25/01/2023
Au départ, je voulais juste m’en sortir!
Je produisais mes contenus pour hurler ma peine, montrer mon savoir-faire, partager mon ignorance aux yeux du monde.
C’est ainsi que, peu à peu, je me suis amélioré, sans m’en rendre compte, je devenais progressivement une icône, malgré moi.
Devenir un modèle n’a jamais été mon choix, je le suis devenu par inadvertance car au départ, mon but était tout simplement de trouver une voie, ma voie…
Aujourd’hui, je porte le fardeau que tout modèle doit porter, malgré moi!
Je dois soigner ma manière de parler, de me vêtir, de travailler, je dois tout contrôler, car ceux qui me considèrent comme un modèle, me regardent, et désormais, je ne m’appartiens plus.
Lorsqu’on devient une icône sans le vouloir, on assume aussi les responsabilités d’un modèle, dans l’isoloir de notre mémoire.
Comme la Fouine le disait:
« C'est au sommet de la montagne qu'on se sent le plus seul »
Oui, je me sens seul!
Seul dans mes déboires;
Seul dans mes délires;
Seul dans mes illusions;
Seul dans mes déraisons…
En fait, tout simplement seul…
Mais, dans cette solitude, il faut toujours montrer l’image de celui qui reste fort, souriant, et brave devant toutes les épreuves.
Les gens t’en veulent pour ce que tu fais, ce que tu ne fais pas, ce qu’ils pensent que tu dois faire, ce qu’ils pensent que tu ne fais pas…
Qu’importe ce que tu fais, les autres t’en veulent!
Les autres ont des attentes démesurées te concernant, parfois des attentes, au delà des attentes que tu as pour toi-même, pour ton propre idéal.
Les autres refusent d’accepter que tu puisses te tromper, échouer, changer, devenir mature, changer tes priorités ou même encore, modifier ta réalité.
Eux, ils peuvent changer, mais toi, NON!
Imaginez ce médecin, qui vient de sortir de la faculté de médecine. Il s’installe dans un hôpital, et reçoit son premier patient.
Après la consultation, il lui prescrit une ordonnance avec des examens à faire, avec toute sa bonne foi, et l’envie de voir son patient guérir.
Mais hélas, avec son manque d’expérience, le traitement n’est pas le bon, et le patient perdure dans sa maladie… au point où, ce dernier se dirige vers un autre médecin, pour une prise en charge plus appropriée.
Parfois cette mauvaise prescription peut entraîner des morbidités, et même parfois, la mort (psychologique, émotionnelle, biologique...).
10 ans plus t**d, après des milliers de consultations, de multiples cas qu’il arrive à gérer, il devient mature, il apprend, et il devient un médecin plus aguerri.
Lorsqu’il reçoit, 10 ans après, un nouveau patient, avec les mêmes symptômes que le premier, l’ordonnance est plus pointue, la prise en charge plus adaptée, le patient retrouve sa santé plus spontanément, en remerciant son médecin, de lui avoir sauvé la vie.
Dans ce cas de figure, le même médecin qui était fébrile intellectuellement après la faculté de médecine, est maintenant plus compétent, il a apprit de ses erreurs, donc, il soigne désormais mieux!
C’est donc normal que ses nouveaux patients bénéficient de meilleurs traitements.
Mais, dans la vie réelle, surtout lorsque tu es une icône malgré toi, tes anciens patients deviennent parfois des aigris!
Ils t'en veulent, parfois Ă vie...
Ils estiment que tu as changé, que tu fais profiter aux autres ce qu’ils auraient souhaités bénéficier. Ils souhaitent avoir les mêmes résultats que tu permets aux nouveaux d'obtenir.
Au quotidien, ils commencent à t’en vouloir d’avoir changé, au profit des autres, et pas d’eux.
Certains t’en veulent pour tes opinions, tes prises de position (spirituelle, intellectuelle…), d’autres t’en veulent de progresser économiquement, un peu trop vite à leur goût.
Certains t’en veulent d’être plus vivace intellectuellement, de ne pas pouvoir suivre ton rythme. Les autres t’en veulent pour ton physique, ton succès social et émotionnel…
En fait, les autres t’en veulent d’être toi, de te voir grandir.
Ils t'en veulent lorsque tu te trompes (comme eux).
Ils t'en veulent de te voir progresser, te voir t’améliorer, ils t’en veulent pout tout ce que tu fais au final...
Au fond, qui ne change pas ?
Nous changeons tous!!!
Mais, lorsque tu deviens une icône (parfois malgré toi), tu as l’interdiction de changer.
En fait, tu deviens l’esclave des autres, tu dois faire comme ils veulent, tu dois satisfaire tous leurs caprices, au risque de te faire taxer d’imbu de ta personne, de méprisant, d’hautain et même de condescendant.
Parfois, cet environnement devient un cercle vicieux, dans lequel, tu as tellement envie de faire plaisir aux autres, que tu les éclaires comme une bougie, tout en te consumant.
Il m'a fallu du temps, pour comprendre que je ne dois RIEN Ă personne!!!
Car, si tu tombes dans ce piège, tu deviendras l’esclave des autres.
Les autres vont te féliciter, non pas parce qu’ils t’aiment, mais parce qu’ils adorent que tu sois leur vache à lait.
J’ai souffert de ce cercle vicieux pendant des années, il m’a poussé à déprimer, j’ai fait deux burn-out…
Jusqu’au jour où, j’ai décidé de faire une introspection profonde.
Et après cet exercice hautement spirituel, j’ai arrêté de survivre ma vie, et j’ai commencé à vivre; toujours avec le sourire, mais cette fois comme une ampoule, et non comme une bougie.
Un sourire qui m’éclaire moi, qui éclaire mes zones d’ombres, qui éclaire mes échecs pour les transformer en réussite, qui éclaire mes projets et mes pensées.
Un sourire qui me réchauffe, et me confirme au quotidien que j'ai le DROIT de changer!
Un sourire qui me soigne de mes plaies, qui découlent presque toutes, de mon excès de confiance, de ma naïveté, de mon esprit candide, de ma volonté de voir les autres progresser, de mon idéal de penser, que la réussite se savoure mieux, lorsque nous la dégustons ENSEMBLE.
Peut-être me suis-je trompé durant toutes ces années de le penser ?
L'avenir nous dira...
Néanmoins, j’ai arrêté de sourire pour faire plaisir aux autres, désormais, je peux enfin être: moi-même!
Tellement moi-même au point où, je ne corrige même plus mes coquilles après l’écriture d’un texte comme celui-ci.
Je ne corrige plus ma manière d'être moi-même, car j'ai appris, qu'il y a plusieurs manières d'être normal.
J'ai accepté ma manière d'être normal, et si elle ne te correspond pas, je respecte ton choix, mais je ne ferai plus des choix, pour me faire valider, par les choix des autres...
Au final, ce sont nos imperfections, qui définissent la perfection.
Claudel NOUBISSIE