L'univers de Shantale

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09/16/2026

VEUX-TU RESTER UN CHIP RÉGULIER ?
Être régulier.
Être constant.
Organisé.
Prévisible.
Suivre un rythme.
Respecter les règles.
Faire les choses comme il faut.
Comme prévu.
Comme hier.
Comme avant-hier.
Comme tout le monde.
Bref…
être un chip régulier.
😂
Mais dites-moi…
à force de manger toujours le même chip, est-ce qu'on finit pas par ne plus goûter grand-chose?
On ouvre le sac.
On prend un chip.
Même saveur.
Même forme.
Même craquant.
On connaît déjà le goût.
Et on recommence.
Encore.
Encore.
Encore.
Jusqu'à ce qu'un beau matin…
ça goûte pu rien.
Et c'est peut-être là que la vie décide de mettre son petit grain de sel.
Parce que parfois…
ça tourne au vinaigre.
Parfois, l'affaire est ketchup.
Parfois, on a l'impression que tout est complètement « dé-savouré ».
Et pourtant…
c'est peut-être justement à ce moment-là que quelque chose cherche à changer de recette.
Parce qu'à force de manger du chip régulier, on finit peut-être par ne plus apprécier les saveurs du moment.
Le petit grain de sel qui aurait pu changer le cours du quotidien.
Cette rencontre imprévue.
Cette idée sortie de nulle part.
Cette porte qu'on n'avait pas prévue d'ouvrir.
Ce détour qui n'était pas sur l'itinéraire.
Parce que parfois, toute une vie peut tenir dans un sac.
Un petit sac rempli de possibilités.
Il suffit peut-être d'oser y mettre la main.
Et tiens…
si tu passes par le Ranch pour aller chercher ton Fromage…
tu pourrais bien croiser Aneth en chemin.
Et là…
attention!
Ton chip régulier pourrait soudainement prendre une toute autre saveur.
Peut-être même changer de forme.
Parce que la vie est ainsi faite.
Elle nous assaisonne.
Elle nous surprend.
Elle nous ajoute parfois un ingrédient qu'on n'avait absolument pas demandé.
Et parfois…
c'est précisément celui-là qui transforme toute la recette.
Alors je me demande :
Pourquoi cherchons-nous autant à être réguliers?
Pourquoi voulons-nous que demain ressemble à hier?
Pourquoi la différence nous inquiète-t-elle parfois?
Pourquoi avons-nous si souvent besoin de savoir à l'avance quelle sera la saveur de notre journée?
Peut-être parce que le connu rassure.
Le régulier sécurise.
Le prévisible évite certaines surprises.
Mais…
est-ce que vivre en sécurité signifie nécessairement vivre avec saveur?
Parce qu'un chip peut être parfaitement régulier.
Parfaitement calibré.
Parfaitement conforme.
Parfaitement… prévisible.
Et pourtant…
il peut finir par nous laisser sur notre faim.
Alors peut-être qu'il ne s'agit pas de jeter notre chip régulier à la poubelle.
Il peut avoir sa place.
Mais peut-être qu'il faudrait parfois…
sortir du sac.
Goûter autre chose.
Changer d'assaisonnement.
Prendre un chemin différent.
Ajouter notre propre grain de sel.
Et surtout…
accepter qu'une vie qui change de saveur n'est pas nécessairement une vie qui se dérègle.
Elle est peut-être simplement…
en train de se cuisiner.
Alors voilà ma petite question du jour :
Veux-tu vraiment rester un chip régulier en permanence?
Ou serais-tu prêt à devenir, de temps en temps…
un petit chip hors recette?
Parce qu'après tout…
les chips les plus intéressants sont peut-être ceux qui ont cessé d'essayer d'être réguliers.
Et puis…
entre nous…
une vie sans un peu de vinaigre, de ketchup, de ranch, de fromage et d'aneth…
ça manquerait cruellement de croquant. 😜
Sur ce, je retourne à ma popotte ! 😛
Shantale 🤓

09/16/2026

LA VÉRITÉ PORTE-T-ELLE DES LUNETTES ?

Ta réalité.

Ma réalité.

Sa réalité.

Trois réalités qui se croisent dans une même réalité.

Et soudain, je me demande…

où se cache la vérité?

Parce que ce que je vois comme une vérité peut devenir le mensonge de l'autre.

