗿𝗮𝗶 et 𝗟𝗲 𝘀𝗮𝗯𝗹𝗶𝗲𝗿, la poétesse présente de manière progressive de multiples facettes de l'amour. Dans le premier poème, la parolière chante une séparation d'avec son amie Lili, une séparation difficile et inconcevable ; dans le deuxième, elle exprime la liberté sentimental(iste); et dans les deux derniers, elle y manifeste son attachement indéfectible pour son "Tonton Vieux" et sa mère, tous les deux décédés . On ne saurait oublier 𝗟𝗲𝘀 𝗣𝗹𝘂𝗺𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝘁𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲𝘀 qui mettent en évidence la fin d'un riche et bel amour qui liait la poétesse ou la loctrice à un homme.

Par ailleurs, on ne peut guère réduire cette œuvre à ces trois thèmes supra. Celle-ci est, en plus d'être une thérapie ou un magasin de fortes émotions, une arme, une correction et une mère nourricière d'espoir . Une arme, puisqu'elle dénonce et critique avec une dernière énergie les guerres et le tribalisme qui engloutissent tout projet d'avenir. Ainsi, la poétesse de crier dans 𝗟𝗲𝘀 𝗺𝘂𝗿𝘀: « Mon âme arrose le brasier des guerres », et renchérit : « Il neige des murs dans mon pays ». Elle parle aussi de "l'infanticide" dans 𝗟𝗲 𝗳𝗮𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗱𝘂 𝗱é𝘀𝗲𝗿𝘁 . C'est une correction, parce qu'il ridiculise les mœurs afin de dresser ou moraliser la société. Dans 𝗟𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗮𝘁𝗿𝗲 𝗥𝗼𝘀𝗲𝘀, par exemple, l'autrice peint quatre types de femmes : l'héridité (la femme toujours déçue, ayant perdu son prestige), la suicidée (celle oubliée, sous-estimée et morte), la répudiée (celle conjugalement instable) et l'incestine (la propagée, la protégée, la voleuse des prestiges...). 𝗟𝗲𝘀 𝗥𝗼𝘀𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗲𝗺𝗽ê𝘁𝗲, quant à elles, s'attaquent au sadisme de certaines personnes vis-à-vis de leurs semblables.

Enfin, ce livre est une forte célébration et une déification d'une Mère qui est à la fois génitrice, reine et muse pour la maîtresse des vers . Il nourrit le lectorat, surtout celui jeune, d'espoir dans ses trois derniers poèmes. Ceci dit, dans 𝗟'𝗢𝗿𝗰𝗵𝗶𝗱é𝗲, 𝗨𝗻 𝗽𝗼è𝗺𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘁𝗼𝗶 et 𝗨𝗻𝗲 𝗯𝗼𝘂𝘁𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲 à 𝗹𝗮 𝗺er, Danielle Eyango rêve et fait rêver ses lecteurs d'espoir, de renaissance et de changement . Pour elle, malgré le désert "dépeuplé" et taché d'infanticide, « L'orchidée fleurira dans l'abysse enchaîné ».


2 - 𝗗𝘂 𝘀𝘁𝘆𝗹𝗲 à 𝗹𝗮 𝗽𝗼é𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

De prime abord, il faut noter que l'écriture de 𝗟𝗲 𝗣𝗮𝗿𝗳𝘂𝗺 𝗱𝗲 𝗺𝗮 𝗺èr𝗲 est teintée d'artialité et d'intertextualité . L'illustration de chaque poème par un tableau marque cette complicité et cette complémentarité, chez Danielle Eyango , entre poésie et peinture. Cette déesse des vers emboîte ainsi le pas au poète lyrique grec, Plutarque de Simonide de Céos (556-468), qui, en appréhendant une analogie entre ces deux arts, dit: « La peinture est une poésie muette et la poésie est une peinture parlante. » On y note aussi une allusion faite à Paul Verlaine (Ode à Lili), à Dr Jekyll et à M. Hyde, mettant ainsi en lumière la rencontre entre plusieurs textes et voix dans ce livre. Dans cette homogénéité textuelle, l'on lit la culture plurielle de la scripteure.

