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Les autodafeurs, Tome 1 : Mon frère est un Gardien, Marine CarteronVoilà bien longtemps que les Autodafeurs attendent de...
26/06/2015

Les autodafeurs, Tome 1 : Mon frère est un Gardien, Marine Carteron

Voilà bien longtemps que les Autodafeurs attendent de prendre le pouvoir. Aujourd’hui, la société numérique semble le leur permettre enfin. Mais c’est compter sans les Gardiens du livre, qui n’ont cessé depuis des siècles de protéger ce bien commun qu’est le livre imprimé. Pour l’heure, les Autodafeurs marquent des points : ils viennent d’exécuter le dernier Gardien connu, le père d’Auguste et de Césarine, dont ses propres enfants ignoraient la mission. Ancien conservateur de la BNF, ni Gus ni Césarine ne pouvaient se douter de la profondeur de son engagement : l’une vit égarée dans un monde mathématique, l’autre dans ses histoires d’ado, lecteur MP3 sur les oreilles et i-phone en poche. Mais les voilà contraints, par cette mort inouïe, de retourner vivre à la Commanderie, l’immense propriété de famille, perdue dans un coin obscur de province. Césarine, «ordinateur en socquettes» qui aime les nombres à l’exception des 22 premiers, ne vas cesser de nous épater par ses raisonnements imparables, poussant les logiques molles des adultes dans leurs derniers retranchements, tandis qu’Auguste s’ennuie dans son nouveau collège, jusqu’à l’heure du cours de français, où le prof, littéralement, le subjugue. «Qu’est-ce qu’un livre ?», interroge-t-il. Que lit-on d’un livre ? Qu’est-ce que lire au fond, passer le temps ou bien quoi d’autre ? Et comment lire dans ce cas ? Mais surtout, que devient-on quand on lit ? Le roman s’ouvre d’un coup à un questionnement des plus essentiels. «Qui donc –mieux que le livre- est à la fois médecin et nomade, byzantin et hindou, persan et grec, mortel et immortel ?». On le voit, la littérature jeunesse n’a pas froid aux yeux, qui propose aux ados cette puissante méditation sur la vie. Et le plus fort, c’est qu’elle le fait sans se départir de son genre, ne cessant d’ancrer ses personnages dans notre époque, futile et sombre, eux-mêmes portés par des gestes tantôt puérils, tantôt graves, ne perdant pas un seul instant de vue leur poids d’existence, une existence faite d’étonnement et de ces engagements auprès du monde et d’autrui dont sont capables les adolescents.
Césarine, au fil des pages, conquièrent une place à part. Autiste, nous la découvrons à travers son journal, pétillant d’intelligence. Elle observe tout, note tout, débusque les contradictions, les secrets, les failles. Et par son observation autiste du monde, elle finit par découvrir qu’il manque des mètres à la Commanderie... Un passage secret, en lien avec cette mission ancestrale dont leur famille s’est chargée et dont Auguste découvrira qu’il en est devenu, à la mort de son père, la pièce maîtresse. Il s’agit de défendre les livres. De mettre à l’abri toute la mémoire livresque des hommes. Il s’agit de les protéger des Autodafeurs, des gens que le livre exaspère. Depuis l’aube des temps, les Gardiens ont réussi à sauvegarder ce patrimoine commun. Ils ont conservé précieusement les originaux de tous les livres existants à la surface de la planète. Des originaux que les Autodafeurs voudraient détruire, pour les remplacer par leurs clones numériques, expurgés bien sûr. Leur projet démesuré est de numériser tous les livres écrits par les hommes, sous le contrôle d’une seule société, qui se chargera ensuite de mettre à la disposition des états sa version des ouvrages publiés… ça sent son Google books, voire Amazon... les Autodafeurs travaillent dur à nous faire croire que nous pourrions nous passer de ces originaux auxquels nous n’aurons bientôt plus accès.
La guerre ne fait donc que s’engager, qui voit de nouvelles forces s’engager aux côtés des gardiens du livre : nous, lecteurs, qui sommes au fond les Propagateurs que les gardiens appellent de toutes leurs forces…

Les autodafeurs, Tome 1 : Mon frère est un Gardien, Marine Carteron, Editions du Rouergue, collection DoAdo, 7 mai 2014, 14 euros, ISBN-13: 978-2812606670.