Pas nécessairement parce que l'un ment.

Mais parce que, dans sa réalité, ce que je considère comme vrai n'existe tout simplement pas de la même façon.

Alors…

la vérité aurait-elle un axe?

Un point central autour duquel nos réalités pourraient tourner?

Ou sommes-nous condamnés à vivre chacun dans notre petit morceau de vérité, convaincus que notre fenêtre donne sur le paysage entier?

Je regarde quelque chose avec mes lunettes.

Tu la regardes avec les tiennes.

Nous sommes pourtant devant le même paysage.

Mais toi, tu vois des couleurs que je ne vois pas.

Moi, j'en vois d'autres que tu ne perçois pas.

Et si nous portions tous des lunettes dont nous avons oublié l'existence?

Des lunettes fabriquées avec nos croyances.

Nos expériences.

Nos blessures.

Notre éducation.

Nos valeurs.

Nos peurs.

Nos certitudes.

Nos connaissances.

Nos appartenances.

Nos « on m'a toujours dit que… »

Nos « je sais que… »

Nos « ça, c'est comme ça. »

Et parfois même…

avec des œillères que nous prenons pour une vision parfaite.

Alors nous séparons le monde en deux.

Blanc ou noir.

Lumière ou noirceur.

Bien ou mal.

Vrai ou faux.

Mais qui a décidé que le monde devait être bicolore?

Entre le blanc et le noir, il existe une infinité de nuances.

Entre la lumière et l'ombre, il existe le crépuscule.

Entre le bien et le mal, il existe parfois l'intention, le contexte, la peur, l'ignorance, la survie, l'histoire que nous ne connaissons pas.

Et entre « j'ai raison » et « tu as tort »…

il existe peut-être simplement deux humains qui ne regardent pas depuis le même endroit.

Cela ne veut pas dire que toutes les perceptions sont également exactes.

Une perception peut être faussée.

Une croyance peut être erronée.

Une information peut être fausse.

Et une réalité vécue peut être profondément différente de la réalité observable.

C'est justement là que ça devient intéressant.

Parce que notre perception peut devenir notre expérience.

Notre expérience peut devenir notre conviction.

Notre conviction peut devenir notre vérité.

Et notre vérité peut finir par devenir la paire de lunettes avec laquelle nous regardons tout le reste.

Et si nous finissions par voir le monde non pas tel qu'il est… mais tel que nos lunettes nous permettent de le voir?

Alors je me demande :

Qu'est-ce qui appartient réellement à la réalité?

Et qu'est-ce qui appartient à celui ou celle qui la regarde?

Les croyances peuvent colorer notre perception.

Les mœurs peuvent lui donner une forme.

Les connaissances peuvent l'élargir.

L'endoctrinement peut la rétrécir.

Les blessures peuvent lui faire porter des lunettes teintées.

Et parfois, notre cerveau lui-même peut remplir les espaces blancs avec ce qu'il croit déjà connaître.

Alors…

quelle part de ce que nous appelons « la réalité » est réellement observée?

Et quelle part est interprétée?

Peut-être que la vie ressemble à une immense superposition de réalités.

La tienne.

La mienne.

Celle de l'enfant.

Celle du parent.

Celle de la victime.

Celle de celui qui regarde de l'extérieur.

Celle d'hier.

Celle d'aujourd'hui.

Toutes différentes.

Toutes vécues.

Toutes réelles pour quelqu'un.

Et pourtant…

elles se rencontrent dans un même monde.

Alors peut-être que la question n'est pas :

« Qui détient la vérité? »

Mais plutôt :

« Qu'est-ce que je ne vois pas parce que je regarde depuis l'endroit où je me trouve? »

Parce que si je change de place…

le paysage change.

Si je change de lunettes…

les couleurs changent.

Si j'enlève mes œillères…

mon champ de vision s'élargit.

Mais le paysage, lui…

était là avant moi.

Il sera là après moi.

Et il continuera probablement d'exister même lorsque deux personnes se disputeront pour savoir si ce qu'elles voient est bleu… ou vert.

Alors peut-être que la vérité n'est ni blanche, ni noire.

Peut-être qu'elle n'habite pas dans un camp.

Peut-être qu'elle ne demande pas à être possédée.

Peut-être qu'elle demande simplement à être regardée sous plusieurs angles.

