06/09/2026
Ah oui, on sait, c'est rentrée littéraire, et on devrait parler des merveilles que l'on a pêchées - et que l'on continue à découvrir, et l'on en espère encore tant d'autres! - dans la vaste marée qu'elle engendre, les romans d'Ananda Devi, de Juan Gabriel Vazquez, de Polina Panassenko, de Celia Houdart, de Clémentine Mélois, Caroline Knecht, Céline Righi, Seila Pohara, Agnès Clancier, Luc Dagognet... Et d'ailleurs, pour peu qu'on en trouve le temps et les mots qu'il faut, oui, on en écrira! Et peut-être que l'on devrait aussi avouer, comme tant d'autres, sa perplexité devant l'interview qu'aurait accordé Antoine Volodine, plus que jamais héros de la littérature avec ses onzes textes publiés ensemble sous la signature d'Infernus Iohannes, à un vilain canard d'extrême-droite... Mais justement, justement, n'est-ce pas là encore un de ces mauvais signes de l'insidieuse porosité de la culture, du monde intellectuel et du journalisme, à l'influence fasciste, à ces mauvais courants d'air chargés des miasmes du pire ? Alors, là, oui, juste exposer les couvertures de deux parutions importantes, engageant à rester averti.e.s de cette évolution, grâce au travail d'Irène Bonnaud, ressuscitant la parole vibrante et efficce de Bertold Brecht (editions Divergences), grâce aussi à l'analyse fine et documentée de Sylvain Bourmeau (La Découverte, septembre 2026), montrant comment des médias et des politiques finissent, sans adhérer eux-mêmes à ses idées, par rendre l'expression de l'extrême-droite tolérable. Un encouragement aussi à lire ou relire "Le temps des salauds" de Hugues Jallon, avertissant du même phénomène... et qui date de la précédente rentrée littéraire! Il y a des textes dont la puissance dure autant que celle, hélas, de la réalité qu'ils décrivent...