Dream tea yam wata

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11/07/2022

DISSERTATION ENTIÈREMENT RÉDIGÉE.

Sujet : il y a des écrivains qui font la peinture de ce qu'ils voient devant eux, mais il y en a qui préfèrent peindre ce qu'il y a en eux.
En revisitant vos connaissances relatives aux courants littéraires, à l'aide d'une démarche organisée autour d'arguments solides et d'illustrations avérées, vous expliquerez cet avis en deux temps : d'une part, vous révélerez les divers aspects de la vie extérieure qui suscitent le génie créatif de l'écrivain. D'autre part, vous démontrerez que la source d'où provient l'inspiration de l'artiste n'est pas exclusivement extérieure mais intérieure aussi, voire très intime.

Tout le monde ne peut pas être artiste même si on en a l'imagination. C'est parce que ce talent qui n'est donné qu'aux élus semble provenir des génies ou de la divinité. Celle-ci pousse les uns à puiser dans leur entourage la source de leur inspiration. Pour d'autres, cette dernière se situe dans le tréfonds de leur intimité. C'est pour cette raison probablement qu'on déclare : « il y a des écrivains qui font la peinture de ce qu'ils voient devant eux, mais il y en a des qui préfèrent peindre ce qu'il y a en eux » ; en d'autres termes, on pense que si l'activité créatrice ne s'inspire pas du monde extérieur pour produire l'oeuvre d'art, cette même entreprise puise son sujet dans la vie intime. D'où provient donc la source d'inspiration de l'artiste ? Pour répondre à cette poignante question, nous nous attacherons à justifier d'une part pour quelle raison des écrivains s'inspirent du réel observé. D'autre part, nous nous évertuerons à prouver qu'il en existe d'autres dont l'inspiration provient de leur intimité.

Les réalistes et les naturalistes peuvent nous donner raison à propos de la source extérieure de l'inspiration. En effet, la seconde moitié du XIXème siècle a correspondu à l'apogée du machinisme, de la révolution industrielle en général. Mais c'était un couteau à double tranchant puisque, d'un côté il a certes favorisé une production intensifiée et à une vitesse fulgurante sans précédent. Mais d'un autre, il a suscité la naissance de deux classes sociales distinctes aux forces inégales. L'auteur réaliste s'intéresse justement à ce milieu de défavorisés qui croupissent dans la misère au grand bénéfice d'une minorité bourgeoise dont le revenu prospère sans cesse. Ne soyons donc pas surpris de remarquer que des auteurs fassent de cette cruelle et injuste inégalité sociale leur principale source d'inspiration. On comprend d'ailleurs, en guise d'exemple, pourquoi Émile Zola s'enorgueillit, dans la préface de L'Assommoir (1876), d'avoir ''écrit un roman qui sente l'odeur du peuple'' ; c'est parce qu'il a fait de celui-ci son sujet principal tiré du réel reproduit avec une fidélité exacerbée.
Il en est de même, à peu près, pour les symbolistes qui s'inspirent aussi du réel pour produire leurs oeuvres d'art. En effet, même si leur projet de départ n'est pas tout à fait analogue aux réalistes, ou encore aux naturalistes, ces écrivains de la seconde moitié du XIX ème siècle s'adonnent à une véritable entreprise de signification des objets qui jonchent la terre du commun des mortels. Ceux-ci appartiennent au monde réel mais nous sommes si sourds, si aveugles à leur message codé que nous n'en comprenons pas le sens. Et ces poètes surnommés ''symbolistes'' possèdent ce sixième sens, ce génial troisième œil qui leur permet de percer le mystère que renferme ce discours inaudible. Ils semblent, par cette voie de fait, entretenir un lien de parenté avec Prométhée, ce personnage mythologique qui a volé aux dieux le secret de la fabrication du feu pour l'offrir aux humains qui, ainsi, sortent de l'obscurité (l'ignorance) pour plonger de plain-pied dans la lumière (la connaissance). Nous en avons l'illustration avec Charles Baudelaire, lui qui, dans ''Une Charogne'' (un poème des Fleurs du mal publiée en 1857), décrit longuement cet animal rencontré lors d'une promenade avec sa bien-aimée avant d'en dégager le sens profond, sordide, répugnant à la limite : ''Et pourtant, vous serez comparable à cette ordure'' dit-il presque vers la fin du poème, autre vision du "memento mori".

Ainsi, au regard de la source d'inspiration des réalistes, des naturalistes tout comme des symbolistes, nous nous sommes rendu compte que l'écrivain peut bel et bien puiser son sujet dans le réel qui l'environne ou auquel il fait face ; mais est-ce que cette source d'inspiration, chez d'autres artistes, ne peut pas être intérieure aussi ?