Et voilà où mon cerveau recommence à faire des pirouettes…

Si chacun vit une réalité construite en partie par sa perception…

et si toutes ces réalités se superposent pour former ce que nous appelons la vie…

alors…

vivons-nous dans une grande réalité faite de petites vérités?

Ou sommes-nous en train de construire, ensemble, une immense histoire…

où chacun confond parfois sa propre vérité avec LA vérité?

Et si c'était là notre plus grande illusion?

Peut-être que la vérité n'est pas quelque chose que l'on trouve.

Peut-être est-ce quelque chose que l'on approche…

chaque fois qu'on accepte de retirer une paire de lunettes.

Puis une autre.

Puis une autre.

Jusqu'à avoir suffisamment de vision pour reconnaître une chose toute simple :

je ne vois pas nécessairement faux.

Je ne vois simplement pas tout.

Shantale

09/05/2026

Autoportrait d’un moi en découverte

Je me suis longtemps cherchée sans vraiment savoir que je me cherchais.

Je pensais qu’il fallait simplement avancer.

Grandir.
Apprendre.
Faire ce qu’il fallait.
Être une bonne fille, une bonne mère, une bonne conjointe, une bonne personne…

J’ai longtemps cru que le « moi » était quelque chose qu’on devenait avec le temps.

Comme si la vie nous remettait tranquillement, année après année, les morceaux d’un casse-tête dont il suffisait de trouver la bonne place.

Mais voilà que je découvre aujourd’hui que peut-être… le casse-tête n’était pas à assembler.

Il était à déballer.

Et ça change toute l’histoire.

Parce qu’en ouvrant les boîtes, je ne trouve pas seulement des morceaux de moi.

Je trouve aussi des morceaux que j’avais ramassés chez les autres.

Des croyances.
Des peurs.
Des « il faut ».
Des « tu devrais ».
Des « ça ne se fait pas ».
Des « sois sage ».
Des « fais confiance ».
Des « obéis ».

Et parfois même des morceaux dont je ne sais plus très bien à qui ils appartiennent.

Alors j’ai commencé à tirer sur les fils.

Un petit fil par-ci.
Un autre par-là.

Et plus je tire, plus je découvre une immense toile.

Ma toile.

Celle que la vie a tissée avec mon enfance, mes expériences, mes blessures, mes rencontres, mes choix, mes non-choix, mes croyances et toutes ces petites histoires que je me suis racontées sur moi-même.

Certaines étaient vraies.

D’autres… beaucoup moins.

Et certaines vérités avaient tellement longtemps été mélangées aux mensonges que je ne savais plus très bien où finissait l’une et où commençait l’autre.

Alors j’ai pris ma plume.

Pas pour réécrire mon passé.

Je n’ai pas ce pouvoir-là.

Mais peut-être pour changer la façon dont je le regarde.

Parce qu’une même histoire peut avoir plusieurs lectures.

Et voilà quelque chose que je découvre sur moi :

je suis une chercheuse.

Pas nécessairement de réponses.

Souvent de questions.

Je peux passer des heures à me demander pourquoi les humains font ce qu’ils font, pourquoi nous croyons ce que nous croyons, pourquoi nous obéissons, pourquoi nous nous faisons parfois si mal alors que nous cherchons tous, au fond, à être aimés.

Je cherche les fils invisibles.

Ceux qu’on ne voit pas mais qui tirent pourtant sur nos comportements.

Je cherche les portes cachées derrière les mots.

Les petits « passe-partout » dissimulés dans une phrase.

Je cherche la lumière derrière l’ombre.

Et parfois…

je me retrouve moi-même derrière une question que je croyais poser sur les autres.

C’est peut-être là que ma cartographie commence véritablement.

La plaie m’a appris à regarder ce qui fait mal.

La quête m’a appris à demander pourquoi.

La toile m’a obligée à regarder ce qui m’avait été appris.

La plume m’a permis de sortir certaines choses de moi pour pouvoir enfin les regarder autrement.

Le jardin m’a appris que tout ce qui pousse en moi n’est pas nécessairement quelque chose que j’ai choisi de planter.

Le royaume m’a appris que reprendre mon pouvoir ne signifie pas prendre celui des autres.

Et les ailes…

Les ailes m’apprennent encore.

Parce qu’il faut parfois accepter de ne pas savoir où l’on va pour découvrir où l’on peut aller.