Les autodafeurs, T. 3 : Nous sommes tous des Propagateurs !Les autodafeurs venaient de lancer leur attaque. Nombre de bi...
26/06/2015

Les autodafeurs, T. 3 : Nous sommes tous des Propagateurs !

Les autodafeurs venaient de lancer leur attaque. Nombre de bibliothèques semblaient être parties en fumée. Sur l’île de Redonda, où sont réfugiés nos héros, deux nouvelles têtes font leur apparition : Inès et Rama, le jeune prodige des maths aux douze orteils. Un détail qui n’a pu échapper à Césarine, d’autant qu’elle trouve en lui son alter ego, partageant une même passion pour la logique. Quant à Inès, nous plongerons avec elle dans l’histoire lointaine aux portes de l’Amérique de Christophe Colomb retrouver le Livre que personne ne peut lire…
Les Autodafeurs ont donc lancé leurs attaques partout dans le monde. Plus grave encore : la quasi-totalité des gouvernements et des institutions internationales campent sur leurs positions. La disparition des livres fait peu à peu place à des bibliothèques numériques que les états peuvent surveiller à leur aise… L’avenir est bien noir. De ce sombre avenir nous parviennent des échos tragiques : en quelques décennies, un nouvel ordre mondial s’est mis en place. Mais une figure de résistance a émergé, celle de Noé tentant depuis son naufrage ultérieur de sauver l’humanité, dont toute la tragédie déboule dans le récit grâce à cette arche qu’il leur tend. Elle raconte les guerres, les quelques décennies qui ont suffi à jeter à bas notre civilisation pour l’enfermer dans la plus effroyable des barbaries. On est du coup avant, on est après, les temporalités se chevauchent, l’espace-temps ne cesse de se plier pour nous arracher à la torpeur d’une lecture trop linéaire. Et dans cette confusion qu’il engendre, l’île de redonda où s’est réfugiée la Confrérie devient une sorte d’axe du monde. C’est là que tout se joue, là qu’il faut compter ses forces, tandis que Césarine commet erreur sur erreur. Il se passe quelque chose. Piégés sur l’île, nos héros doivent affronter leurs fantômes et leurs peurs tandis que le monde assiste à sa mise à mort, que seule une puissance supérieure pourra sauver. Une puissance que Césarine va découvrir, révélant au passage les raisons de son aversion du nombre 22…

Les autodafeurs, T. 3 : Nous sommes tous des Propagateurs, Marine Carteron, éditions du Rouergue, collection DoAdo, mai 2015, 368 pages, 14,90 euros, isbn 13 : 9782812608933.

Vous vous souvenez de notre alerte doudous perdus ?
26/06/2015

Vous vous souvenez de notre alerte doudous perdus ?

... les doudous ont regagné leurs pénatesmessage reçu ce matin de la petite fille qui les avait oubliés à la librairie :...
26/06/2015

... les doudous ont regagné leurs pénates
message reçu ce matin de la petite fille qui les avait oubliés à la librairie :
"Merci L'établi !
Grâce à vous j'ai retrouvé mes doudous !"

26/06/2015
Les Autodafeurs, Tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre…Nous avions laissé la Confrérie en mauvaise posture. Auguste...
26/06/2015

Les Autodafeurs, Tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre…

Nous avions laissé la Confrérie en mauvaise posture. Auguste et Césarine venaient de perdre leurs grands-parents dans le combat qu’ils avaient gâché, une grande partie des archives qui leur avaient été confiées avait été détruite et leur maman se retrouvait plongée dans le coma. De leur côté, les Autodafeurs, après avoir mis la main sur la liste des membres de la Confrérie, se préparaient à les éliminer les uns après les autres. Dans la coulisse, ils peaufinaient un effroyable plan de bataille, le projet de lancer sur le monde la «onzième plaie d’Égypte», à savoir la destruction de tous les imprimés circulant à la surface de la terre. Mais c’était compter sans Césarine, qui se révèle dans ce tome pour l’absolu plaisir du lecteur, et se prépare à livrer la vilaine guerre à laquelle on l’oblige de céder. La lecture assidue de Sun Tzu et la pratique quotidienne des arts martiaux l’ont considérablement aguerrie. Pour l’heure, elle en expérimente la pertinence dans sa préparation du sauvetage de sa mère, plongée en fait dans un coma artificiel.
Le second tome est à l’image du premier, nourrissant une grande unité de lieux. Une contrainte formelle qui force les personnages à envahir la scène romanesque, plutôt qu’elle n’astreint l’auteur à démultiplier les rebondissements. L’histoire vogue ainsi au près d’une gamine qui lentement émerge de son autisme, et d’un adolescent lancée dans la quête fiévreuse de son identité, tenant enfin dans ses mains le livre de bord de son père racontant, année après année, ce qu’il en coûte de vivre dans un monde ahuri, et ses émerveillements gamins. C’est le tome des révélations, celle de Césarine au lecteur et d’Auguste à lui-même, dans le contexte trouble des éclaircissements familiaux. C’est l’opus des basculements, de l’attente du choc de la bataille finale, le volume des ruptures : ils quittent le domaine familial réduit en cendres, affrontent l’inconnu, un autre monde, ailleurs, le roman de la sortie de l’enfance !