Lorsqu'on cherche, parmi les écrivains, ceux qui puisent l'inspiration au fond d'eux-mêmes, honnêtement parlant, on ne peut pas exclure les lyriques. En effet, ces artistes n'éprouvent aucune honte en révélant leur vie intime parce qu'ils ont fait de leur plume qui écrit et de leurs feuilles de papier qui leur tend les bras quelques-uns parmi les meilleurs confidents de tout l'univers. Ils évoquent alors leurs souvenirs heureux ou malheureux, exposent leur moment de faiblesse et pensent, à travers cette activité créatrice littéraire, qu'ils parviendront à se départir du poids de leur peine personnelle commune à tout mortel. Nous en avons l'illustration avec Lamartine qui avouait, lorsqu'on lui demandait à quoi lui servait son art : « Ce n'était pas un art mais un soulagement de mon propre coeur qui se berçait de ses propres sanglots », interdisant à tout lecteur de croire que sa poésie avait une quelconque autre orientation.
De même, il ne faut pas omettre, dans cette liste de peintres de l'intériorité, les poètes de la Négritude. En effet, voilà des écrivains qui passent par l'art pour manifester leur fierté d'appartenance culturelle à l'Afrique. Pourtant, c'est cette même Afrique là que des Occidentaux qualifiaient de ''table rase'', de terre habitée par un peuple barbare composé essentiellement de cannibales. Malgré toutes ces insultes faites au vieux continent et à ses occupants, des écrivains s'en sont montrés fiers en célébrant leur monde intérieur illustré par la beauté de ses femmes, la richesse de sa végétation, la puissance de ses rois, l'existence d'une civilisation originale... En guise d'exemple, il suffit de se pencher sur les écrits de Senghor, à l'instar de Chants d'ombre (1945), surtout dans ses deux poèmes : ''Femme noire'' et ''Que m'accompagnent koras et balafongs'' ; dans l'un, il chante la beauté vertueuse et sans artifice de la femme africaine, dans l'autre il célèbre la richesse multiséculaire de nos traditions, tout comme le justifie le titre du plus célèbre recueil de Césaire. Et tous ces trois cités ont un dénominateur commun : l'intériorité comme source principale de l'inspiration.

En définitive, il existe certes des écrivains qui puisent leur inspiration à partir de ce qu'ils voient devant eux, comme peuvent le justifier les réalistes dans leur reproduction du réel et les symbolistes dans leur entreprise de signification des objets familiers. Mais il ne faut point oublier que cette même inspiration peut provenir de l'intériorité d'artistes tels que les lyriques dans leur expression des sentiments ou encore les écrivains négro-africains dans l'expression de leur identité culturelle. À notre avis, l'inspiration est comme un objet à façonner pour son propre besoin ; chaque homme de plume en puise partout où ce besoin se fait sentir. D'ailleurs, il faudrait surtout chercher à savoir pour quelles raisons, à un moment ou à un autre, un même écrivain tel que Victor Hugo par exemple choisit le monde extérieur (Les Misérables, 1862) ou son monde intérieur à lui (Les Contemplations, 1856) pour s'adonner à son activité créatrice littéraire.

Issa Laye DIAW
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09/07/2022

. ⛔𝗣𝗘𝗧𝗜𝗧𝗘 𝗔𝗡𝗔𝗟𝗬𝗦𝗘 𝗟𝗜𝗧𝗧𝗘𝗥𝗔𝗜𝗥𝗘⛔
𝗱'𝘂𝗻 𝗿𝗲𝗰𝘂𝗲𝗶𝗹 𝗽𝗼é𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗮𝗳𝗿i𝗰𝗮𝗶𝗻 𝗱𝘂 𝘅𝘅𝗶𝗲.𝘀:
✍️𝘓𝘦 𝘗𝘢𝘳𝘧𝘶𝘮 𝘥𝘦 𝘮𝘢 𝘮è𝘳𝘦 ✍️
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S'étalant sur 76 pages, 𝗟𝗲 𝗣𝗮𝗿𝗳𝘂𝗺 𝗱𝗲 𝗺𝗮 𝗺è𝗿𝗲 est un recueil de dix-sept poèmes illustrés chacun par un tableau . C'est l'œuvre de la juriste et écrivaine camerounaise, Danielle Eyango , publiée en 2020 aux éditions de Midi à Yaoundé. Il s'agit là d'une poésie flamboyante, émouvante, parlante et dansante qui trace une nouvelle voie aux voix des bardes africains contemporains, celle de créativité, de singularité et de liberté . Néanmoins, les vers de cette férue de littérature sentent l'odeur de l'oralité telle dans l'art de René Philombe, de Francis Bebey, de Birago Diop et de Léopold Sedar Senghor, le lyrisme hugolien ou verlainien et même l'hybridisme scriptural ou le brassage artistique d'André Breton . "Le vernissage littéraire", comme l'a mentionné la poétesse dans sa note introductive, est l'expression adéquate pour nommer cette galette littéraire que nous analyserons de manière succincte .