Je découvre aussi que je suis faite de contradictions.

Je peux être profondément sensible et pourtant avoir développé une carapace.

Je peux aimer le calme et chercher constamment de nouvelles idées.

Je peux vouloir comprendre les autres tout en réalisant que je ne comprendrai jamais complètement leur jardin.

Je peux être remplie de doutes et avoir pourtant une curiosité presque insolente envers la vie.

Je peux avoir peur et avancer quand même.

Peut-être que le courage n’est finalement pas l’absence de peur.

Peut-être est-ce simplement l’art de ne pas lui laisser le gouvernail.

Et plus je me découvre, plus je comprends que je ne suis pas seulement le résultat de ce qui m’est arrivé.

Je suis aussi celle qui observe.

Celle qui questionne.

Celle qui apprend.

Celle qui transforme.

Celle qui peut prendre une vieille douleur, la tourner entre ses doigts et se demander :

« Qu’est-ce que je peux faire pousser avec ça? »

Je crois que c’est là que quelque chose a changé en moi.

Je ne veux plus seulement savoir qui j’ai été.

Je veux découvrir qui je suis en train de devenir.

Et peut-être même…

qui j’étais déjà avant que la vie commence à me dire qui je devais être.

C’est drôle, parce que je pensais devoir retrouver « mon vrai moi ».

Mais peut-être que je n’ai jamais été perdue.

Peut-être que j’étais simplement ensevelie sous toutes ces couches de terre.

Alors aujourd’hui, je creuse.

Pas pour déterrer une femme parfaite.

Je n’en veux pas.

Je cherche une femme vraie.

Avec ses racines tordues.
Ses branches parfois cassées.
Ses mauvaises herbes.
Ses fleurs.
Ses fruits.
Ses saisons.

Une femme qui peut enfin regarder son propre jardin sans avoir besoin de prétendre qu’il est toujours bien entretenu.

Parce qu’un jardin vivant n’est pas un jardin parfait.

Et moi non plus.

Je commence donc à me regarder autrement.

Non plus comme un problème à régler.

Mais comme un territoire à explorer.

Une terre encore fertile.

Un royaume dont je découvre peu à peu les frontières.

Une toile dont je démêle les fils.

Une île que je croyais oubliée.

Une plume qui apprend encore à voler.

Et peut-être que c’est ça, finalement, mon plus grand apprentissage :

je ne suis pas arrivée au bout de moi.

Je suis arrivée à l’endroit où je commence enfin à me rencontrer.

Et cette fois…

je ne veux pas me rencontrer avec les yeux des autres.

Je veux apprendre à me regarder avec les miens.

Pas pour me définir.

Pour me découvrir.

Pas pour devenir quelqu’un.

Pour enlever doucement tout ce qui m’empêchait de voir celle qui était déjà là.

Et peut-être qu’au bout de cette cartographie, je ne trouverai pas un trésor.

Peut-être que je trouverai simplement une petite graine.

Une graine qui me dira :

**« Tu vois… tu n’avais pas à devenir quelqu’un d’autre.

Tu avais simplement à apprendre à te reconnaître. »**

Shantale

09/05/2026

La plume

Une plume se veut légère.

Elle est volatile.

Elle danse au gré du vent, se pose là où la vie l'emporte et semble parfois ne rien peser.

Et pourtant...

Donnez-lui de l'encre et elle peut devenir rude sur le papier.

Elle peut dire ce que la bouche n'a jamais réussi à prononcer.

Elle peut déposer les mots là où ils font mal.

Elle peut raconter.

Dénoncer.

Questionner.

Mais elle peut aussi faire tout autre chose.

Elle peut dépoussiérer.

Avec son petit « plumeau », elle peut se glisser dans les racoins les plus cachés de notre être, là où se sont accumulées les vieilles poussières du passé.

Celles qu'on ne voit plus.

Celles auxquelles on s'est habitué.

Celles qu'on a tellement longtemps laissées dans un coin qu'on finit par croire qu'elles font partie de la maison.

Alors je prends ma plume.

Et je dépoussière.

Un souvenir.

Une croyance.

Une peur.

Un vieux « tu dois ».

Un vieux « tu n'es pas assez ».

J'ouvre les fenêtres.

Je laisse entrer l'air.

Je laisse sortir ce qui n'a plus besoin de rester.