De surcroît, lire Eyango, c'est aussi découvrir des néologismes("égarance", dé-piré" "violencés", etc.) des emprunts ( "Deep" "kagdeu", "vogdeu", etc.) et du camerounisme ( "À l'endroit de toi") . À cela s'ajoute cette liberté scripturale que nous adorons : ponctuation et vers libres, violation parfois de la syntaxe ... L'autrice transpose sa liberté d'expression à l'écriture . Ne dirons-nous pas avec Jean Claudel que « Les grands écrivains n'ont jamais été faits pour subir la loi des grammairiens, mais pour imposer la leur ». Vous nous répondrez sûrement.

Pour clore, l'invasion des vers par le noir, la musicalité récurrente, l'oralité poétisée, le lyrisme accru et les images aussi alléchantes que bien arrondies et surprenantes qui jonchent ce joyau littéraire constituent un attrait gigantesque . Du moins, le lectorat ne doit pas toujours voir dans le "je" la personne de la poétesse, mais aussi la sienne. N'est-ce pas « Quand je vous parle de moi, c'est de vous que je parle », nous dit Victor Hugo ? Qualifier le style eyangolais de néo-surréaliste n'est pas exagéré, à notre humble avis, car on y trouve l'exploration des rêves, une liberté totale (au niveau de la ponctuation) et la cohabitation entre poésie et peinture...

3 - 𝗟𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱 𝗰𝗿𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

Ce recueil nous est un régal presque sans égal ! Plusieurs éléments rendent son attrait subliminal :
➡️ La liberté scripturale et celle expressive détendent et rendent décomplexée la lecture ;
➡️ La plurivocité du vocable "nuit" qui invite le lectorat à embrasser la nuit même sous le soleil ardent rend si différent et attrayant le style de l'autrice ;
➡️ Le foisonnement de rythmes suscités par l'intromission de l'oralité et la liberté au niveau de la ponctuation, le tout teinté de la musicalité maximaliste, envoûte et apprivoise le cœur des lecteurs ;
➡️ Le mariage entre poésie et peinture ne cesse d'inciter les lecteurs modèles à faire un rapprochement entre les images de ces arts et à requestionner le rapport entre texte et image ; etc.
Au regard de ce qui précède, l'art eyangolais est si juteux et succulent. Pour ce faire, nous lui attribuons une note de 17,5/20 . Ce genre de poésie est ce que la génération actuelle adore ; c'est aussi un recueil qui marque d'une pierre blanche la poésie africaine du xxie siècle .

Cependant, ma note n'est pas 20/20. Car je crois qu'on pourrait améliorer certaines choses dans ce recueil poétique (en cas de réédition) :
♦️ regrouper les poèmes en quatre sections et donner un titre à chacune d'elles (afin qu'il y ait plus de cohésion et de cohérence). Exemple :
✓ 1re section : Le parfum de ma mère ; Demain sur ta tombe, j'irai ; le sablier ; l'ombre (titre: mes tréfonds et rêves ou mes nuits)
✓ 2e section : Ode à Lili, cadeaux de fin d'année à mes aînés ; la forteresse, les plumes de nos tendresses ( titre: Bruits du cœur)
✓ 3e section : les murs, l'innocence s'est envolée, le farceur du désert, les quatre roses; les roses de tempête (titre: mots pour maux)
✓ 4e section : L'orchidée ; Un poème pour toi; Une bouteille à la mère (titre: lueurs d'espoir)

♦️ Expliquer (en bas de page ou dans un glossaire-annexe ) les néologismes et emprunts pour éviter les confusions, les contresens voire les incompréhensions.

♦️ Éviter de reprendre presque dans tous les poèmes la même construction (certes la poésie est l'art de répétitions, mais pas de celles agaçantes): par exemple, la reprise à trois temps d'une même expression est présente dans tous les poèmes (Ex: "combien de portes.... et de portes ..... et de portes".... ; Et des murs... et des murs... et des murs...; etc), et cela devient monotone et fade(quand c'est trop c'est laid, dit un adage).
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01/06/2022

Le Devoir de violence est un roman de Yambo Ouologuem publié le 1er septembre 1968 aux éditions du Seuil et ayant reçu le prix Renaudot la même année. Il s'agit du premier roman africain à recevoir ce prix.

