18/10/2025
đtu as aimĂ© la sĂ©rie "Chronique des Bridgerton" eh si tu lisais les livres qui ont inspirĂ© les filmsđ
Anthony Bridgerton avait toujours su qu'il mourrait jeune.
Oh, pas lorsqu'il Ă©tait enfant, non ! Anthony n'avait alors aucune raison de s'inquiĂ©ter de sa propre mortalitĂ©. DĂšs le jour de sa naissance, il avait menĂ© une existence dont auraient rĂȘvĂ© la plupart des petits garçons.
Il était certes le descendant d'une vieille famille aristocratique fort riche, mais, à la différence de la plupart des autres couples, lord et lady Bridgerton étaient trÚs amoureux, aussi n'accueillirent-ils pas leur fils comme un héritier, mais comme un enfant.
Il n'y eut donc ni fĂȘtes ni cĂ©rĂ©monies ; seulement un pĂšre et une mĂšre contemplant avec Ă©merveillement leur nouveau-nĂ©.
Quoique trĂšs jeunes - ils Ă©taient ĂągĂ©s respectivement de dix-huit et vingt ans -, Violet et Edmund Ă©taient sages et solides, et ils aimaient leur fils avec une intensitĂ© et une dĂ©votion rares dans leur milieu. Ă la grande horreur de sa mĂšre, Violet insista pour nourrir elle- mĂȘme son bĂ©bĂ©. Quant Ă Edmund, il ne souscrivit jamais au prĂ©cepte qui voulait que les pĂšres ne voient ni n'entendent leurs enfants. Il emmenait Anthony faire de longues promenades dans la campagne du Kent, lui parlait poĂ©sie et philosophie avant mĂȘme qu'il ne soit en Ăąge de comprendre les mots, et lui racontait une histoire tous les soirs avant de dormir.
Le vicomte et la vicomtesse étaient si jeunes et si amoureux que personne ne fut surpris lorsque, deux ans tout juste aprÚs la naissance d'Anthony, naquit un petit frÚre qu'on prénomma Benedict. Edmund prit aussitÎt des dispositions pour pouvoir emmener son dernier-né en promenade avec l'aßné. Il passa une semaine cloßtré dans les écuries afin de fabriquer, avec l'aide de son sellier, un sac qui lui permettrait de porter Anthony sur le dos lorsqu'il aurait Benedict dans les bras.
Tandis qu'ils traversaient champs et ruisseaux, il leur parlait de choses merveilleuses, de fleurs magnifiques, de ciels d'azur, de chevaliers en armure Ă©tince- lante et de damoiselles en dĂ©tresse. Violet ne pouvait s'empĂȘcher de rire quand ils rentraient, Ă©chevelĂ©s, brunis par le soleil, et qu'Edmund lançait :
â Regardez ! V oilĂ notre damoiselle en dĂ©tresse. Il nous faut la secourir !