La plume possède aussi une symbolique particulière dans différentes traditions autochtones, notamment autour de la relation au monde spirituel, à la purification ou au lien avec le sacré, selon les nations et les contextes.

Cette image me parle.

Parce que la plume semble posséder cette capacité symbolique à faire circuler ce qui était stagnant.

À chasser les ombres.

À laisser respirer l'espace.

Et puis il y a l'oiseau.

Cette petite créature qui, un jour, doit quitter la branche.

Personne ne peut lui garantir qu'il saura voler.

Il doit pourtant essayer.

Il regarde le vide.

Il hésite.

Puis il saute.

Et au moment où il croit peut-être tomber...

Ses ailes se déploient.

Peut-être que la liberté ressemble à cela.

Ce n'est pas l'absence de peur.

C'est oser sauter malgré elle.

C'est accepter de ne pas savoir exactement où l'on va atterrir.

C'est faire confiance à quelque chose en soi qui sait peut-être voler avant même que nous en ayons conscience.

Je te prêterais ma plume, si tu le voulais.

Tu pourrais t'en servir pour écrire un maux.

Un seul.

Celui qui te pèse aujourd'hui.

Tu pourrais le déposer sur le papier.

Puis le regarder.

Non pas pour le nourrir.

Non pas pour lui donner encore plus de pouvoir.

Simplement pour reconnaître qu'il existe.

Et peut-être qu'en le nommant, il deviendrait déjà un peu moins lourd.

Car les mots ont parfois cette étrange capacité.

Ils prennent ce qui pèse à l'intérieur et le déposent à l'extérieur.

Et soudain...

Nous pouvons le regarder.

Nous pouvons choisir ce que nous voulons en faire.

C'est peut-être cela aussi, écrire.

Transformer le poids en matière.

Transformer le mal en mot.

Transformer le mot en compréhension.

Et transformer la compréhension en mouvement.

Alors prends ta plume.

Dépoussière les coins oubliés.

Ouvre les fenêtres.

Laisse tomber les vieux poids.

Et lorsque viendra le moment de quitter la branche...

Saute.

Déploie tes ailes.

Tu n'as peut-être pas besoin de connaître toute la destination.

Peut-être suffit-il, pour commencer, de faire confiance à cette petite voix intérieure qui murmure depuis si longtemps :

« Vas-y... tu sais voler. »

Shantale

09/05/2026

Les passe-partout de l'âme

Je retrouve aujourd'hui des textes que j'ai écrits il y a des années.

Je les relis avec les yeux de la femme que je suis devenue et quelque chose me frappe.

Je pensais peut-être avoir changé.

Et pourtant...

La petite voix qui écrivait déjà à cette époque semble toujours être là.

Elle avait simplement changé de chemin pour continuer son voyage.

J'écrivais alors que l'acte d'écrire pouvait ouvrir des portes.

Comme si le stylo n'était pas réellement une plume, mais une étrange variété de passe-partout capable d'ouvrir les serrures cachées de l'esprit.

Je ne savais peut-être pas encore ce que ces portes allaient révéler.

Mais j'avais déjà envie de les ouvrir.

Je parlais aussi de voyage.

D'un grand voilier dont le cœur serait le seul commandant à bord.

Je voulais naviguer sur cet immense océan qu'est la vie, à la recherche d'une île oubliée :

l'âme.

J'imaginais ses abysses comme les profondeurs de notre passé.

Ses tempêtes comme les épreuves que nous traversons.

Son soleil comme notre sourire.

Ses étoiles comme la lumière que nous portons dans notre regard.

Et quelque part, enfoui dans nos profondeurs, un trésor attendait.

Un joyau.

Le moi.

Le toi.

Le nous.

Je relis ces mots aujourd'hui et je réalise que je n'ai peut-être jamais cessé de chercher cette île.

J'ai simplement appris à naviguer autrement.

J'ai connu des tempêtes.

J'ai parfois fait trop de vagues.

J'ai transporté des « j'en ai marre » dans mes bagages.

J'ai cherché des trésors au mauvais endroit.

Et j'ai parfois oublié que le navire lui-même avait besoin d'être ravitaillé.

Car comment avancer à deux lorsque les réservoirs d'essence sont à sec ?

J'avais déjà écrit cette image autrefois.

