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Saxifrages, Narcisses et Hêtre.
30/05/2026

Saxifrages, Narcisses et Hêtre.

25/05/2026
Je vous ai déjà parlé de Frédéric Paulin, cet auteur génial de l’incroyable trilogie libanaise, parue chez Agullo, où il...
20/05/2026

Je vous ai déjà parlé de Frédéric Paulin, cet auteur génial de l’incroyable trilogie libanaise, parue chez Agullo, où il nous raconte le drame de ce pays depuis les années soixante-dix au travers d’un polar sombre et hyper réaliste mêlant espions, barbouzes et politiques. Une leçon d’histoire.

Ici, avec « Le sang des bêtes », Paulin nous plonge encore dans des milieux obscurs, loin de l’imagination des honnêtes gens, le monde des antispécistes et des lobbies de la viande, avec autours les flics et les hommes de main.

C’est un livre sur la radicalité à propos d’un thème hautement inflammable : la maltraitance des animaux d’élevage. Les protagoniste sont presque tous radicalisés, qu’il s’agisse du chef d’un groupuscule antispéciste ou du patron d’abattoirs industriels. Et quand ce n’est pas un besoin vital de défendre une conviction ou l’amour de l’argent qui radicalise, il se peut que ce soit l’amour…

Cet auteur, c’est sûr, « aime les cadrages serrés sur les regards des cow-boys qui vont dégainer, il aime la vengeance du bon qui est souvent plus corrompu que certains méchants qu’il pourchasse, il aime les frontières trop floues entre le bien et le mal ». Fait il dire à l’un de ses personnages…

Il faut dire que dans cette galerie d’anti-héros, il n’est pas évident de dire qui est du bon ou du mauvais côté de la morale. Une chose est sûre, ils sont tous violents et perdus et Paulin sait nous les rendre terriblement humains.

Il me semble que ce roman n’a pas vocation à jeter de l’huile sur le feu mais au contraire à comprendre que la radicalité projetant les gens les uns contre les autres n’est qu’une impasse.

Frédéric Paulin « Le sang des bêtes », La Manuf, 247 pages, 14 euros. Initialement publié en 2017 sous le titre « La peste soit des mangeurs de viande ».  






À faire, vol en montgolfière. C'est de la physique poétique !
19/05/2026

À faire, vol en montgolfière. C'est de la physique poétique !


Lire une bande-dessinée fantastique, c’est bien. Mais lire une bande-dessinée fantastique qui se déroule sur votre terri...
04/05/2026

Lire une bande-dessinée fantastique, c’est bien. Mais lire une bande-dessinée fantastique qui se déroule sur votre territoire, dans vos villages, c’est mieux ! Alors, si l’histoire relate des faits réels, après, la lecture, vous refermez l’ouvrage et silencieusement vous appréhendez votre environnement d’une manière un peu différente…

Pourtant l’histoire de « Les griffes du Gévaudan », on la connaît. Ou plutôt, on ne la connaît pas. C’est même ce qui fait son charme. On doute, on cherche, chacun ayant sa théorie. Mais, il ne faudrait pas oublier que les morts sont bien réels… Toute l’Europe en parlait, au grand désespoir de Louis XV.

Plus de deux siècles et demi après les faits, on en fait encore des films, des romans, des essais et des bandes-dessinées. Il faut dire que tout y est dans cette histoire. Le drame, le complot, le mystère, le pouvoir, la férocité, le tout dans une campagne reculée. Pourtant, je lis des histoires mais celle-là est particulièrement propice à l’imagination. Broder autour doit être un plaisir. Un humain, une vengeance, une hyène dressée, un loup anthropophage, plusieurs loups, une défiance envers le pouvoir royal… et quel rôle jouait la religion souvent obscurantiste de l’époque ?

Sylvain Runberg et Jean-Charles Poupard, se sont emparés de ce mystère avec brio. Le scénario et le dessin sont à la hauteur de l’enjeu. C’est fluide, dynamique et leur histoire s’inscrit dans une réalité documentée. Évidemment, cela reste une œuvre littéraire dont l’objet est le divertissement et le dénouement est plus spectaculaire que les théories universitaires. Mais pour autant, les lieux, la chronologie et la plupart des personnages sont bel et bien authentiques.

La bande-dessinée parfaite pour faire s’intéresser à l’histoire locale vos adolescents ronchonchons et divertir toute la famille jusqu’aux grands-parents.

S. Runberg et J-C. Poupard « Les griffes du Gévaudan. Tome 2 », Glénat, Mars 2026, 64 pages, 16 euros

jeancharles

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De plus en plus de romans sont dits post-apocalyptiques. Comme si celle-ci, la fin du monde, ne faisait plus aucun doute...
19/04/2026

De plus en plus de romans sont dits post-apocalyptiques. Comme si celle-ci, la fin du monde, ne faisait plus aucun doute. On ne l’attend plus… On la voit. On nous explique que c’est pour la sécurité des pays, pour libérer des peuples, que c’est un mal pour un bien. Pourtant, il semble assez clair que des petits bonhommes, âgés et riches répondent à leurs plus bas instincts guerriers pour satisfaire des crapules encore plus riches mais certainement plus calculatrices. Tout cela devrait mal finir. Alors, tôt ou t**d, il faudra recommencer, depuis zéro, autrement, avec la nature et sans les hommes complexés.

