08/08/2026
LA MAISON DU PARADIS !
De retour à la boutique, le fascicule sur cette maison du cœur de Blois, son étrange et savoureuse histoire pleine d'inconnu et de nostalgie.
Je vous présente donc à nouveau ce texte sur le sujet que j'avais publié cinq ans auparavant :
Tous les enfants de plus de vingt ans de Blois et ses alentours connaissent bien cette maison inscrite dans la mémoire collective, une des madeleines de Proust de la ville, plus connue sous le nom « AU PARADIS DES ENFANTS ».
C’était LE magasin de jouets qui faisait encore rêver les enfants jusqu’à fin 2005, date à laquelle Philippe Tavenier, le propriétaire des lieux, tira définitivement le rideau.
La maison du Paradis tient son nom d’une source dans sa cave : la source du Paradis.
Les trois étages de la maison du Paradis reposent sur une jambe, colonne plantée dans la source du Paradis dans un caveau du XIIème siècle.
Une des poutres maitresse a eu 1000 ans en 1999 : 350 pour le chêne, 50 ans de séchage et 600 ans de bons offices à soutenir le 1er étage de la maison. Elle s’appelle « Dynastie ».
Le bâtiment de la fin du XVème siècle qui comporte deux demeures à l’angle de la rue du Commerce et des 3 Clefs, deviendra « La Maison du Paradis » en 1930. Boutique de chapeaux dans un premier temps, puis le fond sera acheté par la suite par Albert Tavenier, celle-ci se transformera en magasin de jouets pour le plus grand plaisir des petits et des grands.
Philippe Tavenier succède à son père en 1957, faisant de son magasin de 500 m2 une référence commerciale courue des célébrités (dont Eric Tabarly lui-même un temps Blésois). Cette boutique arrivait à tenir la dragée haute aux grandes surfaces, fléau des commerces de proximité… (source La Nouvelle République 15/07/2020)
La photo de couverture de la plaquette est en fait une reproduction de carte postale (Valoire) antérieure à cette publication (1990). En effet, sur celle-ci, la rue n’est pas encore piétonnière, elle le deviendra en 1979, date de son inauguration (le 12 mai). Quant à la plaquette, elle était vendue au profit de « Loisirs Solidarité » et plus spécialement pour les vacances des enfants défavorisés.
ANECDOTE : d’après un article de la NR des années 80 (reproduit dans la plaquette, sans la date), cette maison abritait un hôtel jusqu’en 1870, date à laquelle les Prussiens occupaient la France. La propriétaire, craignant pour ses pièces d’or, voulut traverser la Loire, bardée de celles-ci, et se noya. L’or était trop lourd ...
Par la suite, la vocation de l’établissement aurait sensiblement changé. Un dessin au fusain toujours conservé sur un mur, représentant une belle demeure, est assorti d’une phrase équivoque : « aujourd’hui pour de l’argent, demain pour rien ». C’est à cette époque que la maison aurait été surnommée : « LE PARADIS DES GRANDS »… une maison close.
Par contre, le dessin au fusain datant de 1823 (inscrit sous la phrase) met le doute sur l’exactitude de l’article, d’autant plus que le journaliste signale dans ce même article « un dessin au fusain, toujours conservé sur un mur, représentant un bourgeois et une jeune fille ». Le bourgeois et la jeune fille ont disparu du paysage… Altération du dessin, rénovation sauvage, inexistence des deux personnages ou élucubration croustillante de journaliste sur fond de vérité pour accrocher le lecteur?
Je laisse le soin aux historiens d’approfondir le sujet.
Amis chercheurs, le cas échéant, merci de nous faire partager vos lumières !
Plaquette disponible à la boutique, 2 rue Saint Lubin à Blois.