Parfois, il faut s'arrêter à une aire de repos.

Faire le plein.

Reprendre son souffle.

Se remplir d'amour de soi avant de reprendre la route avec l'autre.

Parce qu'aimer quelqu'un ne devrait pas signifier siphonner son réservoir.

Et être aimé ne devrait pas signifier abandonner le sien.

Aujourd'hui, je comprends cette métaphore autrement.

Nous passons une grande partie de notre vie à chercher quelqu'un qui nous donnera ce que nous croyons manquer.

Nous cherchons l'amour.

La reconnaissance.

La sécurité.

L'approbation.

La validation.

Mais peut-être que le véritable voyage commence lorsque nous découvrons que nous possédons aussi notre propre station-service intérieure.

Nous pouvons apprendre à refaire le plein.

Nous pouvons apprendre à reconnaître lorsque notre réservoir est presque vide.

Nous pouvons apprendre à nous arrêter avant de tomber en panne.

Et peut-être qu'alors, la relation à l'autre change complètement.

Je n'ai plus besoin de te demander de me remplir.

Je peux venir à ta rencontre avec mon propre réservoir.

Tu peux venir avec le tien.

Et nous pouvons partager la route.

Non pas parce que nous avons besoin l'un de l'autre pour fonctionner...

Mais parce que nous avons quelque chose à partager.

Je regarde ces vieux textes et je souris.

Je pensais écrire des métaphores.

En réalité, je semblais déjà écrire des morceaux de carte.

Une carte vers quelque chose que je ne savais pas encore nommer.

Une carte vers moi.

Shantale

08/16/2026

Le temps du désordre

Le temps du désordre dans la cuisine est débuté… 😄

L’odeur vinaigrée et épicée plane dans la maison, les chaudrons s’activent et le doux son des « pok » des pots qui scellent vient satisfaire l’âme. 🫙

On sait alors que les récoltes pourront faire leur petite sieste bien méritée, le temps d’un moment, après leur passage dans leur spa bouillant. ♨️🌿
Elles attendront bien sagement sur les tablettes avant de venir, un beau jour, nous régaler et nous rappeler tout le travail qui se cache derrière chaque petit pot.

Parce que oui… quelle dure labeur que tout ce travail!

Cueillir, laver, couper, éplucher, mijoter, assaisonner, remplir, stériliser… et recommencer! 😂

Mais toute cette fatigue se réconforte dans le bonheur de savoir que nous mangerons, au fil des saisons, le fruit de nos récoltes.
Un petit morceau de notre jardin dans un pot, préparé de nos mains, avec patience, amour et gratitude. 🌱❤️

Et dans toute cette aventure, il ne faudrait surtout pas oublier ceux qui travaillent avec nous, souvent sans même qu’on y pense…

Les abeilles et tous les petits butineurs. 🐝🌼

Eux aussi font partie de cette grande labeur.

Ils volent de fleur en fleur, butinent, transportent la vie et participent, à leur façon, à faire naître les récoltes qui rempliront nos jardins et nos garde-manger.

Sans eux, notre mission ne pourrait tout simplement pas être accomplie.

Alors, entre deux chaudrons, deux pots et quelques éclaboussures de vinaigre…

prenons le temps de leur dire merci. 🐝💛

Parce qu’au fond, notre jardin ne travaille jamais tout seul.

