31/08/2026
FÉMINICIDE : QUAND LA VIOLENCE FINIT PAR PRENDRE UNE VIE
Le féminicide n’est pas un simple fait divers. C’est le meurtre d’une femme ou d’une fille parce qu’elle est une femme, souvent dans un contexte de violences conjugales, de domination, de jalousie, de contrôle ou de haine.
Et derrière chaque féminicide, il y a souvent une histoire qui avait commencé bien avant le drame.
Quelles sont les causes ?
La jalousie excessive, la possessivité, le refus d’accepter une séparation, les insultes, les humiliations, les menaces, les violences physiques, le contrôle permanent, l’isolement de la victime, certaines conceptions toxiques de la masculinité et l’incapacité à gérer la colère ou la frustration peuvent conduire à des situations dramatiques.
Mais il y a aussi le silence de l’entourage. Combien de fois avons-nous entendu : « Ce sont leurs problèmes de couple, il faut les laisser régler ça entre eux » ? Pourtant, certaines violences annoncées comme de simples disputes finissent par devenir irréversibles.
Les conséquences sont terribles.
Une femme assassinée, c’est une mère, une sœur, une fille, une épouse ou une amie qui disparaît. Ce sont des enfants qui peuvent grandir avec un traumatisme profond, parfois avec la perte de leurs deux parents lorsque l’auteur du crime se su***de ou est incarcéré. Ce sont des familles détruites et une société qui paie le prix de violences que nous aurions parfois pu prévenir.
Que devons-nous faire ?
Éduquons nos garçons dès le plus jeune âge. Apprenons-leur qu’un homme n’a pas besoin de violence pour être respecté. Qu’une femme n’est pas sa propriété. Qu’un « non » doit être respecté. Qu’une séparation n’autorise ni menace ni vengeance.
Éduquons aussi nos filles à reconnaître les signes d’une relation dangereuse et à ne jamais banaliser les premières violences.
Et nous, parents, voisins, amis, enseignants, responsables religieux et communautaires : cessons de fermer les yeux. Une femme qui vient demander de l’aide doit être écoutée et protégée, pas culpabilisée.
J’interpelle également le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille ainsi que le Ministère de la Santé : il est nécessaire de renforcer les structures d’accueil et d’accompagnement des victimes de violences. Des centres spécialisés, accessibles et bien répartis doivent pouvoir offrir une prise en charge médicale, psychologique, sociale et juridique, ainsi qu’un accompagnement pour permettre aux victimes de reconstruire leur vie.
La lutte contre le féminicide ne doit pas commencer après le décès d’une femme.
Elle doit commencer dès la première menace. Dès la première violence. Dès le premier signal d’alerte.
Hommes, femmes, parents, éducateurs : éveillons nos consciences.
Ne protégeons pas une réputation au détriment d’une vie.
Ne confondons jamais amour et possession.
Ne banalisons jamais la violence.
Une femme que nous aidons à sortir d’une relation violente aujourd’hui est peut-être une femme que nous empêchons de perdre demain.
Parler, prévenir, protéger et agir : c’est notre responsabilité à tous.