26/01/2026
Jean-Jacques Hocquard nous a quittés.
Le collectif du Café-Librairie Michèle Firk a la tristesse de vous annoncer que Jean-Jacques Hocquard nous a quittés dans la nuit du 21 au 22 janvier 2026, chez lui, en Bretagne, où il séjournait de plus en plus longuement entre deux allers-retours à la Parole Errante et ailleurs.
Ses obsèques auront lieu au cimetière du Père Lachaise, jeudi 29 janvier à 15h30, sous la coupole. Nous invitons tous ceux et celles qui l’ont connu à venir lui rendre un dernier hommage.
Sa disparition nous attriste profondément : Jean-Jacques Hocquard, acteur central de toute l’histoire de la Parole Errante, était un compagnon de route précieux. Depuis toujours et pendant toute l’année 2025 consacrée au centenaire de la naissance d’Armand Gatti, Jean-Jacques n’a cessé d’œuvrer à la construction de rencontres improbables, de récits, d’histoires, de recherches avec et autour d’Armand Gatti. La veille de sa disparition, Jean-Jacques revenait tout juste de Saint-Nazaire. Il venait d’y participer à une série d’événements pour le cinquantenaire de l’expérience de création collective, "Ces canards sauvages qui volaient contre le vent", qui portait sur la dissidence et l’internement psychiatrique des opposants politiques en URSS. Si nous n’étions pas à Saint-Nazaire, l’été 2015 avait eu lieu un évènement entre théâtre, histoire et politique, à l’invitation de Jean-Jacques et Stéphane Gatti. Plusieurs membres du café-librairie avaient pris part à la mise en scène du "Cheval qui se su***de par le feu", une pièce d’Armand Gatti écrite en hommage à Léonid Pliouchtch invité à Saint-Nazaire par Jean-Jacques et Gatti en 1976.
La disparition de Jean-Jacques Hocquard survient peu après celle de Stéphane Gatti, en mai 2025. Ces disparitions laissent aujourd’hui un vide dans une grande part du lieu qu’est la Parole Errante.
Ce sont Stéphane Gatti et Jean-Jacques Hocquard qui, en 2012, avaient accueilli avec enthousiasme les débuts du café-librairie Michèle Firk dans ce local sur rue de la Parole Errante que nous occupons encore aujourd’hui. C’est depuis cet accueil en 2012 que nous sommes là et que nous avons pu faire exister cet espace. C’est Jean-Jacques qui a tenu pendant des années dans un grand cahier de papier l’agenda des lieux. C’est avec lui, bien avant 2012, que toutes les initiatives accueillies dans la grande salle et les autres espaces discutaient leurs projets, leurs demandes de dates, leurs activités. Jean-Jacques mettait depuis des années en œuvre une forme d’accueil inconditionnel, où ni l’argent, ni la reconnaissance institutionnelle ne constituaient une barrière.
C’est pour cet accueil et cette écoute qu’en 2015 et depuis (à la fin du bail entre le Conseil Départemental, propriétaire des lieux, et la Parole Errante) nous nous battons, pour maintenir, prolonger et construire des suites à ce lieu.
Nous pouvons le redire encore, nous avons besoin de lieux pour habiter le monde, « des lieux multiples, ouverts à toutes sortes de réalités pour qu’elles puissent se rencontrer, qu’il soit simple d’y passer la porte peu importe qui l’on est ou d’où l’on vient » (tract de défense des suites de la Parole Errante de 2015). Aujourd’hui, l’inverse est tout aussi vrai : nous avons besoin de mondes pour habiter les lieux.
Avec le départ de Jean-Jacques Hocquard et Stéphane Gatti, l’exigence de continuer à faire vivre ce lieu persiste – du café-librairie à la maison des écritures en passant par les multiples initiatives accueillies chaque année.
Leur absence laisse une grande tristesse en héritage. Ceux et celles qui ne sont plus manquent, il nous reste des souvenirs et les mondes qu’ils ont participé à faire exister.ece