01/03/2023
N'abatons pas l'élevage mais questionnons ses modes de production... l'élevage intensif industriel n'est bon ni pour les bêtes ni pour les hommes qui les exploitent et nous à La Ferme du Bouis sommes très sensible à cette question... Repensons notre relation au vivant !
La Ferme du Bouis cherche toujours à améliorer ses pratiques pour offrir le meilleur aux bêtes et aux consommateurs.
Pour cela notre cheptel est très réduit, 35 mères pour 2 associés. Un nourriture Bio, 100% autoproduite et donc locale, très largement basée sur l'herbe, ce qui nous permet de maîtriser la qualité et de minimiser notre impact écologique. Un accès au pâturage et à une aire d'exercice chaque mois de l'année des lors que la météo le permet. La vente en direct nous permet également d'éviter les filières d'engraissement à nos animaux.
Soyons tous responsables dans nos consommations ♡
« L’élevage intensif n’existe pas en France ! »
Cette affirmation revient beaucoup ces temps-ci, relayée par des représentants agricoles ou des éditorialistes à l’occasion du salon de l’agriculture.
Voici les faits.
L’élevage intensif, c’est la production d’un nombre élevé d’animaux sur une surface réduite, donc avec une grande densité de peuplement et un confinement permanent en bâtiment.
Il n’existerait pas en France ?
Chaque année, environ 1 milliard d’animaux terrestres sont abattus pour la consommation, dont (chiffres arrondis) :
- 27 millions de lapins
- 23 millions de cochons
- 4 millions de bovins
- Plus de 800 millions de volailles
En France, l’élevage bovin est majoritairement extensif, c’est-à-dire que les bêtes ont accès à l’extérieur au moins une partie de l’année.
Il est donc vrai de dire que l’élevage intensif de bovins est rare en France (pas inexistant, mais rare).
Cependant, comme écrit plus tôt, l’élevage bovin représente un très faible pourcentage du total des animaux abattus dans notre pays.
Comment sont élevées les individus, infiniment plus nombreux, issus d’autres espèces ?
Les porcs proviennent pour 95% d’entre eux d’élevages en bâtiments fermés sur caillebotis (sol grillagé laissant passer les excréments), selon les chiffres de la filière porcine.
Ces animaux n’ont JAMAIS accès à l’extérieur et vivent dans des espaces où la densité est importante (la surface minimale est de 0,65m2 par porc, jusqu’à 110 kg).
Certaines exploitations sont immenses, à l’image de la ferme-usine du Finistère qui a obtenu une autorisation pour élever 26 000 cochons chaque année : https://reporterre.net/La-ferme-bretonne-aux-26-000-cochons-validee-par-le-prefet-du-Finistere
Les poulets de chair, élevés pour leur viande, proviennent à plus de 80% de bâtiments fermés sans accès à l’extérieur, où la norme de densité est de 22 poulets par m2, soit moins d’une feuille A4 par poulet.
Ces poulets, à croissance très rapide, sont abattus avant leur 40ème jour. Selon la Commission européenne, en deux mois, un poulet atteignait 900 grammes en moyenne en 1957, contre 4 kilos aujourd’hui.
Là encore, certaines exploitations élèvent plusieurs dizaines de milliers de volailles et des agrandissements d’élevages industriels déjà massifs sont régulièrement autorisés par les préfets : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/yonne/feu-vert-pour-le-mega-poulailler-de-40-000-volailles-a-sergines-dans-l-yonne-2633908.html
Les lapins, eux, sont élevés à plus de 99% en cages dans des élevages en batterie, qui sont l’archétype de l’élevage industrialisé.
Ces chiffres sont fournis par la filière. Ce n’est pas un secret.
Quant aux poules pondeuses, elles sont encore élevées en cages pour environ la moitié d’entre elles.
A noter que la proportion de poules pondeuses en cages a fortement diminué ces dernières années, les œufs issus de batteries n’ayant plus bonne presse.
En regardant les chiffres des différentes filières, on se rend compte que la grande majorité des animaux abattus en France chaque année proviennent d’élevages intensifs.
Non seulement l’élevage industriel existe dans notre pays, mais il est aussi la norme.
Bien sûr, il y a toujours pire ailleurs, notamment en Chine, où le plus grand élevage industriel de porcs a été inauguré récemment :
https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/la-chine-met-en-service-la-plus-grande-porcherie-au-monde-dans-une-ferme-verticale-de-26-etages_5440462.html
L’élevage industriel est le pire ennemi des animaux, de l’environnement, mais aussi des paysans, car il détruit un nombre très important d’emplois agricoles.
Dans une porcherie industrielle, vous pouvez parfois n’avoir que 2 ou 3 personnes pour gérer plusieurs milliers de cochons.
Selon Jocelyn Porcher, sociologue et chercheuse à l’Inra, on comptait environ 800 000 élevages porcins en 1970 en France, avec une moyenne de 12 animaux par éleveur.
En 2004, il n’en restait que 19 000, dont 3500 concentraient la moitié de la population totale de porcs avec une moyenne de 2000 animaux par exploitation.
L’élevage intensif existe bel et bien en France, et a des répercutions majeures sur l’ensemble du système agricole.
Puisqu’il faut nourrir ces centaines de millions d’animaux enfermés à vie, et donc cultiver d’immenses surfaces de blé, de maïs, etc., souvent aspergées de pesticides.
A partager autour de vous pour ne pas laisser la place aux discours de désinformation ! Merci pour votre attention.