11/07/2026
❤ Coup de coeur de la semaine ❤
📚 Solo tu, Philippe Fusaro (Sabine Wespieser Éditeur, 2026)
💌 Gianni Desmond est une institution du Piper Club, lieu emblématique des nuits romaines dans les années 1960-1970. Mais avec le poids des années, il a de plus en plus du mal à suivre le rythme endiablé de sa jeunesse. Au cours d’une énième soirée bien arrosée, Gianni fait la connaissance de Carmela et du petit Giacomo, que son père musicien a délaissé. Cette rencontre va changer sa trajectoire de vie. À l’invitation de Carmela, Gianni part découvrir la lumière éblouissante du sud de l’Italie. A Polignano a Mare, il réapprend à se lever tôt et s’initie à l’amitié et à la littérature. Et quand la tristesse arrive et la gorge se serre, Gianni aura suffisamment nourri en lui cette belle lumière pour faire face à l’adversité.
Avec Solo tu, P. Fusaro rend hommage aux amitiés qui réparent et à la sagesse de la vie, qui nous offre toujours une « deuxième chance ». Et puis il y a l’Italie, avec ses parfums, sa lumière, ses chansons… Un livre plein d’espoir et de sensibilité. Une écriture simple comme une caresse, qui apaise et bouleverse en même temps.
📖 Rome, début des années 1980. Le mythique Piper Club, où se sont produits les plus grands chanteurs italiens, n’est plus ce qu’il était. Gianni, un dandy fatigué, devenu, au fil des années, un élément du décor, y traîne son désenchantement. Au point de laisser Carmela, la pétulante compagne du bassiste punk se produisant ce soir-là, lui confier son petit Giacomo le temps du concert, alors qu’il déteste le punk… et n’est pas supposé savoir y faire avec les enfants.
Mais, quand la jeune femme lui propose de les retrouver pour boire un café le lendemain, avant leur départ dans les Pouilles, il ne dit pas non. Et ne décline pas non plus son invitation d’aller les voir en septembre : « il fera bon et la mer sera encore chaude, lui dit-elle. Cela te fera du bien. Avec Giacomo, nous allons te remettre sur pied. » Et se remettre sur pied, il en a bien besoin : ses réveils, dans les brumes de l’alcool, sont de plus en plus difficiles, de même que ses regrets sont lancinants, d’avoir raté un nouveau départ avec Nico, une fille solaire, qu’il n’a pas su aimer.
Le voilà à Polignano a Mare, balcon sur l’Adriatique, dans la lumière éclatante d’un été qui semble ne jamais vouloir finir. Giacomo l’a accueilli en se jetant à son cou, Carmela – qui à Rome avait spontanément accordé sa confiance au fêt**d invétéré dont la réputation le précédait – lui ouvre grand les portes de sa maison suspendue sur la mer. Le père du petit garçon a fait ses valises, et les nouveaux colocataires vont bien vite trouver leur place dans le trio indéfectible qu’ils vont former, tissé de complicité, de tendresse et d’une grande pudeur. Ils sont bientôt rejoints par Corrado, le libraire de la petite ville, un merveilleux autodidacte avec qui l’entente est immédiate. Les rires, les cafés du matin, les dîners t**difs, les plongeons dans la grande bleue rythment les journées, le temps s’étire. Et si Gianni finit par rentrer à Rome, pour « régler des affaires », il promet de revenir.
Quand, trois saisons plus t**d, il retrouve ses comparses, un vent mauvais s’est levé, et il faudra bien la force de leurs liens pour l’affronter.
Avec une remarquable intelligence de ses personnages et une extrême délicatesse, Philippe Fusaro nous entraîne alors vers un dénouement aussi poignant qu’inattendu, qui nous laisse sur la crête de l’émotion, au diapason de ce lieu âpre et lumineux qu’on rêve de ne jamais quitter.