Les Fables d'Olonne

Les Fables d'Olonne Petite librairie généraliste idéalement placée face à la mer.

Rose Aries est venue à la librairie échanger avec les lectrices et les lecteurs à propos de ce que les îles font de nous...
19/07/2026

Rose Aries est venue à la librairie échanger avec les lectrices et les lecteurs à propos de ce que les îles font de nous tant dans nos imaginaires que dans nos souvenirs. Merci à elle d'avoir su établir ces liens qui ont séduit les voyageurs et les rêveurs qui sont venus nous rendre visite.

Samedi 18 juillet Dédicace de 11h à 13h et de 17h à 19h à la librairie.« Ce que les îles font de nous » Rose Aries (2000...
07/07/2026

Samedi 18 juillet Dédicace de 11h à 13h et de 17h à 19h à la librairie.
« Ce que les îles font de nous » Rose Aries (2000) Les corps conducteurs.
De tout temps, les îles ont suscité en nous des images qui avec le temps, n’ont eu de cesse de s’éloigner du réel ne produisant bientôt plus que des clichés sur lesquels nous pouvions accrocher nos rêves. Rose Aries, dans ce livre, remet les pendules à l’heure. Elle vient dissiper les fantasmes qui ont depuis longtemps masqué la réalité. Tant p*s pour ceux qui déjà s’imaginaient sous les tropiques en train de paresser sur une plage de sable blanc au coucher du soleil, sirotant un mojito. Rose vient dire aux lecteurs que les îles parce qu’elles imposent au voyageur de quitter la terre ferme, transforment celui-ci. Et puis parler de ce que les îles font de nous impose de parler du rapport singulier que chacun d’entre nous entretient avec elles.
Qu’est-ce qui peut pousser une femme, née en France à ressentir un jour le besoin de partir et lui fait choisir d’aller en Polynésie à l’autre bout du monde ? « Ce que les îles font de nous » est aussi une confession que Rose fait avec courage à ses lecteurs au détour d’une page. L’étude devient alors témoignage, une démarche qu’elle entreprend avec simplicité et pudeur sans exiger la moindre pitié de ses lecteurs. Elle nous confie son secret sans être victime pour étayer la force de sa démarche et la rendre d’autant plus profonde 'olonne

Un choix cornélien.« De l’autre côté de la rivière » Morgan TALTY (21.90 €) Albin MICHEL. Les traumatismes des peuples a...
29/06/2026

Un choix cornélien.
« De l’autre côté de la rivière » Morgan TALTY (21.90 €) Albin MICHEL.
Les traumatismes des peuples autochtones de l’Amérique du nord ont été évoqués très tôt par la littérature. Dès le début du XIXe siècle, François-René de CHÂTEAUBRIAND lui-même tente d’aborder le sujet dans « Atala » mais il écrit en tant qu’européen, n’utilisant les indigènes que pour étayer son propos. Le temps passant, les auteurs amérindiens se sont saisis du sujet pour le traiter au plus près d’une vérité historique qui leur fut longtemps refusée. Morgan TALTY, membre de la tribu Penobscot de l’état du Maine vient apporter sa pierre à l’édifice contribuant ainsi à donner une idée plus précise de la complexité du sujet et des zones d’ombre qui subsistent encore.
Charles MAMOSWAY vit dans l’état du Maine, il a eu une relation avec Mary qui est Penobscot et avec qui il a eu une fille, Elisabeth. Celle-ci ignore qu’il est son vrai père elle croit être la fille de Roger qui est issu de la même tribu et actuel compagnon de Mary, lui permettant ainsi de bénéficier des droits réservés aux autochtones. Malgré l’intention louable de Mary, personne ne se trouve heureux de ce choix cornélien. Mais le temps a passé et le secret reste comme enfoui dans le silence malgré les souffrances de chacun. Par ailleurs Louise, la mère de Charles sombre dans la sénilité (Alzheimer ?) quand lui-même flirte avec l’alcoolisme. Charles cherche désespérément comment briser le cercle sans faire trop dégâts mais est-ce seulement possible ?
On est évidemment bien loin de Pocahontas dans ce roman et on perçoit très vite le nœud gordien dans lequel, non seulement Charles mais presque tous les protagonistes du livre se trouvent piégés. TALTY, à la suite de ses pairs originaires d’autres tribus, vient exposer l’incompatibilité évidente de la société de consommation blanche occidentale avec les us et coutumes de communautés qui, avant l’arrivée des européens, avaient appris à vivre avec ce que proposait leur environnement et à vivre avec d’autres rapports sociaux. Une réflexion d’une évidente pertinence. A méditer. ’autrecôtédelarivière