Ce livre inspire l'ouvrage de l'auteur fictif T.C. Elimane qui au cœur de l’intrigue de “La Plus Secrète Mémoire des hommes” de Mohamed Mbougar Sarr.

RÉSUMÉ

La Légende des Saïfs : les débuts de la légende de l'empire Nakem (Mont Katséna, fleuve Yamé, Randé, Tillabéri-Bentia), et de la longue dynastie des Saïfs. Le juste Saïf Isaac El Héït, mort en 1498, puis l'impopulaire Saïf El Haram.
L'Extase et l'Agonie : leur lointain descendant, Saïf ben Isaac El Héït, après une violente rébellion, signe le 20 décembre 1900, un traité de paix avec les Flençéssi. L'année suivante, son fils Madoubo, et nouveau dirigeant, est l'invité officiel de la France.
La Nuit des géants : la France s'installe au Nakem. Dès 1919, la république africaine de Nakem-Ziuko reconduit les mêmes luttes de pouvoir, le jeu des notables africains, autour de Saïf, pour conserver les coutumes, accaparer et détourner la christianisation et la colonisation, présentes par les administrateurs ou gouverneurs Jean Chevalier et Vandame, l'abbé Henry, l'évêque Thomas de Saignac. Le double jeu des dirigeants s'accompagne de violences variées, d'assassinats (à la vipère), de trafic d'êtres humains (travailleurs drogués, vendus à La Mecque), de sorcellerie, de manipulations diverses. Deux esclaves de Saïf, Tambira et Kassoumi, vivent un amour profond, apparemment facilité par Saïf, en fait contrarié par les luttes du pouvoir représentés par Madoubo, Bourémi, Kratonga, Sankolo, Barou, Karim Bâ... L'action se concentre sur la réussite scolaire des enfants de ce couple, particulièrement Raymond Spartacus Kassoumi : certificat d'études en 1920, brevet élémentaire en 1924, lycée à Paris, baccalauréat en 1927. Ce succès est suivi d'une soirée d'orgie, au cours de laquelle Raymond retrouve sa sœur Kadidia, qui lui annonce l'anéantissement de leur famille. Raymond perd ses repères, désespère. La rencontre d'un bourgeois célibataire intéressé lui permet de poursuivre ses études, et de réussir le concours d'entrée à l'école d'architecture. En 1933, la perle noire de la culture française devient le premier bâtisseur du Nakem. Il se marie à une française, Suzanne Teyssedou, et finit par mener une vie de nègre-blanc. Il traverse le cauchemar de 39-45 en combattant. En 1947, il est désigné comme candidat député du Nakem à l'Union Française... sur décision des notables et de Saïf... Le retour au pays devrait être bref.
L'Aurore : cette dernière nuit avant l'élection, l'abbé Henry, devenu l'évêque Henry, se rend chez Saïf, Machiavel ou Judas : duo, duel, dialogue des deux forces opposées. Reste le jeu dans la vie.

30/05/2022

PROPOSITION DE CORRIGE 001/04-2022

Sujet : « Le progrès technique est comme une hache qu’on aurait mise dans les mains d’un psychopathe » Commentez cette affirmation d’Albert EINSTEIN.