Nous cultivons, ils butinent… et ensemble, nous récoltons. 🌿🐝🫙

Shantale

08/11/2026

Les actualités de mon âme
Plus les jours passent, plus je me rends compte que quelque chose est en train de changer dans mon écriture.
Au départ, je croyais vouloir raconter mon histoire.
Une enfance.
Des blessures.
Des épreuves.
Des rencontres.
Des pertes.
Des transformations.
Je pensais devoir mettre ma vie en ordre pour pouvoir enfin la raconter.
Mais plus j'écris, plus je comprends que mon histoire n'est peut-être pas la destination.
Elle est le point de départ.
Chaque souvenir ouvre une réflexion.
Chaque blessure soulève une question.
Chaque question m'amène vers une autre.
Et peu à peu, mes pages ressemblent moins à une autobiographie qu'à des petits morceaux de conscience déposés sur papier.
Des billets.
Des biais de réflexion.
Des fenêtres ouvertes sur des questions que nous portons peut-être tous en nous sans toujours oser les regarder.
J'aime presque penser à ces textes comme aux actualités de mon âme.
Ce qui se passe aujourd'hui en moi.
Ce qui remonte.
Ce qui cherche à être compris.
Ce qui demande à être transformé.
Je ne veux plus seulement raconter ce qui m'est arrivé.
Je veux partir de ce qui m'est arrivé pour aller vers ce que cela peut nous apprendre.
À moi.
À toi.
À nous.
Car peut-être que mes blessures ne sont pas seulement mon histoire.
Elles sont aussi devenues des endroits à partir desquels je peux mieux comprendre l'humain.
Je ne veux pas donner de recettes.
Je ne veux pas prétendre détenir les réponses.
Je veux poser des questions.
Des questions qui dérangent parfois.
Des questions qui font réfléchir.
Des questions qui nous obligent peut-être à regarder derrière nos propres certitudes.
Et si nous faisions tous un peu plus de ménage dans notre jardin intérieur ?
Et si certaines de nos croyances étaient devenues des mauvaises herbes simplement parce que personne ne nous avait appris à les reconnaître ?
Et si certaines choses que nous croyons être « nous » n'étaient finalement que des graines plantées par d'autres ?
Et si nous pouvions choisir ce que nous voulons continuer à faire pousser ?
Je ne prétends pas connaître le jardin de l'autre.
Je connais déjà à peine le mien.
Mais j'ai appris une chose :
pour désherber, il faut d'abord regarder ce qui pousse.
Alors j'écris.
Je dépose mes pensées.
Mes questionnements.
Mes découvertes.
Mes contradictions.
Mes prises de conscience.
Mes rechutes aussi.
Parce que je ne veux pas présenter un jardin parfait.
Je veux montrer un jardin vivant.
Un jardin où certaines fleurs sont magnifiques et où certaines mauvaises herbes repoussent malgré tous les efforts.
Un jardin où l'on apprend encore.
Un jardin où l'on recommence.
Peut-être que mes mots seront parfois une graine pour quelqu'un.
Peut-être qu'une de mes questions fera germer quelque chose chez un autre.
Peut-être qu'un mot lu au bon moment permettra à quelqu'un de regarder autrement une vieille croyance qu'il portait depuis des années.
Alors finalement...
Je ne sais plus si je suis en train d'écrire un livre.
Peut-être que je suis simplement en train de semer.
Et peut-être que le livre naîtra de toutes ces graines.
Shantale 🤓

08/11/2026

Le tissu de nos histoires
Il y a plus de dix ans, j'avais écrit ces quelques mots :
« Sortons de notre bas de ‘’laine’’, arrêtons de nous raconter et nous faire raconter un ‘’tissu’’ de mensonges. Retrouvons notre vraie ‘’soie’’, enlevons cette ‘’toile’’ qui nous empêche de voir la vraie réalité du monde dans lequel nous nous sommes créé notre propre réalité ! »
Je relis aujourd'hui ces mots avec un étrange sentiment.
Parce qu'ils étaient déjà là.
Bien avant que je puisse mettre des mots sur tout ce que je comprends aujourd'hui, quelque chose en moi cherchait déjà à détricoter la toile.
Je cherchais déjà à comprendre ce qui était vrai.
Ce qui m'appartenait.
Ce qui avait été tissé par les autres.
Et ce que j'avais moi-même ajouté au tissu au fil des années.
Je trouve fascinant de constater que certains questionnements ne disparaissent jamais vraiment.
Ils changent de forme.
Ils mûrissent.
Ils attendent.
Puis un jour, ils reviennent à nous avec une nouvelle profondeur.
Peut-être que nous ne trouvons pas toujours de nouvelles questions.
Peut-être que nous apprenons simplement à regarder les anciennes avec des yeux nouveaux.
Alors aujourd'hui, je me demande :
Et si toute une vie consistait finalement à détricoter ce que nous croyions être ?
À tirer doucement sur les fils.
Un par un.
Jusqu'à découvrir ce qui se cache derrière la toile.
Et peut-être qu'au bout du compte, notre véritable travail n'est pas de devenir quelqu'un d'autre.
Mais de retrouver ce qui était là avant que nous commencions à nous raconter toutes ces histoires.
Shantale 🤓