Desperate housewives.« Comme au premier jour » Claire LOMBARDO (23.90 €) Rivages.Il est parfois des livres dont l’histoi...
21/06/2026

Desperate housewives.
« Comme au premier jour » Claire LOMBARDO (23.90 €) Rivages.
Il est parfois des livres dont l’histoire, les personnages et la structure paraissent tellement réussis non par leur complexité mais parce qu’il semble n’y rien manquer qu’on ne sait par quel bout commencer pour en faire l’analyse. Claire LOMBARDO, dont le premier roman, fruit de son apprentissage à l’atelier d’écriture Iowa Writer’s Workshop : « tout le bonheur du monde », avait déjà agréablement surpris de très nombreux lecteurs, rempile avec ce nouvel opus qui vient, si nécessaire, confirmer son talent.
Julia AMES est une jeune mère d’un milieu social éduqué qui vit de nos jours à Chicago. Son mari Mark est cadre dans une entreprise il a un bon salaire, elle est pour l’instant femme au foyer mais songe à reprendre son emploi à temps partiel dans une bibliothèque. Son fils, Ben, est inscrit à « sourires sereins » une école Montessori du quartier. Tout semble aller pour le mieux mais quelques failles semblent apparaître quand Julia fait la rencontre d’Helen RUSSO, une voisine un peu plus agée qui respire le bonheur et la générosité. Julia se met à douter et on comprend vite que des blessures d’enfance ne sont pas encore cicatrisées.
L’ensemble du roman se déroule sur deux périodes séparées d’une vingtaine d’années. C’est l’histoire d’une vie à la fois ordinaire et singulière. Tout d’abord celle des débuts du mariage de Julia et Mark ensuite celle où Ben, devenu adulte, vient annoncer à ses parents son intention de se marier, renvoyant bien sûr ceux-ci à la même période de leur vie. L’heure des bilans a sonnée. Ben a désormais une sœur qui va entrer à l’université et ses parents ont muris. Véritable coup de maître dans l’analyse des personnalités, de leurs vulnérabilités et de leurs complexités. Claire LOMBARDO fait preuve d’une grande finesse psychologique et d’une grande pertinence dans le déroulé de l’histoire au point qu’on ne peut s’empêcher de penser à une série télévisée dont on suivrait passionnément les ép*sodes semaine après semaine passant au scanner les angoisses et les névroses d’une héroïne qui tente d’échapper à la lourdeur de son héritage familial. On ne peut s’empêcher de penser également à « bien-être » de Natan HILL. Un livre passionnant dont on voudrait ne pas voir la fin.

Contre vents et marées.« Echoués sur le rivage » Sheila ARMSTRONG (19.90 €) Albin Michel.Chaque pays donne à sa littérat...
15/06/2026

Contre vents et marées.
« Echoués sur le rivage » Sheila ARMSTRONG (19.90 €) Albin Michel.
Chaque pays donne à sa littérature une identité qui lui est propre. Un auteur français s’essayant à la littérature américaine risque fort en dépit de son talent et de ses efforts de manquer de ce petit quelque chose qui en fait la spécificité. Ca n’enlève rien à la qualité potentielle du roman mais ça reste un roman dont l’identité est inconsciemment marquée par la culture de son auteur. C’est comme ça. Lorsqu’une jeune autrice irlandaise comme ici publie son premier roman elle écrit un roman qui porte tous les stigmates de ses origines mais qui s’en plaindrait ?
Un jour sur le rivage d’un village du nord-ouest de l’Irlande (où vit Sheila ARMSTRONG) alors qu’un phoque vient de s’y échouer, on trouve le cadavre d’un homme arrivé là on ne sait trop comment. En d’autres temps pas si lointains un navire désaffecté qui devait atteindre un port pour y être désarmé vient s’échouer là à cause d’une météo agitée. Qu’est-ce qui relie les deux évènements ? A priori rien si ce n’est que les protagonistes de l’un ont pu être témoins de l’autre. Il ne s’agit pourtant pas d’une énième énigme policière à résoudre mais d’un tableau du microcosme local et comment ces deux évènements vont servir de prétexte pour raconter ce qu’est ce petit village dans une région pauvre de l’Irlande dont le climat est parfois rude.
Sheila ARMSTRONG dont « échoués sur le rivage » est rappelons-le, le premier roman, choisit le mêler les époques dans une chronologie qui n’a rien de fantaisiste mais au contraire de permettre une mise en perspective d’une situation racontée de manière chorale par chacun des protagonistes. Elle procède à une galerie de portraits qui dresse un tableau plein d’humanisme et de poésie de ce petit coin d’Irlande qui semble déshérité de prime abord mais dont on ne peut s’empêcher de penser que son charme réside tout autant dans les femmes et les hommes qui y vivent que dans ses paysages. Un roman très irlandais d’une jeune autrice prometteuse. On en espère d’autres à venir.