Dans « L’orage qui vient », Louise Mey nous raconte une histoire de l’après « rétractation », quand tout a fini de s’effondrer. Dans un hameau reculé, les femmes sont à la manœuvre. Elles décident et travaillent ensemble. Les adultes se souviennent de l’avant et veillent. Elles commercent avec l’extérieur. Juste ce qu’il faut. Elles sont raisonnables, mais oublient peut-être de suivre leur instinct… Parmi elles, la jeune Mila qui vit avec sa mère, a tous les sens en éveil. Elle voit, elle sent et elle comprend que le jeune homme qui arrive dans le village, malgré ses air de blanc mouton peut représenter un danger.

Avec ce roman initialement classé « jeunes adultes », Louise Mey nous raconte la force des femmes et leur puissance collective. Elles tresse aussi un portrait métaphorique de la fougue de l’adolescence qui peut parfois s’avérer bien utile.

Voilà une histoire féministe, qui navigue entre les genres, du fantastique au polar en passant par le roman d’apprentissage. C’est prenant, bien écrit, facile à lire, avec des personnages attachants, qui ont des choses à dire. Un vrai plaisir pour toutes les générations.





Persistance rétinienne d'éruption volcanique.
19/04/2026

Persistance rétinienne d'éruption volcanique.

05/04/2026

Je n’irai certainement jamais visiter les îles Féroé. Pourtant, je vous assure, j’ai l’impression d’y avoir passé quelqu...
13/03/2026

Je n’irai certainement jamais visiter les îles Féroé. Pourtant, je vous assure, j’ai l’impression d’y avoir passé quelques soirées, grâce à un livre : "L'enfant du vent des Féroé » d’Aurélien Gautherie. Voilà résumé le grand pouvoir de la littérature.

En 1902, une petite fille, Anna, vient au monde dans un petit village côtier. Mais comme le redoutait Olga, sa mère, rien ne va avec cette enfant apathique. Elle le sentait, le savait même que cette grossesse ne se passait pas normalement, ne l’emplissait pas de joie. Alors face à cette enfant, elle est rongée par la culpabilité.

Jonas, le père est envahi d’amour pour cette petite fille, malgré tout. Il se sent responsable d’elle et parvient à ressentir les signaux envoyés par sa fille.

Témoins de ce drame, quelques objets de cette maison de pêcheur nous le racontent. Un bonnet pour bébé, tricoté avec amour, porté, puis vénéré par un père a tant à raconter, d’énergie reçu et à transmettre…

Dans une langue subtile et profondément émouvante, l’auteur nous raconte comment chaque personnage réagit quand l’amour, la culpabilité et la haine se mêlent. C’est un livre dur et pourtant si souvent lumineux.

Et puis parfois, le vent s’en mêle lors de passages très émouvants. Ce vent qui passe sur le visage des hommes et qui pourtant sèche difficilement nos larmes.

Les éditions Notabilia ont admirablement servi ce texte avec un livre sublime. Combien de fois ai-je regardé cette couverture, contemplatif, intégrant les mots que je venais de lire.

Pour ceux, prêts à recevoir des émotions fortes, à la recherche d’une belle écriture au service d’une histoire poignante, au cœur de paysages puissants, volcaniques, fouettés par le ressac.

Aurélien Gautherie « L’enfant du vent des Féroé », éditions Notabilia, janvier 2026, 181 pages, 20 euros.  

Le métier d’éleveur a changé depuis les années quatre-vingts. Factuellement. La taille des troupeaux, les surfaces, le m...
05/03/2026

Le métier d’éleveur a changé depuis les années quatre-vingts. Factuellement. La taille des troupeaux, les surfaces, le matériel, les bâtiments, le travail administratif… Pourtant, pour faire un brout**d, il faut toujours du soleil et de la pluie, de la chaleur, clôturer, donner matin et soir, surveiller, faire vêler et tant d’autres facteurs et soins.

Alors, quand le métier est plus teinté par les changements que par l’immuable, quand la taille du tracteur, la notation du bétail, et le total des aides prend le pas sur le rythme des saisons, la douceur des bêtes, et la satisfaction du travail bien fait, ceux qui se souviennent sont tentés d’abdiquer.

Nanoucha Van Moerkerkenland nous raconte dans « Honoré » la vie de cet éleveur. Et c’est vrai, qu’il y a à dire, que le métier a changé depuis qu’Honoré a commencé.

Maintenant seul, sans sa femme et sa fille chéries, sans ses bêtes, il regarde cette terre particulière : l’Aubrac.

Ce n’est pas un paysan misérable. Il est encore debout, malgré tout, avec son chien, au milieu de ce royaume qu’il regarde différemment. De ce royaume qui l’observe également.

Dans un langue très poétique, l’autrice nous raconte ce plateau, ses hommes et ses bêtes, sauvages et domestiques, ce travail qui nourrit les ventres et l’esprit, ce travail ancestral.

Le texte est aussi très juste, authentique, renseigné avec quelques vérités souvent bonnes à taire.

Rarement j’ai lu un roman aussi fort sur notre Aubrac. Ce n’est pas un roman estival, d’un Aubrac de carte postale, d’aligot et de fêtes de famille. C’est un livre rugueux et poétique pour un territoire âpre, spirituel, généreux et violent.

Pour ceux qui veulent lire sur ce territoire d’en-haut un texte à la hauteur.

Nanoucha Van Moerkerkenland « Honoré », Le cherche midi, février 2026, 170 pages, 18,50 euros

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