A. INTRODUCTION *2 propositions*

(1) Selon Jean Rostand, la science à fait de nous des dieux avant que nous ne soyons dignes d’être des hommes. Il met ainsi en évidence les méfaits que la science et la technique ont engendrés au point que l’homme perd de sa valeur et sa dignité. Dans la même lancée Albert Einstein met en exergue le danger que constitue la technique lorsqu’elle se trouve entre de mauvaises mains : celle d’un psychopathe. Les propos de l’auteur mettent en évidence l’influence que le progrès technique peut engendrer dans la vie de l’homme. Que pouvons-nous comprendre à partir des propos de l’auteur ? Au cours de notre analyse nous procéderons dans un premier temps à l’explication des propos de l’auteur par la suite nous ferons les forces et les faiblesses de la position de l’auteur, de même notre position personnelle.
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(2) Selon la tradition rapportée par Platon dans Protagoras, Prométhée avait dérobé le feu des dieux pour le mettre à la disposition de l’homme. Ainsi naquit la technique, dont l’objectif était de libérer l’homme des griffes de la nature. Cependant au regard des méfaits engendrés par la technique, Albert Einstein fait comprendre que celle-ci est un danger permanent pour l’humanité. Il l’identifie à une hache qui se trouve dans les mains d’un criminel. Son affirmation pose le problème de l’influence du progrès technique sur l’humanité. Dans quelle mesure le progrès technique est-il effectivement dangereux ? Le progrès technique n’a-t-il pas de côté positif ? Faut-il soumettre la technique à la raison ? Au cours de notre analyse nous verrons dans quelle mesure le progrès technique est effectivement dangereux, ensuite nous verrons que le progrès technique à un côté positif et enfin il faut soumettre la technique à la raison.

B. DEVELOPPEMENT

1. Explication des propos de l’auteur

Les propos d’Albert Einstein font écho à un contexte assez particulier et tendu de l’histoire de la science dans son ensemble. Pacifiste dans l’âme, le prix Nobel 1921, veut d’une science au service de l’humanité et de la paix. Sa tentative de freiner l’élan de l’Allemagne nazie dans sa quête de la bombe atomique, va plutôt produire l’effet inverse. En effet, il permet malencontreusement aux Américains, de réunir le nécessaire pour produire la bombe atomique qui sera utilisée contre le Japon en 1945. Dès la fameuse lettre au président Roosevelt et le démarrage du projet ‟Manhattan”, Einstein a eu le temps de réaliser ce que représente le potentiel scientifique et technique une fois entre de mauvaises mains.
En évoquant la hache dans les mains d’un psychopathe, l’auteur à travers cette formule imagée, veut faire comprendre et réaliser l’étendue du danger qui se profile à l’horizon. La menace est réelle, insidieuse et collective, et le sort de notre monde est peu enviable. Posée à l’air libre la hache est inoffensive. Mais, lorsque de mauvaises mains s’en emparent, il y’a péril dans la demeure. La science accroit notre pouvoir de destruction, notre propension à créer et entretenir le chaos. En général, les hommes de science sont guidés par des intérêts qui sont incompatibles avec le bonheur réel de l’humanité.
Le choix de la figure du psychopathe n’est pas fortuit. Il symbolise l’égoïsme, les cynismes froids dont l’homme fait preuve, lorsque son pouvoir augmente. Cet égoïsme pousse les hommes dans la démesure, et chemin faisant, il leur arrive inévitablement d’oublier que le sort des générations futures est lié aux actes posés par la génération actuelle. Par la science, l’Homme moderne veut tout et maintenant au point que la pensée aux générations futures ne traverse pas son esprit. À mesure que l’homme étend son pouvoir sur la nature, il compromet dangereusement les chances de survie des générations à venir. Les propos de l’auteur comportent nécessairement des mérites, et éventuellement des limites qu’il conviendrait de mettre en évidence.

2. Analyse critique

a. Les forces de la position de l’auteur

D’une part, la thèse de l’Albert Einstein découle d’un constat pertinent est teinté de lucidité loin de se laisser entrainer par une naïveté ou une candeur béate, il a le mérite de faire un constat objectif de ce que devient la science entre de mauvaises mains. Lorsque la conscience ne gouverne pas la technique nous nous dirigeons tout droit vers le chaos. C’est d’ailleurs ce qui ressort des propos de François Babelais extrait son œuvre Pantagruel à savoir « science sans conscience n’est qu’une ruiné de l’âme ».
D’autre part il faut aussi reconnaitre au constat d’Albert Einstein, toute son actualité. Il est difficile, lorsqu’on fait un tour d’horizon de l’actualité de notre monde dominé par la technique, illustre avec force, l’actualité des propos du prix Nobel de physique 1921. Avec l’événement de la robotique, des armes de dernière génération de intelligence artificielle nous comprenons avec Camus « La civilisation mécanique vient de parvenir le degré de sauvagerie ». Malgré la pertinence des propos de l'auteur, il ressort tout de même des limites.

