04/07/2026
"La voici enfin, la source de la Seine. Récompense du voyage, nous éprouvons à la contempler une joie proportionnée à nos fatigues. (...) Chacun de nous à son tour est le Christophe Colomb de quelque Terra ignota".
A la suite de l'écrivain voyageur Louis Barron (La Seine, ed. Henri Laurens, 1889), c'est à travers un vague chemin esquissé dans la forêt que nous avons débouché aux sources de la Seine, à quelque 300 km à l'est de Paris.
Découvrant l'urbex rural, nous avions tenté de suivre cette portion du GR2 qui semblait nous mener tout droit à Sequana, mais la déesse guérisseuse n'est pas femme à se laisser approcher facilement.
Finalement le voici, ce 21e arrondissement de Paris, cet hectare de terre bourguignonne acquis par Haussmann pour relier la Ville à ses origines fluviales. La bande au Baron, Davioud, Alphand et Balt**d (y ont-ils jamais mis les pieds ?) y construisit un parc, à l'anglaise, inauguré en 1867 et décoré d'une grotte artificielle en rocaille d'où l'on découvre, en son centre, la déesse Sequana alanguie, une grappe de raisin à la main (on est en Bourgogne, oui ou non?).
La configuration initiale du jardin a été depuis assez largement modifiée, le site faisant l'objet de fouilles archéologiques depuis 1836, date à laquelle on découvrit un sanctuaire guérisseur dédié à Sequana sur son emplacement.
L'incroyable musée archéologique de Dijon conserve des centaines d'offrandes à Sequana en bronze, pierre et bois, datant pour les plus anciens du 1er siècle de notre ère.