27/04/2026
Ce dimanche, j’ai bloqué une collègue.
Ce dimanche, j’ai bloqué une collègue
parce que je me suis sentie incomprise.
Ce dimanche, j’ai bloqué une collègue
parce que j’avais déjà répondu, plusieurs fois,
et que le message ne passait pas.
Ce dimanche, j’ai bloqué une collègue
parce que le ton ne me correspondait pas,
et que ça touchait à mes valeurs.
Et non, ce n’est pas parce que c’est dimanche au sens strict.
En premier lieu : je vis ma vie trépidante de chocolatière. Et j’aime ça ! J’adore ça !
Et ça veut dire quoi ?
Que je réponds souvent le dimanche.
À un client.
À une demande importante.
À quelque chose que je ne veux pas oublier (team distraite 😅).
C’est ma façon d’être fiable,
et de respecter les personnes qui m’écrivent.
À organiser ma semaine à l’atelier sans devoir passer par la case administrative et d’oublier des choses importantes.
Mais là, ce n’était pas ça.
Là, c’était une conversation inutile, déplacée,
avec des remarques, du jugement,
et surtout quelqu’un qui ne lit même pas ce que j’écris…
Quelqu’un qui ne prend même pas la peine de se présenter
alors que j’ai expressément dit que nous ne nous connaissions pas
et demandé qui elle était.
Preuve que je n’ai pas été lue, une fois de plus.
Je ne sais même pas comment mon numéro a été obtenu.
Et qui me tutoie sans m’avoir jamais rencontrée.
Être tutoyée ne me dérange pas, au contraire.
Mais quand tout s’accumule…
c’est un gros sens interdit ⛔️
Et au fond, nous ne partageons rien.
Simplement un lieu de travail.
Et c’est tout.
Alors oui, j’ai des valeurs peut-être démodées.
Mais ce sont les miennes, depuis longtemps.
Et ce sont elles qui me permettent aujourd’hui
d’être fiable,
de respecter mes engagements,
et d’avoir une relation de confiance
qui est précieuse dans mon milieu professionnel.
Et j’ai énormément de chance :
la grande majorité des personnes autour de moi
sont respectueuses et bienveillantes.
Mais ce dimanche, j’ai choisi de poser une limite.
Parce que parfois, je bloque aussi mon agenda
pour passer du temps en famille.
Parce que mon mari travaille la semaine,
et parfois le week-end aussi.
Et que ces moments-là sont essentiels pour nous.
Et aussi parce que je suis hypersensible.
Ce genre de situation, qui peut sembler anodine,
me prend de l’énergie. Beaucoup trop d’énergie.
Le cerveau tourne en boucle parce que je ne comprends pas l’attitude de la personne en face. C’est épuisant à force je vous le promets. Et par période cela en devient destructeur.
Alors je grogne. En signe d’avertissement.
Je sais que je ne devrais pas être aussi sensible mais c’est comme ça je le suis, je vis avec, je subis parfois.
C’est une réalité avec laquelle je vis depuis toujours.
Mais c’est aussi ce qui nourrit ma créativité,
mon intuition, mon travail. Celle qui fait de moi l’artisane motivée et créative.
Et ça, je ne le musellerai jamais. Je le refuse catégoriquement.
Je préfère que mon cerveau tourne dans la partie créative de mon métier. Pas dans l’analyse de propos des autres qui me dérangent ou me blessent.
Je ne demande à personne de marcher sur des œufs autour de moi.
Il est hors de question d’exiger des autres qu’ils s’adaptent à moi.
C’est même l’inverse :
je m’adapte, j’écoute, je compose.
Et tout cela est normal pour moi.
Mais parfois, je dis stop.
Quand ça va trop loin.
Et si un jour je croise cette personne,
je lui parlerai normalement.
Comme si de rien n’était.
Parce que mon respect va jusque-là.
Parce que je ne suis pas rancunière.
Et parce que je ne juge pas les gens sur un instant,
mais sur leurs actes dans le temps.
Mais pour autant, je ne reviendrai pas sur cet épisode
si elle ne le fait pas.
Je continuerai de répondre les dimanches, avec plaisir.
Mais quel que soit le jour de la semaine,
je continuerai aussi de fixer des limites,
calmement mais fermement,
quand mes valeurs seront bousculées sans raison valable.
Parce que le bonheur de ma vie de chocolatière
passe aussi par cet équilibre auquel je tiens profondément.
Pourquoi j’en parle ?
Parce que j’ai cru, peut-être naïvement,
qu’une collègue qui vit la même réalité que moi
comprendrait qu’un dimanche reste un dimanche.
Et encore plus ici, en Alsace,
où certaines traditions sont encore bien présentes,
où même les commerces ne peuvent pas ouvrir librement,
par attachement à un rythme, à des valeurs, à un équilibre de vie.
Un état d’esprit que je respecte énormément,
et que j’aime profondément,
même si je ne suis pas née ici.
J’ai sans doute cru, à tort,
que ces valeurs étaient partagées par tous.
Je me suis trompée.
Et ce n’est pas grave.
Parce que chacun avance avec ses repères.
Mais moi, je continuerai d’avancer avec les miens.
Avec respect.
Avec cohérence.
Et avec cette volonté de rester alignée
avec ce qui compte vraiment pour moi.
Et je continuerai de répondre le dimanche pour ne pas oublier de le faire 🤍