18/07/2026
4 mois.
Le 17 mars dernier, nous ouvrions nos portes. Un véritable saut dans l’inconnu… et le nouveau chapitre d’un projet né neuf mois plus tôt.
Au départ, il y avait ce désir simple : créer une activité qui nous ressemble. Un lieu de partage, ancré dans notre territoire et notre histoire, où nous pourrions faire résonner nos expériences professionnelles. Après une première piste qui n'a pas abouti — et avec le recul, c'était sans doute un mal pour un bien —, le hasard nous a poussés à creuser cette idée de commerce que nous gardions dans un coin de notre tête.
Ouvrir un commerce physique aujourd'hui ? Quelle idée f***e ! À l'heure où le digital vide les boutiques et où les centres-villes s'effacent au profit de zones commerciales déshumanisées… Alors, pourquoi ce choix ? La réponse tient dans ces mots de Caroline Wai :
Aucun rêve n’est trop grand, Quand on sait qui l’on est, Quand on sait ce que l’on veut, Quand on sait pourquoi on le fait.
Ensuite, tout s'est emballé : la recherche du local ("tiens, celui-ci serait parfait !"), les banques, l'administration, les plans, l'aménagement, les fournisseurs, le comptable… et j'en passe. Neuf mois de gestation plus t**d, notre "bébé" voyait le jour.
Depuis, il grandit doucement. Comme tout enfant, il demande une vigilance de chaque instant et un engagement sans faille. Il apporte son lot d'anxiété et de doutes, mais surtout tellement de joie, de partages et de nourriture émotionnelle. Notre rôle ? Veiller sur lui et le faire grandir avec les plus belles valeurs possibles.
4 mois, c’est aussi l’heure des premiers constats.
D’un côté, il y a ce que nous disent nos visiteurs de passage :
"Blois est une ville magnifique !"
"Quel plaisir de s’y balader, quel patrimoine !"
"C'est super mignon avec ces vieilles ruelles (même si ça grimpe !)"
"C’est tellement calme, et la Loire est splendide…"
Et de l’autre, ce que l’on entend parfois de nos visiteurs locaux :
"Il n’y a plus de commerces à Blois."
"Ce ne sont que des rideaux baissés."
"On ne peut pas se garer."
"La ville est morte, rien n'est fait pour les commerçants, tout ferme…"
Wouah. C'est violent d'entendre un constat aussi noir.
Certains diront que je force le trait (oui, je caricature un peu… mais à peine !). Tout cela m’interroge : comment voulons-nous vivre dans nos villes demain ? Le sujet est d’une immense complexité, et loin de moi l'envie de critiquer. Une chose est sûre : il n’y aura pas de solution simple à un problème aussi global.
Mais individuellement, nous pouvons agir.
Oui, des boutiques ferment. Mais un commerce a d’abord et avant tout besoin d’hommes et de femmes qui le font vivre par leurs achats. Inversons la logique : les commerces n'ouvriront et ne tiendront que s'il y a un public pour pousser leur porte.
La ville ne vibrera que si, quelques fois par an, nous prenons le temps de nous y balader, de redécouvrir notre patrimoine, de flâner… et d'y consommer. Les commerces indépendants ne survivront que si vous faites la démarche consciente de les privilégier. N’oublions pas que derrière chaque comptoir, il y a des hommes et des femmes animés par l'envie de vous rencontrer et de vous conseiller. La ville a peut-être perdu de sa superbe commerciale pour plein de raisons, mais elle reste un lieu de lien social, d'échange et de vie.
On dit que tout ferme à Blois ? C'est faux. Ce sont principalement les grandes franchises qui sont parties. Les indépendants, eux, résistent, et de nouveaux concepts se créent ! Il suffit de parcourir — ou de re-parcourir — nos rues (et il n'y a pas que la rue du Commerce !) pour s'en rendre compte. Blois, c’est encore plus de 500 commerçants.
Et pour ce qui est de se garer, Blois n'est pas pire qu'ailleurs. Certes, la topographie historique ne facilite pas les choses, mais saviez-vous que tous les parkings souterrains offrent 1 heure gratuite, complétée par une deuxième heure gratuite grâce aux tickets de vos commerçants ? Pour exemple, notre boutique se situe à seulement 300 mètres du parking du Château. Soit 5 petites minutes à pied.
Et si on changeait de regard ?
Cet été, et si vous veniez simplement redécouvrir votre ville ? Poussez la porte d’un indépendant. Pour acheter, ou juste pour échanger, partager, et vous réapproprier ce centre-ville afin qu’il vive et rayonne grâce aux forces déjà présentes.
Ce message ne révolutionnera sans doute pas le monde. Si le cœur vous en dit, partagez ce message, il permettra pour nous tous à réfléchir sur la place que nous voulons donner pour notre centre-ville de demain.
Faites vivre vos commerces locaux !
PS: Un énorme et sincère remerciement à tous ceux qui ont poussé notre porte et nous ont glissé, "votre boutique est belle", "enfin une nouvelle boutique à Blois", "c'est agréable chez vous".....🙏🙏🙏, vous pouvez même laisser un avis 😊😉