23/08/2026
Aujourd’hui, c’est dimanche et donc l’atelier est fermé. Alors, pour une fois, j’avais envie de vous parler un peu de celui qui se trouve derrière la porte.
Je suis passionné de livres depuis aussi longtemps que je m’en souvienne. De carnets, évidemment. Mais plus largement de création, d’art et d’artisanat. J’aime les beaux objets, les matières, le papier, le tissu, les détails… et surtout cette idée assez incroyable de pouvoir fabriquer quelque chose de mes mains… alors si en plus ça peut finit ensuite chez quelqu’un d’autre.
Et pourtant, je dois bien vous l’avouer, j’ai encore beaucoup de mal à me considérer comme un « commerçant ».
Quand quelqu’un pousse la porte de l’Atelier Louwi, regarde mes créations, en choisit une et me dit qu’il va la prendre… il y a encore une petite partie de moi qui s’étonne.
« Vraiment ? Celle-là ? Celle que j’ai faite, moi ? »
Je crois que le syndrome de l’imposteur n’est jamais très loin. Il m’arrive encore de regarder ce que je fabrique en me disant que ce n’est pas assez bien. Que quelqu’un d’autre ferait certainement mieux. Que ça ne vaut peut-être pas grand-chose. Et puis vous entrez dans l’atelier. Vous prenez un carnet dans vos mains, vous le feuilletez, vous me dites qu’il est beau… et parfois vous repartez avec.
Et petit à petit, j’apprends à accepter l’idée que ce que je crée peut avoir de la valeur aux yeux de quelqu’un d’autre.
Ce qui est assez fou quand je pense qu’il y a encore quelques mois, tout ça n’était qu’une activité que je pratiquais sur mon temps libre 🤯
À cette époque, j’étais coincé dans une entreprise affreuse dans laquelle je n’étais plus heureux ni épanoui depuis longtemps et où j’ai naturellement fini par faire un burn-out. Je fabriquais mes livres et mes carnets à côté, quand j’en avais le temps et l’énergie. C’était un exutoire plus qu’autre chose.
Aujourd’hui, ma vie est tellement différente.
Le matin, je me lève en sachant que je vais rejoindre « mon atelier ».
Et je ne crois pas m’être encore complètement habitué à ces deux mots.
J’aime arriver devant la boutique, mettre la clé dans la serrure, ouvrir la porte, tirer les rideaux, allumer les lumières et me dire que, pendant quelques heures, cet endroit est ouvert à tous ceux qui auront envie de le découvrir.
C’est un vrai bonheur.
Un bonheur accompagné, évidemment, d’une bonne dose de stress. Parce que derrière la joie d’avoir créé tout ça, il y a aussi cette question qui revient parfois : est-ce que je réussirai vraiment à en vivre ?
Je n’en sais absolument rien (et ça me fait flipper j’avoue!). Mais pour la première fois depuis longtemps, j’ai profondément envie d’essayer.
Alors forcément, je ne suis pas encore le commerçant parfait 😇🤣
Je ne sais pas toujours quoi dire lorsque quelqu’un entre dans la boutique 🙃. Je me demande parfois si je dois vous laisser tranquillement regarder ou venir vous parler. Il m’arrive encore de trouver bizarre d’annoncer le montant total au moment de passer en caisse. Je ne sais absolument pas comment vous demander naturellement de laisser un avis sur Google sans avoir l’impression de vous embêter (d’ailleurs si c’est pas encore fait, n’hésitez pas !)
Et parfois, après votre départ, je regarde derrière moi et je réalise que j’ai encore oublié de vous donner le sac Atelier Louwi. 😅
La vérité, c’est que je suis surtout un artisan passionné qui a ouvert une boutique.
Et finalement, je crois que j’ai envie que ça reste comme ça.
Je vais apprendre à être commerçant. Je vais probablement prendre davantage confiance en moi. Je bafouillerai moins. J’oublierai peut-être moins souvent les sacs.
Mais j’espère ne jamais perdre cette petite seconde d’étonnement lorsque quelqu’un pose une de mes créations sur le comptoir et me dit :
« Je vais prendre celui-ci. »
Parce qu’au fond, si ça continue à me faire quelque chose, c’est probablement que je n’ai pas oublié pourquoi j’ai ouvert l’Atelier Louwi ❤️
Bon dimanche 👋🏻