08/11/2026

Je deviens matière....
Je ne suis rien.
Je pars de rien.
Je deviens.
Je me construis.
Je me détruis.
Je me reconstruis.
Et tout cela dans une suite infinie d'idées, de pensées, de croyances, les miennes, les leurs, celles que j'ai choisies et celles que j'ai absorbées sans même savoir que je les faisais entrer en moi.
Peu à peu, tout s'infiltre.
Une parole.
Une peur.
Une croyance.
Un regard.
Une blessure.
Une autorité.
Une idée répétée suffisamment souvent pour finir par devenir une vérité.
Tout cela se faufile dans les méandres de l'esprit.
Et l'esprit tisse.
Il tisse une toile.
Une toile parfois si complexe que nous finissons par oublier qu'elle a été tissée par nous.
Nous croyons alors être prisonniers de quelque chose d'extérieur.
Mais qu'en est-il réellement ?
À force de laisser entrer les pensées des autres, nous finissons par ne plus savoir lesquelles nous appartiennent.
Notre propre lumière continue pourtant d'exister.
Elle est là.
Quelque part derrière la toile.
Elle éclaire encore notre chemin intérieur.
Mais les ombres projetées sur cette toile peuvent nous faire croire qu'elles sont la réalité.
Alors nous nous perdons.
Nous nous racontons des histoires.
Nous construisons des prisons avec des matériaux qui, à l'origine, n'étaient peut-être même pas les nôtres.
Et puis vient parfois un moment étrange.
Une fissure.
Une prise de conscience.
Une question.
Quelque chose bouge.
Les ombres se déplacent.
Et soudain...
Tout devient un peu plus clair.
Je commence alors à comprendre que je suis moi aussi une matière.
Une matière à développement.
Une matière à réflexion.
Une matière capable d'évolution.
Je peux m'observer.
Me questionner.
Me déconstruire.
Me reconstruire.
Apprendre à me connaître.
Mais alors une autre question surgit.
Si je deviens matière...
Qui suis-je avant de devenir ?
Comment savoir ce qui est réellement moi si une grande partie de ce que je crois être a été façonnée par ce que j'ai vécu ?
Suis-je la matière que je suis devenue ?
Ou suis-je quelque chose qui existe derrière cette matière et qui observe, apprend, transforme et évolue ?
Cette question m'accompagne.
Je pense à toutes ces croyances qui semblent parfois implantées en nous depuis des générations.
Des idées héritées.
Des façons de penser transmises.
Des systèmes construits par ceux qui nous ont précédés.
Certains nous ont aidés à évoluer.
D'autres nous ont peut-être enfermés.
Et pourtant, même ce qui nous enferme est parfois né d'une volonté de créer, de comprendre, de protéger ou d'organiser.
C'est peut-être là toute l'ambivalence de l'être humain.
Nous sommes capables de créer ce qui nous élève.
Mais nous sommes aussi capables de créer ce qui nous emprisonne.
Je pourrais appeler ces deux mouvements l'énergie évolutive et l'énergie involutive.
L'une cherche à comprendre, à grandir, à transformer.
L'autre répète, contrôle, possède, détruit parfois sans même en avoir conscience.
Et peut-être que le problème n'est pas l'énergie elle-même.
Peut-être est-ce l'absence de conscience qui la dirige.
Une force créatrice sans conscience peut devenir destructrice.
Une volonté de pouvoir peut finir par vouloir posséder le pouvoir lui-même.
Alors je reviens à cette question qui semble traverser toutes les autres.
Que se passerait-il si nous apprenions à reconstruire notre propre royaume intérieur ?
Pas un royaume où nous régnerions sur les autres.
Un royaume où nous apprendrions enfin à régner sur nous-mêmes.
À connaître nos frontières.
À reconnaître nos blessures.
À comprendre nos croyances.
À choisir ce que nous voulons conserver.
À laisser mourir ce qui ne nous appartient plus.
À faire de la place à ce qui cherche à naître.
Peut-être que reconstruire son royaume intérieur n'est pas une fuite du monde.
Peut-être est-ce la première étape pour pouvoir y vivre autrement.
Et si chacun de nous apprenait à gouverner son propre royaume avec conscience plutôt qu'à vouloir gouverner celui des autres...
Que deviendrait notre monde ?
Peut-être que le monde extérieur commencerait simplement à ressembler davantage aux mondes intérieurs que nous aurions appris à construire.
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