14/01/2022
CARNET DE VOYAGE #01 - LA TANZANIE
Dans ce second épisode, nous vous emmenons avec nous dans le centre de traitement Post-Récolte de Kokoa Kamili. S'il y a encore quelques années, la Tanzanie était principalement connue pour du cacao de qualité industrielle que l'on appelle “bulk” dans la profession (faiblesse aromatique, qualité médiocre à standard...), l'entreprise créée par Simran Bindan et Brian Lobue en 2015 a donné des lettres de noblesse au cacao tanzanien. En effet, leurs fèves ont été récompensées en 2017 par un International Cocoa Award qui récompense les 50 meilleurs cacao de la planète.
Cette entreprise ne compte pas moins de 60 salariés qui vont récupérer les précieuses fèves directement chez les agriculteurs, les acheminent jusque sur le lieu de traitement post-récolte (l'endroit où l'on fait d'une simple graine, une fève de cacao aromatique), les pèsent, les fermentent, les sèchent, les trient, puis les ensachent avant de les expédier chez des chocolatiers. Ce qui nous a marqué chez les salariés de Kokoa Kamili, c'était la fierté affichée de travailler pour cette entreprise et la joie, le bonheur de contribuer à la valorisation d'un produit agricole issu de leur région, de leur pays. Et cela a été favorisé notamment par les méthodes de management de Simran et Brian qui impliquent leurs équipes dans chaque mission, chaque tâche, chaque réflexion. Mais aussi leur bienveillance : pour éviter des tensions dans la communauté, ils ont décidé d'acheter des fèves non bio, au même tarif que des fèves bio et ce afin d'éviter des jalousies et de potentielles sources de conflits entre les agriculteurs avec qui ils travaillent.
La traçabilité et l'exigence de qualité sont des marqueurs importants de la réussite de Kokoa Kamili. Lors de notre séjour, nous avons pu voir l'intégralité des étapes, registres et process pour parvenir à de tels résultats. Et cela en était bluffant.
Le bien-être des salariés fait aussi parti de ces petits plus qui font l'excellence de ces fèves de cacao : Pour trier les fèves et garantir des lots parfaitement qualitatifs à leurs clients, Kokoa Kamili fait appel aux mamas de la communauté qui viennent chaque jour quelques heures pour retrier les sacs de fèves à la main à l'aide d'un plateau en osier. C'est ainsi qu'ils vont distinguer les qualités de fèves à expédier aux divers marchés avec lesquels ils travaillent. C'est une manière pour ces femmes de travailler quelques heures par jour et de gagner de l'argent pendant que leurs enfants sont à l'école. Chaque jour, l'entreprise offre le repas à ses salariés, qui sont de facto couvert par une mutuelle (fait très rare dans les pays producteurs de cacao).
Nous avons vraiment apprécié ces quelques jours en immersion dans cette entreprise, cela fut gratifiant et formateur de participer aux diverses tâches avec les employés. Et ce qui nous a aussi beaucoup ému, c'était de partir à la rencontre des agriculteurs. Mais cela fera l'objet d'un prochain épisode...
RV Mardi pour la suite du “Carnet de Voyage #1 - La Tanzanie”.
Photo : Silva-cacao