08/03/2026
Qu'est-ce qu'une seigneurie ? Sous le Régime français, le territoire de la vallée du Saint-Laurent était divisé en longues bandes de terres perpendiculaires au fleuve. Le seigneur devenait propriétaire de sa terre.
En retour, il avait des devoirs envers ses censitaires : ériger un manoir habité, faire construire et entretenir un moulin banal, tracer des chemins ou encore tenir une cour de justice pour gérer les conflits des habitants. Celui-ci gagnait donc des droits (en plus de ses terres) qui augmentaient sa qualité de vie: les cens, les rentes et le droit de banalité qui obligeait les censitaires à moudre leur grain chez lui.
Le censitaire cultivait la terre qui lui était attribuée. Il devait au seigneur le cens et la rente,
quelques jours de corvée par année et le respect des traditions à travers des gestes comme la
plantation du Mai.
En échange, le seigneur devait permettre certains droits envers les censitaires : transmettre ou
vendre leur terre, chasser et pêcher et recourir au tribunal seigneurial en cas de litige.
Ce système, aboli en 1854, continue de façonner le territoire québécois. Les rangs
perpendiculaires au fleuve, les clochers qui ponctuent la campagne, les moulins qui subsistent ;
autant de traces d'un mode d'occupation vieux de plus de trois siècles. À la Seigneurie des
Aulnaies, ce lien entre roi, seigneur et censitaire prend une forme concrète : le moulin à eau,
toujours en activité et le manoir, qui a accueilli son premier et dernier seigneur résident en 1853.
Une invitation à parcourir ce paysage et à en lire l'histoire à même la pierre et l’eau.
CR Photo: Jean de Lauzon: https://www.patrimoineculturel.
gouv.qc.ca/detail.do?methode=consulter&id=9135&type=pge