08/09/2026
En ce doux dimanche ensoleillé, on vous invite à découvrir nos coups de cœur en poésie :
« Concassée » de Mireille Gagné : « Quelles pierres rêve-t-on d’être ? Striée et coupante, chaude, indélogeable, impossible à attraper, léchée, sculptée, saisie par le froid, pétrifiée, cachée précieusement, lovée, entêtée, domestiquée, indéfiniment blanche, terriblement mortelle, concassée ? Elle en disperse partout : dans ses poches, sur le rebord des fenêtres, sous l’oreiller. Sources de fascination et visions passées, présentes ou futures, les roches se connectent, grâce à leur pouvoir d’envoûtement, aux plus lointaines aïeules pour tisser des liens. Dans un texte savoureux, la poète prend un malin plaisir à partager ses prémonitions. »
« Je veux toujours mourir l’été » d’Alex Viens : « Pour beaucoup, l’été n’a rien du bonheur facile qu’on essaie de nous faire avaler comme une évidence. C’est plutôt la saison des inconforts intimes, de l’exacerbation de la crise du logement et du paroxysme des inégalités sociales. C’est cette face sombre de la saison lumineuse qu’Alex Viens explore dans « Je veux toujours mourir l’été », un recueil de vignettes imagées et sensorielles qui permet une salvatrice révolte contre l’injonction estivale au bonheur. »
« Outis / Nobody / Personne » de Eftihia Mihelakis : « Faudrait-il jouer l’héroïne, la bonne fille, la pomme tombée près de l’arbre, la gentille immigrante de deuxième génération? Dans l’Odyssée, pour déjouer le Cyclope, le héros Ulysse prétend s’appeler Ούτις (personne). Refusant à son tour le rôle de l’héroïne, Eftihia Mihelakis s’approprie la ruse. Fondue dans le nom vacant « Ούτις / Nobody / Personne », la poète convoque une communauté improvisée, qui a pour patronnes les riot grrrls et une icône de la Sainte Vierge. Ici, « les loseur·ses du projet (im)migratoire, les échoué·es du rêve américain, les génies du délit, les gambleur·ses et alcoolos qui enfantent, les décrocheur·ses des langues officielles » sont bienvenu·es. »
✍️ Crédit illustration : Alex Davro