19/08/2013
Des nouvelles de l'exposition de l'artiste Elsa Cha!!!Bientôt des photos!!!
Mais d'abord qui est elle? Quel est son travail avec les sources?
Laissons la s'exprimer:
J’ai découvert il y a un an le procédé de pétrification par l’eau utilisé depuis plus d’un siècle dans différentes sources pétrifiantes en France.
En déposant plusieurs mois des objets sous les sources, le calcaire, dont l’eau est très chargée, vient lentement les recouvrir d’une enveloppe grise et rigide.
Pour ma prochaine exposition personnelle « Je t’aimerai pour toujours ce soir», je présenterai une série de dessins, de tableaux photographiques et deux installations.
Les installations seront des mises en scènes réalisées à partir d’objets pétrifiés : le mobilier d’une chambre d’enfant (lit, chaise, cheval à bascule, diverses jouets..) et un paysage (arbuste, morceaux de bois flotté, fleurs en tissu)
La pétrification par l’eau en tant que lent et continuel processus, s’inscrit dans le rythme du vivant, de ce qui se meut, de ce qui se transforme, mais dont la symbolique esthétique exclue tout concept de vie.
La matière comme une forteresse emprisonne les palpations visibles, les déchirures, les battements de cœur et de corps, le souffle.
Le gris du calcaire contient le trop plein d’ardeur et la trop visible couleur.
Les objets résonnent au-dedans, ils murmurent leur histoire, mais ne rendent d’apparent que cette matière éternelle.
Ils racontent ici, dans leurs armures minérales, les bribes d’une enfance ou bien la contemplation d’un paysage figé.
Présentés dans une certaine verticalité, une raideur, une tenue, dont il se dégage une idée de solidité, ces objets sont à l’image des fleurs artificielles sur lesquelles j’ai dessinées.
Rigides et fausses, à l’apparence pourtant du vrai, du vivant et à l’esthétique parfaite, dont le pourrissement et la décomposition naturels en seront pourtant totalement absents.
Les éléments, toujours esthétiques, droits, debout à jamais, rappellent également les corps, végétaux, animaux présents dans mes dessins : souvent démantelés, amputés, éparpillés, parfois écorchés, mais toujours très droits, acculés dans le blanc du papier, dans le vide, omniprésent, comme écrasés par le temps.
« Je t’aimerai pour toujours ce soir » évoque l’idée d’éternité mais aussi celle de l’instant.
D’un moment du vécu ne subsistera plus que l’ombre figée d’une pensée, la rigidité en tant que matérialisation des sentiments, la forme comme souvenir qui persiste.
Comment nous approprions nous la réalité vécue, comment se transforme t-elle et qu’en reste t-il ?
Elsa Cha. 2013