b. Les faiblesses de la position de l’auteur
La vision d’Albert Einstein est si réductrice au point que si l’on ne prête pas attention, on risque fort de peintre tout le tableau en noir. Sa vision de la technique est absolument partielle. Il ne faut pas oublier que la technique est ce qui affranchit l’homme de la servitude qui le lie à la nature. C’est grâce à elle, qu’il en devient comme « maître et possesseurs », conformément à cette formule, à ce vœu cartésien (Descartes). La technique est ce qui permet la dialectique du maitre et de l’esclave, permettant ainsi à l’Homme de prendre le dessus, de s’affranchir de la tutelle écrasante et dégradante de la Nature.
En outre, il faut aussi noter que la technique est signe de progrès pour l’humanité, de même qu’elle participe activement à l’amélioration des conditions de vie de travail de l’homme. Initialement condamné au travail à l’image de Sisyphe, c’est grâce à la technique que la production de l’homme atteint un seuil satisfaisant. Sans compter avec les progrès réalisés dans le domaine agricole, des télécommunications qui hissent l’homme au rang des dieux capable de créer, un monde selon ses aspirations et ses désirs. Dans cette lancée Marcel Mauss écrit dans Eloge de la technique que « La propagation et la découverte des arts industriels voila ce qui fut, ce qui est le progrès fondamental et permit l’évolution des sociétés ».

c. Position personnelle
Sans verser dans un fatalisme réducteur l’image de Einstein nous estimons que la meilleure façon de tirer profit de la technique consiste à utiliser les fruits de la science avec la raison, la mesure, la modération. Il est vrai qu’à l’image des tonneaux des Danaïdes, l’homme est condamné à l’insatisfaction. Cependant, il y’a lieu pour lui d’éviter le syndrome d’Icare en optant pour la mesure, la modération. Cela passe par une soumission de la technique à l’éthique qui va en fixer les modalités pratiques. En optant ainsi pour l’éthique, nous avons l’opportunité façon inédite de sauver notre planète et garantir ainsi un avenir paisible aux générations futures.

CONCLUSION

Au terme de notre analyse nous sommes dans l’obligation de reconnaître à la technique son caractère ambivalent. A l’image d’une médaille, la technique porte tantôt l’espoir des hommes, tout comme elle en précipite le chaos. Le monde est en réalité ce que l’on en fait, suivant nos échelles de valeur et nos priorités. Pour notre part, Il ya donc lieu que l’homme fasse preuve de bon sens dans ses promesses technologiques. Le salut du genre humain et de l’écosystème passe nécessairement par là. Toutefois, le moralisme n’est-il pas un frein au rayonnement de la science et de la technique ?

25/05/2022

. 𝗣𝗘𝗧𝗜𝗧𝗘 𝗔𝗡𝗔𝗟𝗬𝗦𝗘 𝗟𝗜𝗧𝗧𝗘𝗥𝗔𝗜𝗥𝗘
⛔ 𝗗𝗘 "𝘔𝘦𝘴 𝘚𝘢𝘪𝘯𝘵𝘦𝘴 𝘤𝘰𝘭è𝘳𝘦𝘴" ⛔
(𝘗𝘢𝘳 𝘠. 𝘒𝘈𝘏𝘓𝘖𝘔)
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« 𝗠𝗲𝘀 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗹è𝗿𝗲𝘀 » sont une œuvre poétique de 58 pages. Ce livre, paru le 04 janvier 2018 aux éditions L'Harmattan en Côte d'Ivoire et marquant d'une pierre blanche la poésie africaine du xxie.s, porte la signature de l'enseignant de Lettres modernes, Etty Macaire , originaire de Badasso dans le sud de la Côte d'Ivoire. Celui-ci est par ailleurs écrivain et critique littéraire, et président de l'AECI (Association des Ecrivains de la Côte d'Iviore).