Elle est aux antipodes.« La fille des vagues » Erin HORTLE (23.00 €) Dalva.Combien de fois avons-nous entendu la questio...
07/06/2026

Elle est aux antipodes.
« La fille des vagues » Erin HORTLE (23.00 €) Dalva.
Combien de fois avons-nous entendu la question : « Et celui-là, il est bien ? » à propos du deuxième livre d’un auteur dont on ne connaissait rien avant d’avoir lu et aimé son premier roman. La crainte de la déception pointait à travers le ton de la question doublé peut-être de celle de mal dépenser son argent. C’est une tendance qui s’est faite plus forte avec le temps : nombre de lecteurs ne veulent plus prendre le risque d’acheter un livre qui ne répond pas à leur attente. Ce besoin de certitude se fait bien souvent au détriment de la diversité. Que l’on se rassure, avec « La fille des vagues » Erin HORTLE, déjà autrice de « L’octopus et moi », relève le défi.
Neika grandit sur l’île de Bruny, au sud-est de la Tasmanie (Australie) avec son frère et son père. Celui-ci, après le décès de sa femme se découvre bi-sexuel et vit désormais avec Sean, son compagnon. La jeune fille grandit en pleine nature en pratiquant le surf été comme hiver car il y a des hivers en Tasmanie. Elle y découvre également les émotions d’une petite fille qui grandit, devient adolescente puis jeune femme. Au collège succède le lycée puis les études supérieures à Hobart puis à Melbourne. Elle y devient ornithologue et profite d’une mission sur les puffins à bec grêle pour revenir dans son île. De doutes en maladresses, d’aventures ratées en expériences réussies Neika va se construire entre le fantôme d’une mère disparue trop tôt, un père souvent absent et grâce à Sean qui contre toute attente sera le marqueur de stabilité le plus fiable, elle va se structurer sans jamais perdre de vue son attachement à son île et à la nature dans laquelle elle a grandi.
On ne peut s’empêcher de se demander au fur et à mesure de la lecture de « La fille des vagues » qu’elle est la part de fiction et la part d’autobiographie dans ce roman d’initiation d’une formidable originalité et d’une grande sensibilité dans lequel Erin HORTLE vient s’adresser à toutes les jeunes femmes comme pour les encourager à trouver leurs voies dans un monde où rien ne semble acquit d’avance. Un propos qui franchit la barrière du genre pour inviter chacun à aborder l’âge adulte la tête haute malgré les doutes. Coup de chapeau une fois encore à Valentine LEYS pour la qualité de sa traduction.

Se jeter à l’eau.« Aimer » Sarah CHICHE (22.50 €) Julliard.Il est parfois des livres qui viennent nous surprendre, nous ...
29/05/2026

Se jeter à l’eau.
« Aimer » Sarah CHICHE (22.50 €) Julliard.
Il est parfois des livres qui viennent nous surprendre, nous toucher sans prévenir. Alors on se demande si c’est nous seulement qui sommes touchés ou si l’émotion qu’ils portent est universelle. Tout ce qu’on sait c’est que celui-ci on l’a ouvert et qu’on a commencé à lire et puis on a été happé par ce qu’il raconte et puis aussi, et surtout, par la manière dont c’est raconté et là on sait qu’il nous plaît et déjà on a envie de partager le bouquet d’émotions qui vient nous submerger. « Aimer» fait partie de ces livres et quand on y repense, ça n’arrive pas si souvent.
Margaux et Alexis sont deux enfants de milieux aisés qui vivent en Suisse. A première vue ils pourraient être des enfants dont le destin doré est tout tracé. Pourtant un jour au bord du lac Léman, Margaux se jette à l’eau, une tentative, maladroite, de su***de, peut-être un cri d’alarme. Alexis qui est à l’école avec elle est un enfant qui a du mal à nouer des liens avec ses camarades de classe. Un jour les parents de Margaux quittent la Suisse sans prévenir laissant dans le cœur d’Alexis une blessure silencieuse mais qui a du mal à cicatriser. Pourtant la vie continue et les enfants grandissent…
Sarah CHICHE imagine des personnages avec lesquels on ne peut s’empêcher d’entrer en empathie. On les suit, on les accompagne dans les méandres de leurs vies. On s’identifie à eux et on les aime. On lit haletant un récit qui ne faiblit pas et dont la fluidité stupéfait. On cherche un mot pour résumer ce qu’on lit et il survient dans la phrase suivante. Rien ne manque, le rythme, les mots, le propos, la fluidité et la pertinence. Le tout saupoudré d’une solide dose d’une simplicité qui n’est qu’apparente. On se dit que c’est comme ça que devraient être écrit bien d’autres livres pour attiser le désir de lire même chez les plus profanes des lecteurs. Mais, comme dit le proverbe : « Un tiens vaux mieux que deux tu l’auras » alors celui-ci on l’a en main, on ne le lâche pas… jusqu’à la dernière page.

