04/09/2026
Au commencement un meurtre. Celui d’un vieillard, commis par un homme dont on sait le nom mais pas le passé, il va falloir enquêter, mais réduire ce roman à une enquête policière est bien trop facile, car au fil de la lecture se tisse une toile qui mêle l’histoire de l’Amérique latine du XXe siècle – avec ses dictatures et l’ingérence états-unienne – à celle de l’Europe – la dictature allemande ou la guerre yougoslave. À cela on peut ajouter l’art ; il y est question de cinéma et de littérature (nous sommes après tout sur le continent de Borges), il nous montre la force de l’imagination et l’importance de la fiction (quand on nous narre une histoire, celle-ci réapparaît plus loin, un lien se fait, puis un autre) et peut-être aussi que ce livre nous parle de la folie et d’une quête identitaire, de méta-littérature et de filiation, et de bien d’autres choses encore. Les pièces du puzzle s’imbriquent au fur et à mesure dans ce livre étonnant et foisonnant, les frontières entre le réel et le fictif se brouillent, pour aboutir à ce livre fou et captivant.