1 - 𝗔𝗻𝗮𝗹𝘆𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝘁𝗶𝘁𝗿𝗲

Ce titre évocateur (Mes Saintes colères) est constitué de trois mots, lesquels nous rappellent le chiffre 3 désignant la Trinité ou le trinôme Dieu-poète -peuple . L'adjectif possessif “𝗺𝗲𝘀”, employé au pluriel, nous suggère un accru lyrisme avant même qu'on ouvre ce livre . Il détermine le substantif “𝗰𝗼𝗹è𝗿𝗲𝘀” qui renvoie aux blessures, douleurs, souffrances et à l'amertume du scripteur . On comprend dès lors que ledit lyrisme ne sera guère tinté de joie ou de calme. Cependant, il ne s'agirait pas, d'après l'adjectif qualificatif “𝘀𝗮𝗶𝗻𝘁𝗲𝘀”, des colères noires, mais de celles pures et basées sur le véritable amour... Bref, des colères constructives voire salvatrices. Cela dit, nous nous demandons pourquoi le poète se met en colère. Contre qui ou quoi s'irrite-t-il ? Est-ce que l'ire de l'auteur n'est pas aussi celle des autres ? Voilà quelques interrogations auxquelles nous répondrons dans l'analyse succincte de la thématique de cette galette littéraire.

2 - 𝗟𝗮 𝘁𝗵é𝗺𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗹'œ𝘂𝘃𝗿𝗲

Les premiers vers de cet ouvrage montrent à suffisance la colère protéiforme du locuteur. Mais ce dernier précise les facettes de ses colères avant d'en dire les causes. Ainsi à la page 11, il professe avec emphase que sa colère est 𝘀𝗮𝗶𝗻𝗲, 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁𝗲, 𝘀𝗲𝗿𝗲𝗶𝗻𝗲, 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲... Le poète justifie d'entrée de jeu le titre qu'on a analysé supra. Oui, c'est confirmé que le poète est en courroux .

Primo, l'auteur se fâche contre le silence des dirigeants de son pays et d'Afrique qui font la sourde oreille aux cris des bardes inquiets de la noyade de leur cité . Il a ras le bol de ces "rois" qui ne se contentent que d'écouter des "griots flagorneurs" et des "maîtres-cajoleurs(p.12-13). En outre, contrairement à ces derniers, il refuse de caresser dans le sens du poil les "Massas" et "Famas", véritables politicards « Aux becs crochus(...)/ Aux soifs que nul déluge/Ne peut étancher »(p.40) et prêts à « Prendre part à la ripaille nationale [et] manger les valeurs morales » (p.42). Au clair, le poète malgré qu'il soit « Au milieu de la tempête » et en des « jours sans couleurs » voire en des « heures ternes et lasses » , refuse de se taire face à des injustices et tragédies humaines pour louer les gouvernants comme font certains. Il le dit d'ailleurs haut et fort que même s'il est « À la lisière des déchirures », il « ne se taira pas »(p.12), il est prêt à « assassiner le silence » et à mettre terme à l'«amère liberté » ( p.16).

Secundo, la courroie de l'aède est provoquée par les faux religieux ou faux prophètes qui utilisent les Livres Saints pour soit gagner de l'argent, soit pour mettre sur pied leur barbare idéologie politique. Cela n'engendre que la recrudescence de mensonges en église et à la mosquée et des guerres . Voilà pourquoi il crie en ses termes :
« Je tire à boulets [sur les]
Litanies ennuyeuses
Evangiles torturés
Sourates martyrisées

Que de comptes bancaires
Subitement engrossés
Au nom d'un dieu d'affaires
Que de versets tripatouillés
De sourates tripoutées
Au nom du seigneur
Du gain saccadé. » (pp.17-18)