Gigogne, tiroirs et mises en abyme.« Soixante-neuf tiroirs » Goran PETROVIC (10.95 €) Zulma poche.Une petite session de ...
24/05/2026

Gigogne, tiroirs et mises en abyme.
« Soixante-neuf tiroirs » Goran PETROVIC (10.95 €) Zulma poche.
Une petite session de rattrapage pour un roman réédité par Zulma en 2021. Mais comme dit la sagesse populaire : « mieux vaut t**d que jamais. »
Une fois encore un roman qui ne se livre pas sans lutter. On ne sait pas si ça tient au fait qu’il est traduit du serbe ou si l’auteur, en dépit de ses origines et de sa culture balkanique s’en était affranchi pour choisir ce mode narratif. On reste de prime abord un peu perplexe devant les circonvolutions du récit. Le présent laisse place au passé, le réel devient imaginaire et le rêve se fait réalité. Les contours sont esquissés, parfois visibles parfois effacés. Néanmoins Goran PETROVIC tisse une trame sur laquelle viennent s’accrocher les éléments qui feront l’ossature de son livre. Un roman à la fois poétique et original plein de sensibilité.
Juste après la première guerre mondiale, un jeune serbe revient au pays après avoir vécu plusieurs années en France, le conflit mondial l’ayant tenu éloigné de chez lui jusqu’au retour de la paix. Il découvre qu’il est doué d’un talent tout à fait particulier. En effet s’il lit un texte en même temps qu’une autre personne il peut littéralement vivre avec elle ce qui y est décrit. Son chemin l’amène à croiser à Belgrade la route d’une jeune française qui séjourne là avec son père et une entremetteuse qui s’est faite fort de lui faire faire un beau mariage. Les deux jeunes gens usent de ce subterfuge pour se rapprocher dans une sorte de télépathie littéraire et échapper ainsi au pesant chaperon qui ne quitte pour ainsi dire pas la jeune fille des yeux.
Roman aux accents indéniablement slaves néanmoins, « Soixante-neuf tiroirs » n’est pas un livre qui se limite à une simple histoire un peu surnaturelle pour faire rêver l’enfant qui, espérons-le, sommeille encore en chacun de nous. C’est également une prouesse stylistique qui invite chaque lecteur (trice) à lire avec attention ne serait-ce que pour, à travers cette lecture, « entrer en communication » avec d’autres personnes autour du livre. Au fond, un des buts de la littérature n’est-il pas de créer du lien entre les êtres qui partagent à la fois les émotions d’un livre, voire le livre lui-même. Une apologie du partage et du lien par le livre. Peut-on rêver plus belle parabole pour un libraire ?

Le saigneur soit avec nous.« La lumière et les ténèbres » Bret Anthony JOHNSTON. (22.90 €) Albin Michel.Le siège de Waco...
18/05/2026