1- 𝗟𝗮 𝘁𝗵é𝗺𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

𝗡𝘂𝗶𝘁 , 𝗱é𝘀𝗲𝗿𝘁 et 𝗿𝗼𝘀𝗲 sont les trois vocables que la poétesse a utilisés moultes fois et avec une certaine emphase dans son recueil . Ce trinôme met respectivement en relief la souffrance, la solitude et l'amour ou le mal qui sont connexes à la vie et aux rêves de l'autrice. Ainsi, dans le poème éponyme 𝗟𝗲 𝗽𝗮𝗿𝗳𝘂𝗺 𝗱𝗲 𝗺𝗮 𝗺è𝗿𝗲, Eyango, "Sur le trottoir de [sa] nuit " et en pleine "Minuit de larmes", nous étale les "Tourments de [sa] mère" et surtout la souffrance, la douleur qu'elle endure à chaque fois qu'elle ressent l'odeur presqu'indélébile de sa génitrice . Cette nuit où la poétesse vocifère, crie et pleure, est aride, dépeuplée et déserte . Ce noir l'incite tour à tour à nager dans sa solitude, à tout se dire, mêmes les blessures les plus profondes. Et partant, l'aède de l'heure se libère, se purge et se soigne : c'est de la cure littéraire qui pulvérise non seulement les émotions dérangeantes et nuisibles de l'énonciatrice, mais également celles du commun des lecteurs et lectrices.

En outre, n'oublions pas que l'amour est à la poésie ce que la sève est à l'arbre . Voilà pourquoi dans les poèmes tels que 𝗢𝗱𝗲 à 𝗟𝗶𝗹𝗶, 𝗖𝗮𝗱𝗲𝗮𝘂𝘅 𝗱𝗲 𝗳𝗶𝗻 𝗱'𝗮𝗻𝗻ée à 𝗺𝗲𝘀 𝗮î𝗻é𝘀 , 𝗗𝗲𝗺𝗮𝗶𝗻 𝘀𝘂𝗿 𝘁𝗮 𝘁𝗼𝗺𝗯𝗲, 𝗷'𝗶𝗿𝗮𝗶 et 𝗟𝗲 𝘀𝗮𝗯𝗹𝗶𝗲𝗿, la poétesse présente de manière progressive de multiples facettes de l'amour. Dans le premier poème, la parolière chante une séparation d'avec son amie Lili, une séparation difficile et inconcevable ; dans le deuxième, elle exprime la liberté sentimental(iste); et dans les deux derniers, elle y manifeste son attachement indéfectible pour son "Tonton Vieux" et sa mère, tous les deux décédés . On ne saurait oublier 𝗟𝗲𝘀 𝗣𝗹𝘂𝗺𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝘁𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲𝘀 qui mettent en évidence la fin d'un riche et bel amour qui liait la poétesse ou la loctrice à un homme.

Par ailleurs, on ne peut guère réduire cette œuvre à ces trois thèmes supra. Celle-ci est, en plus d'être une thérapie ou un magasin de fortes émotions, une arme, une correction et une mère nourricière d'espoir . Une arme, puisqu'elle dénonce et critique avec une dernière énergie les guerres et le tribalisme qui engloutissent tout projet d'avenir. Ainsi, la poétesse de crier dans 𝗟𝗲𝘀 𝗺𝘂𝗿𝘀: « Mon âme arrose le brasier des guerres », et renchérit : « Il neige des murs dans mon pays ». Elle parle aussi de "l'infanticide" dans 𝗟𝗲 𝗳𝗮𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗱𝘂 𝗱é𝘀𝗲𝗿𝘁 . C'est une correction, parce qu'il ridiculise les mœurs afin de dresser ou moraliser la société. Dans 𝗟𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗮𝘁𝗿𝗲 𝗥𝗼𝘀𝗲𝘀, par exemple, l'autrice peint quatre types de femmes : l'héridité (la femme toujours déçue, ayant perdu son prestige), la suicidée (celle oubliée, sous-estimée et morte), la répudiée (celle conjugalement instable) et l'incestine (la propagée, la protégée, la voleuse des prestiges...). 𝗟𝗲𝘀 𝗥𝗼𝘀𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗲𝗺𝗽ê𝘁𝗲, quant à elles, s'attaquent au sadisme de certaines personnes vis-à-vis de leurs semblables.

