11/10/2026
Albert Camus et l’Algérie : au-delà des malentendus
Quelle fut réellement la position d’Albert Camus face à l’Algérie coloniale ? Entre engagements, contradictions et controverses, son rapport à son pays natal continue de nourrir les débats.
Dirigé par Catherine Brun, Christian Phéline et Agnès Spiquel, l’ouvrage collectif « Albert Camus et l’Algérie coloniale. Raisons et déraisons d’un malentendu » propose de revisiter cette histoire complexe, des premières prises de position de l’écrivain à la guerre d’Algérie, jusqu’aux débats contemporains.
En croisant les regards et en revenant aux textes, ce volume invite à dépasser les jugements tranchés pour mieux comprendre une pensée et une œuvre toujours discutées.
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📃 Extrait :
Infatigable femme de relation, Germaine Tillion semble connaître tout le monde. Elle vient de faire un long séjour en Algérie qu’elle prolongera durant l’année 1956. Le récit de cet événement manifeste qu’elle avait compris ce qui se jouait en Camus. Elle retient qu’il “vivait le malheur algérien comme une tragédie personnelle et ne pouvait en particulier se réjouir d’aucune mort quelle qu’elle soit”. Elle rappelle l’intention camusienne, “humblement, de demander aux deux armées d’épargner les civils”.
C’est à cette occasion qu’elle le rencontre pour la première fois en lui proposant de partager sa petite Peugeot grise. Elle confie à Todd, dans la version complète de l’interview qu’il lui consacre : “Les Pieds-noirs, ils voulaient tuer Camus ! Tout simplement. Et j’ai donc mis ma voiture à la disposition de Camus et nous avons bavardé un peu à ce moment-là, gentiment.”