Les Autodafeurs, Tome 2 : Ma sœur est une artiste de guerre, Marine Carteron, éditions du Rouergue, coll. DoAdo, 380 pages, 14,90 euros, ISBN-13: 978-2812607172.

Dimanche 28 juin à partir de 11 hrencontre à la tonnelle de l'établiavec Sèda MAVIAN, journaliste et historienneautour d...
26/06/2015

Dimanche 28 juin
à partir de 11 h
rencontre à la tonnelle de l'établi
avec Sèda MAVIAN, journaliste et historienne
autour de son livre "Les Arméniens 100 ans après"

Les Arméniens 100 ans après, Séda Mavian100 ans plus t**d, les Arméniens sont une nation éparpillée aux quatre coins du ...
26/06/2015

Les Arméniens 100 ans après, Séda Mavian

100 ans plus t**d, les Arméniens sont une nation éparpillée aux quatre coins du monde. Car si l’on compte 10 millions d’Arméniens dans le monde, 6 à 7 millions d’entre eux vivent en diaspora. Très peu donc, dans cette Arménie si jeune, qui n’a recouvré son indépendance qu’en 1991 et qui aujourd’hui se dépeuple. Beaucoup encore dans le Haut Karabagh, à vivre toujours dans l’angoisse de la reprise des pogroms des 1988, 90, ou l’attente angoissée d’une intervention militaire de l’Azerbaïdjan.
100 ans après le Grand Crime (Mètz Yèghèm), les arméniens sont toujours hantés par le spectre de la disparition. Il s’agit toujours pour eux de survivre, comme si le monde s’employait à réactualiser le spectre de 1915, pour en faire la réalité obsessionnelle du peuple arménien. Survivre à l’assimilation croissante qui frappe de plein fouet la diaspora arménienne, survivre à la disparition possible des arméniens d’Arménie toujours sous la menace de l’Azerbaïdjan, survivre à la disparition du patrimoine culturel arménien. Et s’inventer une nouvelle identité que le peuple arménien ne peut plus fonder comme autrefois sur la religion, sur la langue ou les coutumes. Car aujourd’hui, les marqueurs identitaires ne fonctionnent plus pour ce peuple dispersé dont le sentiment commun d’appartenance n’est plus relayé que par la mémoire de 1915. Mais peut-on vivre longtemps dans le seul sentiment d’être un descendant des victimes de 1915 ?
Comment refonder cette identité, s’interroge l’auteure, au-delà de la tragédie commune ? Par la Connaissance, affirme-t-elle, libérée des entraves que constitue toujours le trop long combat des arméniens pour la reconnaissance internationale de leur génocide. Un combat qu’il faut poursuivre, amplifier, jusqu’à contraindre la Turquie à reconnaître ce génocide, et tout comme la France dans le cas des juifs français déportés et spoliés, la contraindre à poser la question des réparations. Sans quoi 1915 risque fort de refermer tout projet de destin sur la seule conscience de n’être que vivant.
Livre étrange, non linéaire que nous offre Séda Mavian, comprenant des portraits, des entretiens, une courte histoire géopolitique de l’Arménie, un aperçu de la culture et des problématiques identitaires des arméniens d’aujourd’hui. Plus une geste, une gestation, qu’un document qui viendrait surplomber une histoire close, entre l’essai et le document, à l’image de cet éparpillement dans lequel la voix arménienne doit trouver à s’inscrire pour tenter de saisir quelque chose qui ferait sens.

Les Arméniens 100 ans après, Séda Mavian, éditions Ateliers Henry Dougier, coll. Lignes De Vie D'un Peuple, avril 2015, 145 pages, 12 euros, 979-1093594422.

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