Enfin, ce livre est une forte célébration et une déification d'une Mère qui est à la fois génitrice, reine et muse pour la maîtresse des vers . Il nourrit le lectorat, surtout celui jeune, d'espoir dans ses trois derniers poèmes. Ceci dit, dans 𝗟'𝗢𝗿𝗰𝗵𝗶𝗱é𝗲, 𝗨𝗻 𝗽𝗼è𝗺𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘁𝗼𝗶 et 𝗨𝗻𝗲 𝗯𝗼𝘂𝘁𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲 à 𝗹𝗮 𝗺er, Danielle Eyango rêve et fait rêver ses lecteurs d'espoir, de renaissance et de changement . Pour elle, malgré le désert "dépeuplé" et taché d'infanticide, « L'orchidée fleurira dans l'abysse enchaîné ».


2 - 𝗗𝘂 𝘀𝘁𝘆𝗹𝗲 à 𝗹𝗮 𝗽𝗼é𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

De prime abord, il faut noter que l'écriture de 𝗟𝗲 𝗣𝗮𝗿𝗳𝘂𝗺 𝗱𝗲 𝗺𝗮 𝗺èr𝗲 est teintée d'artialité et d'intertextualité . L'illustration de chaque poème par un tableau marque cette complicité et cette complémentarité, chez Danielle Eyango , entre poésie et peinture. Cette déesse des vers emboîte ainsi le pas au poète lyrique grec, Plutarque de Simonide de Céos (556-468), qui, en appréhendant une analogie entre ces deux arts, dit: « La peinture est une poésie muette et la poésie est une peinture parlante. » On y note aussi une allusion faite à Paul Verlaine (Ode à Lili), à Dr Jekyll et à M. Hyde, mettant ainsi en lumière la rencontre entre plusieurs textes et voix dans ce livre. Dans cette homogénéité textuelle, l'on lit la culture plurielle de la scripteure.

De surcroît, lire Eyango, c'est aussi découvrir des néologismes("égarance", dé-piré" "violencés", etc.) des emprunts ( "Deep" "kagdeu", "vogdeu", etc.) et du camerounisme ( "À l'endroit de toi") . À cela s'ajoute cette liberté scripturale que nous adorons : ponctuation et vers libres, violation parfois de la syntaxe ... L'autrice transpose sa liberté d'expression à l'écriture . Ne dirons-nous pas avec Jean Claudel que « Les grands écrivains n'ont jamais été faits pour subir la loi des grammairiens, mais pour imposer la leur ». Vous nous répondrez sûrement.

Pour clore, l'invasion des vers par le noir, la musicalité récurrente, l'oralité poétisée, le lyrisme accru et les images aussi alléchantes que bien arrondies et surprenantes qui jonchent ce joyau littéraire constituent un attrait gigantesque . Du moins, le lectorat ne doit pas toujours voir dans le "je" la personne de la poétesse, mais aussi la sienne. N'est-ce pas « Quand je vous parle de moi, c'est de vous que je parle », nous dit Victor Hugo ? Qualifier le style eyangolais de néo-surréaliste n'est pas exagéré, à notre humble avis, car on y trouve l'exploration des rêves, une liberté totale (au niveau de la ponctuation) et la cohabitation entre poésie et peinture...

3 - 𝗟𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱 𝗰𝗿𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

Ce recueil nous est un régal presque sans égal ! Plusieurs éléments rendent son attrait subliminal :
➡️ La liberté scripturale et celle expressive détendent et rendent décomplexée la lecture ;
➡️ La plurivocité du vocable "nuit" qui invite le lectorat à embrasser la nuit même sous le soleil ardent rend si différent et attrayant le style de l'autrice ;
➡️ Le foisonnement de rythmes suscités par l'intromission de l'oralité et la liberté au niveau de la ponctuation, le tout teinté de la musicalité maximaliste, envoûte et apprivoise le cœur des lecteurs ;
➡️ Le mariage entre poésie et peinture ne cesse d'inciter les lecteurs modèles à faire un rapprochement entre les images de ces arts et à requestionner le rapport entre texte et image ; etc.
Au regard de ce qui précède, l'art eyangolais est si juteux et succulent. Pour ce faire, nous lui attribuons une note de 17,5/20 . Ce genre de poésie est ce que la génération actuelle adore ; c'est aussi un recueil qui marque d'une pierre blanche la poésie africaine du xxie siècle .

