20/09/2026
De Patan à l’Indonésie : sur la route de l’ikat
À Patan, dans le Gujarat, Laurent découvre la fabrication du célèbre Patola, l’un des textiles les plus précieux de l’Inde.
Sa particularité réside dans la technique extrêmement complexe du double ikat : les fils de chaîne et les fils de trame sont noués puis teints séparément, avant même le tissage. L’artisan doit ensuite les aligner avec une précision remarquable pour faire apparaître progressivement le décor sur le métier. Chaque décalage modifierait le motif.
Ces étoffes de Patan ont voyagé pendant des siècles par les anciennes routes maritimes reliant l’Inde à l’Asie du Sud-Est. Très recherchées en Indonésie, elles y étaient considérées comme des textiles prestigieux, parfois dotés d’une dimension cérémonielle ou protectrice. Leurs compositions géométriques et leurs couleurs ont aussi influencé plusieurs traditions textiles locales.
Le mot ikat vient d’ailleurs de l’indonésien mengikat, qui signifie « nouer » ou « attacher ». En Indonésie, la technique se rencontre notamment à Bali, Sumba, Flores, Timor ou Savu. Le double ikat demeure beaucoup plus rare : il est principalement représenté par le mystérieux Geringsing, tissé dans le village balinais de Tenganan.
Du Gujarat à l’archipel indonésien, un même fil relie ainsi les peuples, les savoir-faire et les cultures.
📍 Patan, Gujarat — voyage de Laurent en 2025