Le saigneur soit avec nous.
« La lumière et les ténèbres » Bret Anthony JOHNSTON. (22.90 €) Albin Michel.
Le siège de Waco au Texas est resté dans nos mémoires, en particulier parce que sa fin tragique fut la plus meurtrière ordonnée par le gouvernement des Etats-Unis contre des citoyens américains depuis la guerre de sécession. C’est dans cette ville qu’en 1993, une secte, les Davidiens, et son gourou David KORESH, s’étaient retranchés dans leur résidence alors que la police soupçonnait KORESH d’y pratiquer la polygamie et la pédophilie. L’assaut fut donné provoquant la mort de 86 personnes laissant de nombreuses questions sans réponses. C’est à partir de ce drame que Bret Anthony JOHNSTON a imaginé son roman. Et quel roman !
Roy est un adolescent qui vit à Waco avec sa mère infirmière et son père le sheriff. Mason son frère est parti avec les marines combattre en Irak. Jaye, adolescente elle aussi, vit en Californie avec son père et sa mère. Un jour cette dernière rencontre un certain Perry CULLEN qui arrive du Texas. La jeune femme est littéralement envoutée par CULLEN qui l’invite à rejoindre la communauté spirituelle qu’il a fondé à Waco. La jeune femme, dont le couple bat un peu de l’aile, se laisse convaincre et quitte son mari pour partir au Texas en embarquant sa fille. L’arrivée est moins paradisiaque qu’annoncée mais la jeune femme s’obstine quand Jaye reste beaucoup plus réservée. Derrière la personnalité affable de Perry CULLEN se cache un tyran qui finance sa secte en vendant des armes ce qui finit, même au Texas, par inquiéter le sheriff alors qu’au lycée Roy et Jaye ont fait connaissance et noué une idylle en dépit de leur jeune âge.
« La lumière et les ténèbres » est construit comme un roman choral dont on connait la fin. Les personnages sont le fruit de l’imagination de l’auteur qui a également changé le nom du « guide spirituel ». Le défi de Bret Anthony JOHNSTON aura été de faire monter la tension de façon régulière et implacable. Il sera parvenu à une véritable prouesse de construction en maintenant la tension constante et progressive de son récit jusqu’à sa conclusion qui, contre toute attente, parviendra à surprendre en venant toucher au cœur chaque lectrice et lecteur. On reste encore ému au moment de refermer le livre. Bravo !
d'amerique lumiere et les tenebres

Tours et détours au Brésil colonial.« A Palmarès » Gayl JONES (24.50 €) Dalva.Certains livres, plus que d’autres, demand...
27/04/2026

Tours et détours au Brésil colonial.
« A Palmarès » Gayl JONES (24.50 €) Dalva.
Certains livres, plus que d’autres, demandent voire exigent plus de concentration. La lecture en est moins rapide parce qu’elle demande plus d’attention. Elle peut-être moins légère mais ne nous y trompons pas, au-delà de la densité du sujet c’est la manière choisie par l’écrivain(e) qui en fait la force. Se soumettre à l’effort c’est s’offrir la chance de découvrir une autre littérature. Combien de lecteurs (trices) seraient passés à côté de chefs-d’œuvre devenus des classiques s’ils n’avaient décidé de pousser un peu plus fort la porte d’un livre qui résiste un peu ? Que dire également du dernier prix Goncourt si on s’en était tenu à ça. Bref il faut parfois savoir se remonter les manches pour récolter le fruit de l’effort.
Almeyda, une petite fille d’esclave noire vit dans le Brésil colonial du XVIIe et XVIIIe siècle. Elle grandit entre sa mère et sa grand-mère, et comme ses ainées, elle est soumise à l’autorité des colons. Un jour sa mère est vendue à un autre maître sans qu’il soit tenu compte de la douleur imposée à l’enfant qui grandit d’abord auprès de sa grand-mère. Les années passent Almeyda devient une jeune femme qui entend parler d’un lieu mythique caché au cœur de la forêt tropicale où se seraient réfugiés les esclaves marrons ainsi qu’on nomme ceux qui se sont évadés : Palmarès. Elle-même s’enfuit un jour, s’y retrouve libre et se marie. Jusqu’à ce que les colons, prétendant reprendre leurs esclaves, organisent une expédition punitive. Almeyda se sauve mais perd la trace de son mari. Elle n’aura dès lors de cesse de le retrouver. Commence alors pour elle une quête sans fin.
De prime abord on se perd un peu dans les multiples niveaux de narration que superpose Gayl JONES. Elle vient ajouter par-dessus l’histoire de la jeune esclave des distorsions temporelles et géographiques sur lesquelles vient s’ajouter ce qui résulte autant de la magie que de l’apprentissage de la médecine par les plantes qui éveille des soupçons chez les personnes qu’elle rencontre. Les colons portugais, hollandais ou français se mêlent aux esclaves noirs et aux autochtones. Les cultures se croisent et parfois s’entrechoquent. Les circonvolutions du récit de Gayl JONES se mêlent dans l’esprit du lecteur et l’invitent à en démêler l’écheveau pour percevoir la trame dans laquelle se croisent tous les éléments qui constituent le Brésil de l’époque. Une fresque exotique envoutante. On comprend que Toni MORRISON ait choisi de la prendre sous son aile.

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