07/24/2026
DERRIÈRE CHAQUE TABLEAU SE CACHE UNE HISTOIRE. VOICI LA MIENNE.
Depuis plusieurs mois, je suis presque absente de cette page. Plusieurs d'entre vous se sont peut-être demandé pourquoi.
Aujourd'hui, j'ai envie de vous ouvrir une porte sur une partie de mon histoire. Pas pour susciter la pitié, mais parce que derrière chacune de mes œuvres se cache une femme qui, comme tant d'autres, a dû apprendre à traverser les tempêtes.
Si je vous raconte cela aujourd'hui, c'est parce que cette histoire parle autant de résilience que d'art.
La vie m'a profondément éprouvée.
Les deuils se sont succédé, parfois sans même me laisser le temps de reprendre mon souffle.
Tout a commencé le 27 août 2007, alors que j'avais 23 ans.
Mon petit frère François est décédé à l'âge de 21 ans dans un accident de moto. J'étais présente, dans une autre voiture, lorsque tout est arrivé. Ce jour-là, une partie de moi s'est éteinte avec lui.
Ce traumatisme a laissé une empreinte indélébile. Pendant des années, j'ai vécu avec un choc post-traumatique. On apprend à continuer de vivre, mais on ne redevient jamais complètement la personne que l'on était auparavant.
François était mon petit frère. Mon seul frère. Mon premier grand amour. Son départ a changé ma vie à jamais.
Puis la vie a continué de me mettre à l'épreuve.
En 2018, nous avons perdu la mère de mon conjoint. Une femme d'une immense bienveillance, que nous appelions tendrement « Mémère ».
En mars 2020, c'est « Papi », le conjoint de ma mère depuis vingt ans, qui nous a quittés. Pour mes trois enfants, il était bien plus qu'un grand-père de cœur. Pour moi, il représentait une présence rassurante, une figure paternelle précieuse.
Et puis est arrivé l'été 2025.
Le coup le plus brutal depuis celui de mon frère.
En seulement sept jours, entre le diagnostic d'un cancer généralisé et son dernier souffle, j'ai dû dire au revoir à ma mère.
Le 2 août 2025, elle nous quittait.
Sept jours.
Encore aujourd'hui, j'ai parfois de la difficulté à réaliser qu'elle n'est plus là.
Comme si le temps s'était arrêté.
Comme si une partie de mon histoire s'était envolée avec elle.
Et pendant que j'apprenais à vivre ce nouveau deuil, mon père poursuivait son propre combat.
Depuis 2020, il lutte contre un cancer incurable. Chaque série de traitements est un sursis. Chaque rendez-vous apporte son lot d'espoir… et d'inquiétude.
Je sais qu'un jour, lorsque son corps ne pourra plus supporter les traitements, je devrai lui dire au revoir à lui aussi.
Par moments, j'ai eu l'impression que la vie s'acharnait.
Qu'elle ne me laissait jamais le temps de guérir avant de m'imposer une nouvelle blessure.
Parfois, je me demande pourquoi la vie me demande de traverser autant de deuils. Je n'aurais jamais imaginé qu'à mon âge, mon cœur aurait déjà dû apprendre à vivre avec autant d'absences.
Je sais que tout cela est triste à lire.
J'ai longtemps hésité avant de vous le partager.
Mais cette histoire ne s'arrête pas là.
Parce qu'au cœur de cette noirceur, quelque chose a fini par renaître...
À l'automne 2025, après les funérailles de ma mère, l'appartement à vider, les démarches administratives et le retour au travail, je fonctionnais... mais je ne vivais plus vraiment.
L'année scolaire reprenait, mais j'étais ailleurs.
J'étais présente physiquement, mais intérieurement, j'étais épuisée.
Le corps avançait.
Le cœur, lui, n'y arrivait plus.
Puis, au début du mois de novembre, tout m'a rattrapée.
Je n'avais plus d'énergie.
Plus envie de cuisiner.
Plus envie de travailler.
Et surtout…
Plus envie de peindre.
Pour une artiste, perdre l'envie de créer est une douleur difficile à expliquer.
C'est à ce moment-là que j'ai compris que je devais agir.
Pas demain.
Maintenant.
Je ne voulais pas sombrer davantage.
Je ne voulais pas laisser la douleur écrire la suite de mon histoire.
Alors je suis retournée vers ce qui m'avait déjà sauvée autrefois.
Après le décès de mon frère, le sport avait été mon refuge.
