09/05/2022
La Wicca est une religion basée sur la nature et l'esprit de soi-même.
est quelquefois reconnue comme une religion, quelquefois davantage comme une philosophie. Elle inclut des éléments qu'on peut trouver dans nombre de croyances telles que le chamanisme, le druidisme, et les mythologies gréco-romaine, slave, celtique et nordique. Ses adeptes, les wiccans, prônent le culte de la nature, qu'ils dénomment «l'Ancienne Religion».
Sens du terme
Le terme wicca au XXe siècle, qui affirmait qu'il voulait dire «sorcellerie» en vieil anglais. En réalité, sorcellerie en anglais ancien se dit wiccacræft (d'où le terme actuel witchcraft et wicca est le masculin de sorcier (le féminin étant wicce et le pluriel wiccan). Ces mots dérivent du verbe wiccian qui veut dire ensorceler, pratiquer la magie.
Pour Gardner, wicca avait à l'origine le sens d'«art des sages». Sa thèse fut soutenue par l'ethnologue Margaret Murray qui écrivit le chapitre sur la sorcellerie dans l'édition de 1957 de l'Encyclopædia Britannica, où elle précise : «La signification du terme sorcière (witch) est liée à celle du mot savoir (wit)». Elle peut être renforcée par l'analyse du mot wizard (étymologiquement «celui qui sait»), qui veut dire lui aussi le sorcier et qui tire son origine du bas anglais wys/wis qui veut dire «le sage», à rapprocher de «wise», qui veut dire «sage». On constate, qui plus est , des similitudes avec la langue allemande, «wissen» signifiant «savoir».
D'autres étymologies concurrentes sont cependant apparues. Robert Graves dans La Déesse blanche, traitant du saule, un arbre qui dans la Grèce antique était dédié à Hécate écrit : «Ses liens avec les sorcières sont si forts dans l'Europe du Nord que les termes sorcière (witch) et criminel (wicked) dérivent du mot utilisé pour nommer le saule (wicker).» Margot Adler dans Drawing Down the Moon rattache wicca à l'indo-européen wic/weik dont la signification recouvre les sens de soumettre et de changer. Elle estime par conséquent qu'une «sorcière aurait été une femme habile à imaginer, à soumettre ainsi qu'à changer la réalité».
La Wicca s'inscrit dans la mouvance européenne du néopaganisme de la première moitié du XXe siècle. Elle consiste en un syncrétisme popularisé par le britannique Gérald Gardner dans deux livres : Witchcraft Today, publié en 1954 et The Meaning of Witchcraft en 1959. Le Livre des Ombres, ouvrage de référence de la Wicca gardnérienne fut écrit à l'origine par Gérald Gardner (certains suggèrent aussi une collaboration rétribuée d'Aleister Crowley, le célèbre occultiste fondateur de la philosophie Thélémite), il fut partiellement réécrit par Doreen Valiente (née le 4 janvier 1922 dans le Mitcham dans le nord de Londres, sous le nom de Doreen Edith Dominy) selon certains auteurs à la demande de Gardner, selon d'autres de sa propre initiative après le décès de l'auteur d'origine. Chaque wiccan possède théoriquement son propre livre des ombres. Ce dernier récapitule les croyances et les rituels du lignage pour les traditions initiatiques. Chez les wiccans éclectiques, qui sont actuellement majoritaires, c'est un journal religieux écrit ou compilé par l'adepte lui-même pour son seul usage.
Évolution du mouvement
Initialement confinée à un cercle restreint, la Wicca s'est progressivement développée dans les pays anglo-saxons où elle forme la principale forme de néopaganisme. Diffusée par les milieux féministes américains dans le contexte général de la contreculture des années 70 elle s'est progressivement transformée et diversifiée, acquérant une dimension écologiste qu'elle n'avait pas au départ. Parallèlement aux structures initiatiques issues de la lignée de Gardner ou d'Alex Sanders, s'est créée une Wicca éclectique dont les membres pratiquent en dehors de toute initiation formelle. Leurs croyances et pratiques divergent énormément suivant les individus et la frontière entre la Wicca elle-même et les autres formes de néopaganisme sont fréquemment floues.
La diversité des pratiques, l'absence de structure centrale - et fréquemment de structure tout court - et la crainte des persécutions rendent le nombre des wiccans complexe à déterminer[1]. En 1990 l'étude NSRI avait estimé le nombre des wiccans aux États-Unis à 8 000. L'étude suivante ARIS, réalisée en 2001, en trouve 134 000 auxquels il faut ajouter une part significative des 140 000 américains se définissant comme païens[2]. L'enquète du Pew Forum, réalisée en 2008 place à à peu près 1, 2 millions le nombre d'Américains pratiquant des religions New Age. La majorité d'entre eux seraient wiccans ou fortement influencés par la Wicca. Ces chiffres sous-estiment certainement la taille réelle du mouvement, une part significative des wiccans pratiquant en secret par crainte des discriminations. Une évolution identique se constate dans l'ensemble des pays anglo-saxons. Les wiccans éclectiques sont , dans la totalité, beaucoup majoritaires même si leur domination est moins prononcée en Grande-Bretagne.
Le divin
La plupart des wiccans croient en une double déité représentée par une Grande déesse et un Dieu cornu reconnus comme des polarités complémentaires et l'incarnation des forces de la nature[3]. Les représentations divines sont multiples et variées, selon la culture prégnante du groupe, par exemple Ceridwenn et Cernunnos, Isis et Osiris, Odin et F***g, etc.
