11/10/2026
Avec Samir, Aimée de Jongh nous offre un roman graphique bouleversant, profondément humain, qui nous emmène sur l’île grecque de Le**os, au cœur d’un camp de réfugiés. Après le magnifique Jours de sable, elle confirme son immense talent pour raconter des réalités que l’on préfère parfois ne pas regarder.
Ce qui me touche particulièrement, c’est ce choix de raconter l’exil à hauteur d’enfant. Samir est un petit garçon syrien qui aimerait simplement jouer, rire, se faire des amis et découvrir le monde. Mais son quotidien est fait de grillages, d’attente et d’incertitude, avec une maladie cardiaque qui fragilise encore davantage sa situation.
À travers son regard, nous découvrons des familles dont l’avenir dépend de décisions administratives interminables. Et pourtant, au milieu de cette précarité, la vie continue. Des amitiés naissent, des liens se créent et la solidarité permet de préserver un peu d’espoir.
Graphiquement, Aimée de Jongh possède cette sensibilité que j’aime tant. Son trait expressif, ses personnages profondément humains et sa manière de raconter les émotions par les regards donnent une force incroyable à son récit.
Nourri par ses rencontres dans les camps de réfugiés de Le**os, cet album nous rappelle que derrière le mot « réfugié », il y a des individus, des familles, des histoires et des rêves.
Une lecture nécessaire, sensible et engagée, qui nous rappelle combien la bande dessinée peut nous ouvrir les yeux sur le monde.
Editions Dargaud