04/16/2018
Chapitre 1 : Couché dans mon char
Le nez me picotait, il commençait à être totalement gelé. De petites aiguilles de froid l’attaquent. Je me réveille, ce n’est pas douloureux, c’est juste désagréable, car je commence à moins bien respirer. Je regarde l’heure, il est 3 h 30 du matin. Je suis couché dans mon char et je commence à geler. J’ai mal estimé la température la nuit. Après tout je m’étais fié à Météomedia et le mercure ne devait pas descendre sous zéro. Mon spleeping-bag ne fait plus le travail, j’ai encore mon coton ouaté à capuchon sur moi. Là, clairement, le reste de la nuit va être long. Je suis dans le stationnement du mont Gosford seul avec la pleine lune.
Je remets le voyage en route. C’est ce que je m’étais dit quelques heures plus tôt. Romain Duris le mentionnait dans le casse-tête chinois. Je trouvais que la phrase avait du sens à pour partir à l’aventure. C’est comme une affirmation de décision. Bon, je remets le voyage en route, je ne sais pas si c’est les blogues de randonnées, les nombreuses fois que les posts de Facebook me le montraient, mais le mont Gosford me hantait. Aucune idée pour quoi. Peut-être parce qu’il est l’un des plus hauts du Québec, sa boucle de 16 km représente un défi intéressant, ses paysages enneigés pour la raquette. Bref, c’est celui-là que je voulais faire. Mais je crois que la vraie raison c’est ce moment de liberté, cet état d’esprit que l’on ressent ne fois en haut. C’était pour elle, je voulais avoir une histoire à lui raconter. Les chasseurs de montagnes sont magnétisés par les sommets.
Moi qui en parlais à plusieurs personnes depuis un petit bout, mais personne qui pouvais se libéré. J’étais enfin décidé à le faire seul. Ç’a m’était totalement égale. J’ai appris à partir seul et sans crainte. Comme la fois en Angleterre. Un petit 300 km en voiture de distance. Les 4 podcasts que j’avais téléchargés sur mon téléphone allaient me tenir compagnie pour la route. Jusque-là, c’est la partie facile.
Je suis un gars de ressources. C’est la raison que j’avais décidé de coucher dans mon auto. En fait, je suis organisé pour le voyage spontané en voiture. J’ai converti ma mini-van en petit camper. J’ai construit une plateforme en bois et sous celle-ci tout mon équipement y entre bien. Le lit y est bien confortable. Beaucoup mieux que de dormir dans une tente avec une roche dans le dos ou l’humidité du sol.
Sauf que là, c’est l’hiver et je gèle. Bon, tant p*s, je mets le moteur en route pour une virée nocturne. Je vais sillonner les routes montagneuses entre le Québec et les États-Unis. Un petit 15 minutes pour se rendre au village endormi. Je suis accompagné par la pleine lune, pas un véhicule en vue. Rien…
La vallée qui entoure le village est allumée par le soleil nocturne. C’est magnifique. Bon j’essaie de faire une photo. Mon téléphone n’est pas en mesure de rendre justice la présence du moment. Je décide donc de retourner au stationnement. Je calcule que mon auto est 24 degrés que je devais perdre pas loin de 8 à 10 centigrades à l’heure. Ce qui alla me permettre de dormir 3 heures avant de regeler.
À suivre