12/09/2026
Son histoire commence en 1892, lorsque Louis Dewailly, ancien maire d’Amiens, lègue 25 000 francs à la ville pour installer une horloge publique. À une époque où posséder une montre était rare, l’idée était tout simplement de permettre aux Amiénois de connaître l’heure gratuitement.
L’architecte Émile Ricquier, que certaines sources présentent comme un élève de Gustave Eiffel imagine une spectaculaire colonne métallique très ouvragée. L’horloge, dotée de trois cadrans, est inaugurée le 4 août 1896.
À l’origine, les cadrans sont éclairés au gaz, mais ce système provoque corrosion et dysfonctionnements. L’éclairage électrique le remplace en 1899.
En 1898, le sculpteur amiénois Albert Roze ajoute au monument une jeune femme en bronze représentant Le Printemps. Presque nue, elle ne passe évidemment pas inaperçue à la fin du XIXᵉ siècle. Le poète picard Édouard David la surnomme alors affectueusement « Marie sans chemise », nom que les Amiénois adoptent rapidement.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la statue est mise à l’abri et échappe notamment, en 1943, à la récupération du bronze par les autorités allemandes. L’horloge, elle, ne retrouve pas sa place après-guerre. Marie sans chemise est réinstallée seule en 1965, sur un socle.
Pour célébrer le passage à l’an 2000, la ville décide finalement de reconstituer fidèlement l’horloge à partir des plans d’Émile Ricquier. Elle est inaugurée le 31 décembre 1999, avec la véritable statue d’Albert Roze, qui est donc bien plus ancienne que l’horloge que nous voyons aujourd’hui.
C’est ce contraste qui fait son charme : une horloge reconstruite, une Marie sans chemise authentique et plus de 125 ans d’histoires amiénoises autour d’elle.
Photo actuelle : Dguendel – Wikimedia Commons Carte postale ancienne : domaine public.