Tercio, la bile du poète bouillonne, car son "Afriki” est devenu 𝗱𝗶𝗳𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲, 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗵𝗮𝗿𝗺𝗲 et 𝗶𝗻𝗰𝗼𝗺𝗺𝗼𝗱𝗲 à cause de multiples guerres et de faim fomentées par l'Occident pour booster leur économie. C'est ce qu'on peut lire à la page 20 :
« Et le Nord
Vend ses armes au Sud
Et le Sud tue ses enfants
Avec ses armes
Et le Nord se met plein
Les comptes bancaires ».
Face à cette situation, le poète s'inquiète et se lamente du devenir de sa cité en s'interrogeant : « À quand donc/L'ultime gong du carnage ? » . En tant que vo**ur et guide du peuple, il éveille la conscience de celui-ci resté longtemps 𝗴𝗿𝗼𝗴𝗻𝗼𝗻, 𝗽𝗹𝗲𝘂𝗿𝗻𝗶𝗰𝗵𝗲𝘂𝗿, 𝗹𝗮𝗿𝗺𝗼𝘆𝗮𝗻𝘁, 𝗺𝗼𝘂𝘁𝗼𝗻 et 𝘀𝗲𝗿𝗽𝗶𝗹𝗹è𝗿𝗲 dans son Sud « industrieux ». Ainsi, l'emploi récurrent du futur simple de l'indicatif ( dégraferons, donnerons, irons, envahisserons, ouvrirons, etc. cf. p.27-28) met en lumière le projet commun du poète avec le peuple : mettre fin au silence, révolter contre les injustices et créer un monde juste ou prometteur, et non « Attendre passivement le miracle de son salut »(p.34). Le poète se dit prêt à quitter avec le peuple la « cité pécheresse (p.43), malgré les difficultés, pour rejoindre la " forêt sacrée et verte de Bréké ou la rivière de Bodasso, cités où règnent l'amour et l'harmonie .

3 - 𝗟𝗮 𝗽𝗼é𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗹'œ𝘂𝘃𝗿𝗲

Cet ouvrage donne du jus et de tonus à l'écriture poétique africaine du troisième millénaire. N'ayant qu'un seul poème sans titre et sans pause, celui-ci est un véritable souffle nouveau, et fait par ricochet partie de l'une des particularités de l'écriture macairienne. Cet art scriptural particulier, je le trouve pertinent, car il se marie avec le titre et le contenu du livre : quand on est en colère, on dit rapidement tout à haute voix et on ne veut en aucun cas être interrompu, et ce, jusqu'à la fin de ses idées ; et donc un poème pour un ouvrage est louable pour mettre en relief cette "poésie colèrique".
Lire ce bouquin, c'est aussi déguster des images surprenantes et bien arrondies. C'est l'une de grandes marques de la grande poésie . Les images employées par Macaire Etty ne sont pas hermétiques. Ainsi, assaisonnées de sonorités mélodieuses à tous les niveaux (initial, médiane et final), lesdites images sont non seulement accessibles à tous, mais procurent également du plaisir au lectorat même si la thématique invite beaucoup à se questionner et à se révolter contre les maux qui plongent l'Afrique dans le pétrin...
En outre, on remarque l'emploi constant des vers courts créant un rythme accéléré, témoignant le battement rapide du cœur du poète habité par une kyrielle de colères.
De surcroît, le poète n'a pas utilisé de signes de ponctuation (excepté le trait d'union) tout au long de son livre. Cette rupture d'avec les normes classiques justifie à la fois la liberté d'expression et la révolte contre le système politique de sa cité qui conduit le peuple droit à l'enfer .
Pour finir, les néologismes (sexicide, poliquine...) et les emprunts (wori, Adimanga, Makpê, Moyou ) donnent plus de couleurs à cet ouvrage et placent le commun des lecteurs ivoiriens et africains au cœur des réalités sociales, sociétales, religieuses politiques abordées dans cet angelot littéraire.
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𝗬. 𝗞𝗔𝗛𝗟𝗢𝗠
[ Note de lecture faite un peu hâtivement; nous allons l'améliorer au fur et à mesure. Merci de la partager ! ]

⛔ 𝗝𝗲 𝘃𝗼𝘂𝘀 invite à 𝗹𝗶𝗿𝗲 𝗰𝗲 𝗷𝗼𝘆𝗮𝘂 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲 . 𝗜𝗹 𝗲𝘀𝘁 riche et 𝗽𝗮𝗿𝗳𝗮𝗶𝘁. ❤️❤️❤️❤️❤️
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Macaire Etty, écrivain

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Koudougou

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