08/04/2026
🌓 Le printemps est là, et avec lui le Beau Temps. Si mon corps est ici, à Aigues-Vives, mon esprit est déjà un peu à Rivières, chez PAB. En attendant le retour de l’essence moins chère, je lis ses livres et contemple ses œuvres. À l’été 1962, PAB explore les lieux chariens avec son appareil photographique, notamment la colline de Thouzon et les ruines et de son chàteau, dans le Vaucluse. Plusieurs livres naissent de ces excursions : « Chérir Thouzon » de René Char, 17 photographies de PAB, en 1962, et « Les petites Heures de Thouzon », avec une gravure de Georges Braque, en 1964. Après la mort de PAB, son cousin, Jean-Paul Martin, avec l’aide de Gaston Puel, réunit des photos de PAB dans « Thouzon la ferveur », tiré à seulement 12 exemplaires, en 2012, 50 ans après « Chérir Thouzon ». On y voit notamment PAB encrant le mur d’une église, mais surtout les ruines du château de Thouzon sur lesquelles mes yeux s’abîment depuis quelques jours. Plus je les regarde, plus j’y vois la source des profils et statuaires représentés par PAB dans ses collages, gouaches et ses dessins. Si ses oiseaux semblent devoir beaucoup à ceux de Braque, c’est bien son œil photographique et ces ruines ciselées qui ont donné corps à ce que j’appelle ses sculptures de papier.