09/02/2025
“Aujourd’hui, j’aurais dû avoir quatre-vingt-quatorze ans”
Si la vie avait été clémente,
J’aurais eu une grande fête d’anniversaire aujourd’hui,
Avec du gâteau, des rires et de l’amour tout autour.
Deux merveilleux fils, une douce fille aussi,
Des petits-enfants à serrer et chérir.
J’aurais rencontré un homme grand et élégant,
Il aurait travaillé en ville.
Nous aurions vécu à la campagne,
Avec deux chiens, un chat, et du bonheur chez nous.
Margot, ma chère sœur,
Aurait vécu tout près,
Peut-être mère elle aussi,
Tandis que nos parents nous regarderaient avec fierté.
Nous aurions trinqué à la vie, à la santé, à l’amour.
Mais à la place, nous avons dormi sur des lits de bois dur,
Tremblant de faim et de froid.
Nous étions punis pour des raisons que nous ne pouvions comprendre,
Et il n’y avait pas de jouets, seulement la douleur.
Ma mère, s’affamant pour nous nourrir,
S’affaiblissait un peu plus chaque jour.
Le camp était rempli de maladies,
Et des rats vivaient là où nous étions.
Je rêvais de repas que je ne goûterais jamais—
Des pommes de terre, du pain, peut-être un peu de viande.
J’imaginais les accompagner d’un verre de vin,
Et d’une douceur, quelque chose de sucré.
Ma meilleure amie était dans un autre camp,
Son rire, un souvenir qui me donnait du courage.
Au moins, j’avais Margot à mes côtés,
Car la solitude était la pire des souffrances.
Puis vint le typhus, et nous sommes tombées malades.
Les médecins ne sont jamais venus, aucune aide n’est arrivée.
Margot est partie la première, puis ce fut mon tour.
Pour nous, la mort fut une délivrance.
J’espère que nos vies n’ont pas été vaines.
J’espère que le monde se souviendra—
La haine détruit tout.
Que mon journal soit une leçon.
À la mémoire d’Anne Frank (1929–1945).
Crédit au propriétaire légitime. Pour suppression ou édition, s’il vous plaît, contactez-nous en privé. Merci, beaucoup.