20/07/2026
Une (grosse) aiguille dans une botte de foin 🍾
Pour prendre des belles, il faut aller pêcher là où il en a. Pourtant, aller s’entasser sur un lac où la prise d’un gros poisson est rattaché directement au nom du lieu, beh ça fait rarement ba**er, sauf peut-être pendant les mois d’hiver où la pression retombe. Alors, depuis quelques années, je prends rarement la direction de ces grands lacs connus dès l’arrivé des beaux jours, pour leur préférer des barrages moins médiatisés. On y est pas seuls, mais on peut y dérouler un plan sans trop devoir tenir compte des autres mecs en place. Ca passe toujours mieux d’avoir différents plans au matin en cas de nuit infructueuse plutôt qu’à devoir se poser la question du « bougera »/« bougera pas ». C’est sur cette même idée qu’on décide de partir 4 jours avec Tom sur un joli barrage dont on entend pas trop parler et où on a quasiment toujours eu la paix.
Au bout de 3 jours à pêcher des postes « amonts » avec un résultat bien bof, tom décide de décaler légèrement aval sur une zone plus variée, avec une grosse cassure devant et une baie peu profonde accessible pas loin. Bien vu, ce con m’en met 3 dans le nez en 3h, je le vois faire aux jumelles. Je l’appelle pour faire le topo. « Gros ça te dit pas de me faire une ptite place pour l’aprem ? ». En bon gendre idéal qu’il est, il m’accueille et on redistribue les cartes pour pouvoir en profiter à deux sur le reste de la journée. On finit la journée avec 7 touches au total, pas peu fiers de nous. On fait pas les mecs trop affamés malgré le timing qui se tire, et on relève bien les cannes pour la nuit, histoire de pas finir de pourrir le coup de suite et les laisser manger tranquille dans la nuit. Ca, c’est la plan. Au petit matin à 5h, on relance nos cannes et là on doute vite, les heures passent mais rien à signaler avant 10h, plus que 3h de pêche avant de rentrer. Dans l’heure d’après, ça s’excite un peu et on prend deux petites communes sur la gauche. Ça sauve les meubles de la dernière journée, mais on est quand même assez loin de toutes nos belles intentions de la veille au coucher.
Et pourtant, c’est là que la ch**te à Coulon va faire tout changer. Touche timide sur ma canne de droite, ça se bat pas trop et ça revient vite en bordure au niveau d’une ancien arbre immergé dont il ne reste que quelques grosses branches entre deux eaux. Ca vient puis ça bloque. Je monte dans la barque, tranquille, enquille la canne dans un tube et rejoint tranquillement le poisson, je cale la barque contre les bois pour être à hauteur du point de pivot et je tire, ça vient. « Ca doit pas être bien lourd » j’me dis, presqu’alors dégoûté de devoir venir pourrir le coup avec le bateau pendant les dernières heures de pêche, pour un poisson qui semble petit. Et pourtant au moment où le poisson passe sous la branche où la tête de ligne coulissait, beh j’en chie à la faire monter. 3 secondes plus t**d, je la vois et là je me dis « pu**in celle là faut pas la rater ». Je bloque tout, ça sonde en zone moyennement safe, je commence à trembler sévère et je prie pour que tout se finisse bien. Les coups de tête bien amples, pu**in j’aime pas ça. Je la vois remonter gentiment en continuant de secouer la tête de gauche à droite mais là plus le choix, elle redescend pas ! Filoche. Je gu**le au moins 10 fois « elle est énorme !!! » Ouais, franchement, c’est un pu**in de bloc… Je l’aurai eu ma vraie grande de ce lac après une bonne centaine de nuits en 4 ans à venir régulièrement, et celle-là, elle a pour moi clairement plus de valeur qu’une belle connue sur un lac connu.