07/12/2025
🎺 Aujourd’hui, ça fait 10 ans !!! 🎉
Et 10 ans, ça se célèbre.
Je n’ai jamais pris le temps de m’exprimer publiquement sur la création de l’atelier.
Je n’ai jamais fait d’inauguration, jamais marqué officiellement une étape.
Il manquait quelque chose.
Alors aujourd’hui, je prends enfin le temps de raconter ces dix dernières années et surtout de remercier les personnes qui me sont chères.
Les débuts
En 2015, quand j’ai créé l’atelier, je pensais naïvement commencer en fabriquant quelques trompettes, et j’imaginais qu’en proposant des instruments innovants, j’en vendrais deux ou trois par mois assez rapidement…
La réalité a été toute autre.
La trompette a été mon point de départ, principalement pour des raisons de coût d’outillage.
Je croyais que ce serait l’instrument le plus facile à commercialiser.
Les premiers mois ont été difficiles et les ventes loin de mes espérances.
Il a donc fallu créer autre chose : des embouchures.
Au début je ne voulais pas en fabriquer… mais les musiciens me les demandaient.
Aujourd’hui, plus de 2 000 embouchures sont sorties de l’atelier.
Pendant les cinq premières années, c’est Élodie qui les a toutes gravées à la main.
Je la remercie profondément pour sa patience, sa présence et tout son soutien.
Instruments anciens et restauration
Les finances étant le nerf de la guerre, j’ai repris la restauration d’instruments anciens.
Depuis, plus de 60 ophicléides restaurés sont sortis d’ici et jouent aujourd’hui dans le monde entier.
Un travail que je continue malgré le temps colossal que cela demande.
En parallèle, et parce que je n’arrive jamais à dire non aux musiciens, d’innombrables réparations, améliorations et customisations ont été réalisées au fil des années.
Aujourd’hui, je suis fier de dire que plus de 100 instruments neufs gravés “Jérôme Wiss” sont sortis de l’atelier.
Les grandes étapes
Ma première grande avancée a été grâce à Régis Merle, musicien à la Garde Républicaine, qui a été mon tout premier grand client.
La fanfare de la Garde Républicaine m’a mis le pied à l’étrier : j’ai fabriqué mes premiers hélicons et trompettes basses.
Ensuite, l’Armée de l’Air m’a commandé des Saxhorns / Euphoniums, puis la Garde est revenue avec de nouveaux projets.
Aujourd’hui, d’autres ensembles militaires se joignent à ceux qui me font confiance, et prochainement, les premiers sousaphones carbone entreront en service.
Et puis il y a eu Selmer.
Je ne peux pas parler de ces dix années sans évoquer Henri Selmer Paris.
Être appelé par Selmer pour développer la Satchmo a été une étape majeure, une vraie reconnaissance.
C’est une chose de fabriquer des instruments dans son atelier, d’expérimenter, d’affiner chaque geste…
C’en est une autre d’être sollicité par une maison aussi emblématique, par ceux qui définissent les standards de la facture instrumentale française depuis des générations.
Travailler avec eux, être reconnu par mes pairs, a été une immense fierté.
Cela m’a poussé à aller encore plus loin dans l’exigence, la précision et l’innovation.
Les instruments “différents”
J’ai toujours voulu fabriquer des instruments un peu oubliés ou hors du commun.
C’est mon ami Patrick Wibart qui m’a commandé le tout premier instrument avant même la création officielle de l’atelier : le fameux Basson Russe.
Pour réaliser cet instrument, je n’aurais jamais pu y arriver sans Yannick Ducasse, qui m’a aidé bien avant l’existence de l’atelier et m’a accompagné dans des moments clés.
Et parmi les projets les plus inattendus :
le didgéridoo à clefs, commandé par Étienne Bonaud.
Après de nombreuses années d’attente, son rêve s’est enfin réalisé.
Nous ne sommes pas nombreux, en France ni dans le monde, à fabriquer des instruments de manière artisanale dans de petits ateliers.
Au fil des voyages et des rencontres, j’ai eu la chance d’être accueilli, conseillé et soutenu par d’autres artisans.
Le cœur du métier, ce sont aussi ces discussions passionnées qui m’animent depuis près de 17 ans.
Les collaborations actuelles
La collaboration actuelle et toujours en cours, est celle avec François et Guillaume Coste.
Ils m’ont demandé de fabriquer un sousaphone en carbone, ouvrant une nouvelle page dans mon travail.
C’est un projet ambitieux, en pleine évolution, que nous travaillons désormais à industrialiser.
Merci aussi à David Colin, avec qui nous passons des heures (voire des jours) à échanger sur les process et le carbone,
et à Cristian Bosc, qui nous fournit le bloc piston et participe ainsi à la réussite de ce projet.
Les stagiaires et apprentis
Au fil de ces dix années, l’atelier a accueilli des stagiaires, des apprentis et de jeunes passionnés.
Certains sont restés quelques jours, d’autres plusieurs mois, voire plusieurs années.
Leur présence m’a poussé à structurer et à formaliser des gestes que je faisais instinctivement.
Ils m’ont apporté autant que je leur ai transmis.
Merci à tous ceux qui ont choisi de découvrir la facture instrumentale en passant par ici.
La famille et les soutiens essentiels
J’ai un remerciement très particulier à adresser à la famille Mattler.
Élodie a eu la chance de grandir dans une famille formidable, et sans leur soutien et tout spécialement celui de Jean-Charles .L’atelier ne serait tout simplement pas ce qu’il est aujourd’hui.
Je ne peux pas nommer tout le monde, car vous êtes si nombreux à m’avoir aidé, soutenu, conseillé ou encouragé durant ces dix dernières années.
Mais je tenais ici à mettre en avant quelques-uns d’entre vous :
Laurent D, Loïc P, Popov, Alex, Nicolas (x2), Benjamin M, Thomas R, Jean-Christophe M, Stéphane G, Jake K, Stephan B…
Vous vous reconnaîtrez.
Sachez que je vous suis profondément reconnaissant.
Les dix prochaines années
Depuis dix ans, j’ai tout réinvesti dans l’entreprise : chaque euro, chaque minute, chaque seconde.
Ce rythme m’a construit… mais il m’a aussi usé.
Pour la décennie qui arrive, je veux travailler différemment :
• rationaliser la production, avec l’aide de mon ami Paul Corbin,
• répondre à la demande et tenter d’atteindre 50 instruments par an d’ici 2027,
• réduire la charge physique,
• structurer un vrai travail d’équipe, avec de futures embauches,
• et lancer la production de tampons pour clarinette et saxophone ,un projet commencé en 2023, qui n’attend qu’un peu de temps libre pour s’épanouir pleinement.
Je veux continuer à innover, créer, développer, mais dans une organisation plus solide, plus sereine, plus durable.
J’ai ajouté un album retraçant ces dix années : instruments, restauration, machines, collaborations, et quelques moments de vie dans l’atelier.
Conclusion
Merci à tous ceux qui m’ont accompagné, de près ou de loin.
Merci à tous les artistes avec qui je travaille et qui font rayonner ce que je fabrique :
Corentin, Jean, Patrick et Vianney du Quatuor Opus 333, Gabriel Capet, Roland Szentpáli, Fabrice Millischer, Victor Belinda Cowbooy….....
Merci pour votre confiance.
Et merci d’être là, dix ans après.
À dans 10 ans !!!