18/01/2026
🛖 La daboyta, maison nomade et trésor des Afars
Au nord de Djibouti, là où le vent balaie le désert et où la lumière change à chaque heure du jour, les Afars ont depuis longtemps inventé un habitat à leur image : la daboyta.
Souvent traduite par “hutte” ou “cabane”, la daboyta est en réalité une tente ingénieuse, faite d’une armature d’arceaux en bois recouverts de nattes tressées en feuilles de palmier doum.
Sa forme hémisphérique, d’environ deux mètres de haut et plus de quatre mètres de long, protège de la chaleur, du vent et de la poussière, tout en restant démontable et transportable d’un camp à l’autre.
Dans la culture afar, ce sont les femmes qui montent, démontent et entretiennent la daboyta. Ce geste n’est pas seulement technique : il symbolise leur rôle central dans la vie du camp, dans la gestion de l’espace familial et dans la transmission du savoir-faire.
Autour de la daboyta, on vit, on discute, on accueille les visiteurs, on organise le quotidien. C’est un lieu simple, mais chargé de dignité et de mémoire.
Aujourd’hui, même si l’urbanisation et les habitats en dur gagnent du terrain, la daboyta reste un emblème puissant : on la retrouve dans certains campements touristiques, ou même mise à l’honneur lors de grandes expositions internationales, comme à Shanghai en 2010, où une daboyta djiboutienne a été présentée comme symbole de l’ingéniosité et de la culture du pays.
Protéger et valoriser la daboyta, c’est reconnaître qu’un simple abri peut raconter l’histoire d’un peuple, d’un désert et d’un art de vivre en harmonie avec un environnement exigeant.