La Déesse mère : elle symboliserait l'énergie féminine, la nuit, la magie, l'eau, la terre, la fertilité, le chaudron, le pentagramme, la coupe, le miroir. Elle est associée à la lune, astre dominant dans la Wicca, ainsi qu'à ses quatre phases. Les wiccans parlent de la triple déesse dans le sens où des quatre phases de la lune, trois uniquement sont visibles :
La lune montante représenterait la jeune fille
La pleine lune : la mère
La lune décroissante : la vieille femme
La lune noire (nouvelle lune) : la mort
Un mythe attribuable tant à la tradition gardnérienne qu'alexandrienne qu'on peut trouver dans «Progressive Witchcraft» au chapitre 3, stipule que la déesse, possédant l'ensemble des connaissances (y compris celle de la mort) aurait séjourné dans le royaume de la mort de qui elle serait tombée amoureuse. La mort, de l'anglais «Death», ne donnant la possibilité pas d'identification de genre, est masculin dans ce mythe. Les wiccans l'attribuent par conséquent à une des manifestations du dieu cornu.
La nouvelle lune est rarement incluse dans les rites wiccans. Lors de la nouvelle lune, la déesse résiderait au royaume des ombres à des fins de régénération et les wiccans pratiquent à ce moment-là de la magie dite «passive» (méditation, voyance, etc. ).
Le Dieu père : il est associé au feu, à l'air, à la baguette, l'épée, l'athamé, les récoltes, la sexualité, le soleil. Fréquemment il est représenté avec des cornes, nommé le Cornu, même s'il n'y a aucun lien avec Satan ou toute autre représentation du diable. En réalité, le symbolisme des cornes rappellerait les cornes d'un cerf, ou autre animal, symbole de la nature en elle-même. Fréquemment associé à Cernunnos (Dieu Celte de l'abondance), aux divinités greco-romaines Faunus ou Pan.
Tel la Déesse, trois aspects principaux lui sont donnés :
Dieu Soleil/de la Moisson.
Dieu Chasseur/de la faune et la flore Sauvage.
Dieu de la Mort/renaissance.
Le dieu mâle peut aussi être double, tel le Roi du chêne (Oak King) et le Roi du houx (Holly King). Selon la mythologie païenne, deux fois par an : aux solstices d'été (Litha) et d'hiver (Yule), les deux dieux s'affronteraient : le roi du chêne amenant la lumière et la chaleur au solstice d'hiver, et le roi du houx le froid et la noirceur au solstice d'été. Les deux rois seraient reconnus comme des frères. Quoique semblant opposés, aucun des deux ne reflèterait le bien ou le mal, considérant que «trop, c'est comme pas assez» pour les effets de l'un et l'autre.
Ils croient que «Tout est Un» et que par conséquent le Divin est partout et en toutes choses. Tout doit par conséquent être honoré. Le Dieu et la Dèesse n'étant que des avatars, nous pouvons mettre n'importe quel Dieu sur le couple Divin (Vierge Marie, Jésus, Isis, Jupiter, etc. ).
La philosophie
Elle se résume à ce seul conseil, mention finale du credo wiccan :
Fais ce qu'il te plaît tant que cela ne nuit à personne. («An'ye Harm None Do what Ye Wilt» : «Si nul n'est lésé, fais ce que veux»)
Les wiccans s'appuient sur le principe de tolérance, sur le respect de la nature. La Wicca se revendique art de vivre en harmonie avec son environnement. C'est une religion sans dogmatisme, prônant le respect de l'autre ainsi qu'une démarche de partage avec ce dernier. D'autre part, les wiccans croient en l'existence de la magie, reconnue comme «énergie cosmique» présente en chacun de nous et en chaque objet.
Les croyances
Les croyances wiccanes sont multiples, polymorphes et peuvent fluctuer énormément selon les individus. On trouve néanmoins quelques thèmes dominants :
L'existence de polarité. La Wicca postule que notre monde et notre conscience universelle sont bipolaires (féminin / masculin) [4].
Les dieux païens invoqués lors des cérémonies wiccanes sont empruntés des différentes mythologies, il n'y a pas de panthéon wiccan. Selon eux ces différentes divinités seraient des aspects de la Déesse et du Dieu, eux-mêmes partie intégrante d'une réalité plus vaste et intangible qu'ils nomment l'Un, le Divin ou l'Incréé ou alors quelquefois l'Univers. Selon eux, l'humain lui même ferait partie de cette globalité.
La règle du triple retour certains wiccans croient au principe que toute cause à un effet que ce soit dans cette vie ou une autre (un peu comme le Karma ou le Wyrd.
La Magie naturelle dont l'expression ne semble pas faire consensus : elle s'effectuerait comme la modification des énergies subtiles. La magie peut aussi être dispensée par les entités divines.
Les symboles porteraient en eux une énergie proche des archétypes. Les wiccans dédient une énergie spéciale aux couleurs, pierres précieuses, herbes, encens, et par extension : potions, rituels, amulettes, etc.
Une énergie subtile provenant de mondes subtils : plan éthérique, astral, etc. Selon les théories wiccanes, le corps serait le siège de l'âme, corps subtil.
La croyance dans les éléments : le feu, l'eau, la terre, l'air, et l'esprit. Ces éléments sont ressentis comme ayant des propriétés mâles ou femelles, passives ou dominantes, positive ou négatives, etc.
La réincarnation : les wiccans croient en la réincarnation. Certains adoptent une mythologie druidique nordique ou autre (The Summerland (en) , Tír na nÓg, Sidh, Walhalla, etc. ) pour évoquer l'après mort. Ces lieux seraient des lieux de repos, avant de passer à une autre incarnation.
Les wiccans font quelquefois appel à des disciplines magiques et des techniques naturelles diverses comme :
Les rituels magiques.
L'invocation de divinités païennes.
La voyance.
La lithothérapie.
La phytothérapie.
Le Reiki.