Je savais qu'il pouvait encore m'aider.
J'ai commencé doucement.
Le Yin Yoga est arrivé dans ma vie au moment où j'en avais le plus besoin.
Puis les marches quotidiennes.
Les entraînements dans mon studio.
Une alimentation plus saine.
Une respiration à la fois.
Un pas à la fois.
Je ne cherchais pas à retrouver la femme que j'étais avant.
J'essayais simplement de retrouver un peu de lumière.
Petit à petit.
À ce moment-là, j'ai compris que je devais mettre absolument tout sur pause.
Même mon art.
J'ai dû tout mettre de côté, y compris Aliel et la peinture, afin de consacrer toute mon énergie à ma guérison, autant physique que mentale.
Pendant longtemps, j'ai cru que peindre était ce qui me permettait de tenir debout.
Mais cette fois-ci, j'ai compris quelque chose d'essentiel.
Avant de sauver l'artiste, je devais d'abord sauver la femme derrière elle.
Et c'est exactement ce que j'ai fait.
Un jour à la fois.
Une respiration à la fois.
Un pas à la fois.
Puis, un matin...
Sans que je m'en rende vraiment compte...
L'envie est revenue.
Depuis le printemps, je retrouve progressivement la femme que j'étais.
Et depuis le début de mes vacances d'été...
J'ai retrouvé mes pinceaux.
Quel bonheur.
Quel soulagement.
Je ne peins plus tout à fait de la même façon.
Quelque chose a changé.
Comme si chacune de mes œuvres portait désormais une partie de tout ce que j'ai traversé.
Comme si chaque texture, chaque couleur, chaque geste racontait silencieusement une histoire que les mots ne suffisent pas toujours à raconter.
En parallèle, j'ai enfin trouvé l'énergie de poursuivre un projet qui me tient à cœur depuis longtemps : mon site Web.
J'ai accepté d'aller chercher de l'aide pour sa conception.
Parce que parfois, avancer, c'est aussi reconnaître qu'on n'a pas à tout porter seul.
Dans quelques semaines, j'aurai le bonheur de vous présenter cette nouvelle vitrine professionnelle, où vous pourrez découvrir l'ensemble de mes créations.
C'est un immense accomplissement pour l'artiste que je suis devenue.
En ce moment, je suis également plongée dans la création de nouvelles œuvres en vue du Rendez-vous des artistes de Saint-Léonard, du 14 au 16 août.
Des fleurs abstraites texturées.
Un tigre.
Un lion.
Chaque nouvelle toile marque un nouveau chapitre.
Chaque coup de spatule est un rappel que la vie peut toujours recommencer.
Aujourd'hui, avec un peu de recul, je réalise que les épreuves ne nous enlèvent pas seulement quelque chose.
Elles nous révèlent aussi.
Elles transforment notre regard, notre sensibilité et notre façon d'habiter le monde.
Je suis profondément reconnaissante d'avoir trouvé dans l'art un espace où mes émotions peuvent respirer, se déposer et se transformer en quelque chose de beau.
Créer n'efface pas les blessures.
Créer ne fait pas disparaître les deuils.
Créer ne change pas le passé.
Mais créer m'a appris qu'il est possible de transformer ce qui nous brise en quelque chose qui nous élève.
C'est sans doute pour cette raison que mes tableaux sont si texturés.
Ils portent leur histoire.
Comme moi.
Et pourtant...
Ils cherchent toujours la lumière.
Aujourd'hui, je comprends que je ne peins pas malgré ce que j'ai traversé.
Je peins aussi grâce à ce que j'ai traversé.
Parce que chaque épreuve a façonné la femme que je suis devenue.
Et cette femme guide désormais chacun de mes gestes lorsque je crée.
Si mes œuvres dégagent une certaine force, une certaine sérénité ou une émotion difficile à expliquer, c'est peut-être parce qu'elles portent en elles un fragment de ce chemin.
Un chemin de résilience.
De courage.
D'amour.
Et d'espoir.
Merci d'être toujours là.
Merci pour vos mots, votre bienveillance et l'intérêt que vous portez à mon travail. Vous ne le savez peut-être pas, mais chacun de vos encouragements nourrit aussi mon élan de continuer à créer.
Aujourd'hui, je retrouve le bonheur de créer.
Et j'ai tellement hâte de vous faire découvrir ce nouveau chapitre de l'univers d'Aliel.
Merci de faire partie de cette aventure ❤️
- Aliel