26/07/2026
Le collectif Juillet 1961 nous apprend une bien triste nouvelle ce soir....
C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de M. Hocine Tahar.
Aujourd’hui, le Collectif Juillet 1961 perd bien plus qu’un témoin. Nous perdons un homme qui nous a accordé sa confiance, qui nous a ouvert les portes de ses établissements et qui a accepté de partager son histoire afin qu’elle ne tombe jamais dans l’oubli.
M. Hocine Tahar laisse une empreinte profonde à Metz, par ce qu’il a construit comme par ce qu’il a transmis.
Avec son épouse, il a consacré sa vie à l’hôtellerie et à la restauration. Dans leurs premiers établissements, ils ont accueilli de nombreux travailleurs algériens venus s’installer et travailler à Metz. Au fil des années, à force de travail, de persévérance et d'exigence, ils ont développé leurs activités jusqu’à faire de La Baraka et de l’Hôtel de la Cathédrale, au pied de la cathédrale Saint-Étienne, deux lieux emblématiques du cœur historique de la ville.
M. Hocine était un bâtisseur. Son épouse, passionnée de décoration, avait le souci du détail et un goût certain pour embellir leurs établissements. Ensemble, ils formaient un couple profondément attaché à Metz. Rénovation après rénovation, ils ont contribué à mettre en valeur le patrimoine messin et à faire de leurs établissements des adresses appréciées des habitants comme des visiteurs.
M. Hocine a aussi accepté de transmettre la mémoire d'une vie : celle d’un homme arrivé d’Algérie pour s'installer à Metz, mais aussi celle de toute une génération. Sa vie a inspiré le livre de Danièle Vogler, Tu l’as gravi, ton Djurdjura, publié aux Éditions des Paraiges.
Son témoignage et nos nombreux échanges ont été précieux pour les recherches de l’historien Lucas Hardt comme pour les travaux du Collectif Juillet 1961. Sans lui, un pan entier de l’histoire de Metz serait resté dans l’ombre.
M. Hocine nous a toujours accueillis avec une immense bienveillance. Il répondait présent chaque fois que nous avions besoin de lui et suivait notre travail de mémoire avec une attention particulière. Son soutien, sa disponibilité et sa sincérité ont énormément compté pour notre association.
Pour beaucoup d’Algériens de Metz, il représentait un repère. Un homme discret, profondément humain, respecté pour son travail et son amour de cette ville qu’il avait choisie.
Aujourd’hui, cette histoire familiale se poursuit à travers les siens, auxquels nous adressons toute notre affection.
Nous présentons nos plus sincères condoléances à son épouse, à ses enfants, à sa famille ainsi qu’à l’ensemble de ses proches.
Merci, M. Hocine, pour votre accueil, vos histoires et votre mémoire. Vous laissez une trace durable à Metz. Nous ne vous oublierons pas.
Le Républicain Lorrain Metz
https://www.republicain-lorrain.fr/economie/2026/03/28/guerre-d-algerie-expropriations-tahar-hocine-raconte-la-longue-histoire-de-la-baraka