Cependant, ma note n'est pas 20/20. Car je crois qu'on pourrait améliorer certaines choses dans ce recueil poétique (en cas de réédition) :
♦️ regrouper les poèmes en quatre sections et donner un titre à chacune d'elles (afin qu'il y ait plus de cohésion et de cohérence). Exemple :
✓ 1re section : Le parfum de ma mère ; Demain sur ta tombe, j'irai ; le sablier ; l'ombre (titre: mes tréfonds et rêves ou mes nuits)
✓ 2e section : Ode à Lili, cadeaux de fin d'année à mes aînés ; la forteresse, les plumes de nos tendresses ( titre: Bruits du cœur)
✓ 3e section : les murs, l'innocence s'est envolée, le farceur du désert, les quatre roses; les roses de tempête (titre: mots pour maux)
✓ 4e section : L'orchidée ; Un poème pour toi; Une bouteille à la mère (titre: lueurs d'espoir)

♦️ Expliquer (en bas de page ou dans un glossaire-annexe ) les néologismes et emprunts pour éviter les confusions, les contresens voire les incompréhensions.

♦️ Éviter de reprendre presque dans tous les poèmes la même construction (certes la poésie est l'art de répétitions, mais pas de celles agaçantes): par exemple, la reprise à trois temps d'une même expression est présente dans tous les poèmes (Ex: "combien de portes.... et de portes ..... et de portes".... ; Et des murs... et des murs... et des murs...; etc), et cela devient monotone et fade(quand c'est trop c'est laid, dit un adage).
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01/06/2022

Le Devoir de violence est un roman de Yambo Ouologuem publié le 1er septembre 1968 aux éditions du Seuil et ayant reçu le prix Renaudot la même année. Il s'agit du premier roman africain à recevoir ce prix.

Ce livre inspire l'ouvrage de l'auteur fictif T.C. Elimane qui au cœur de l’intrigue de “La Plus Secrète Mémoire des hommes” de Mohamed Mbougar Sarr.

RÉSUMÉ

La Légende des Saïfs : les débuts de la légende de l'empire Nakem (Mont Katséna, fleuve Yamé, Randé, Tillabéri-Bentia), et de la longue dynastie des Saïfs. Le juste Saïf Isaac El Héït, mort en 1498, puis l'impopulaire Saïf El Haram.
L'Extase et l'Agonie : leur lointain descendant, Saïf ben Isaac El Héït, après une violente rébellion, signe le 20 décembre 1900, un traité de paix avec les Flençéssi. L'année suivante, son fils Madoubo, et nouveau dirigeant, est l'invité officiel de la France.
La Nuit des géants : la France s'installe au Nakem. Dès 1919, la république africaine de Nakem-Ziuko reconduit les mêmes luttes de pouvoir, le jeu des notables africains, autour de Saïf, pour conserver les coutumes, accaparer et détourner la christianisation et la colonisation, présentes par les administrateurs ou gouverneurs Jean Chevalier et Vandame, l'abbé Henry, l'évêque Thomas de Saignac. Le double jeu des dirigeants s'accompagne de violences variées, d'assassinats (à la vipère), de trafic d'êtres humains (travailleurs drogués, vendus à La Mecque), de sorcellerie, de manipulations diverses. Deux esclaves de Saïf, Tambira et Kassoumi, vivent un amour profond, apparemment facilité par Saïf, en fait contrarié par les luttes du pouvoir représentés par Madoubo, Bourémi, Kratonga, Sankolo, Barou, Karim Bâ... L'action se concentre sur la réussite scolaire des enfants de ce couple, particulièrement Raymond Spartacus Kassoumi : certificat d'études en 1920, brevet élémentaire en 1924, lycée à Paris, baccalauréat en 1927. Ce succès est suivi d'une soirée d'orgie, au cours de laquelle Raymond retrouve sa sœur Kadidia, qui lui annonce l'anéantissement de leur famille. Raymond perd ses repères, désespère. La rencontre d'un bourgeois célibataire intéressé lui permet de poursuivre ses études, et de réussir le concours d'entrée à l'école d'architecture. En 1933, la perle noire de la culture française devient le premier bâtisseur du Nakem. Il se marie à une française, Suzanne Teyssedou, et finit par mener une vie de nègre-blanc. Il traverse le cauchemar de 39-45 en combattant. En 1947, il est désigné comme candidat député du Nakem à l'Union Française... sur décision des notables et de Saïf... Le retour au pays devrait être bref.
L'Aurore : cette dernière nuit avant l'élection, l'abbé Henry, devenu l'évêque Henry, se rend chez Saïf, Machiavel ou Judas : duo, duel, dialogue des deux forces opposées. Reste le jeu dans la vie.

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