09/09/2026
Je ne vous poserai pas la question, mais Pierre Bayard estime qu’il est facile après coup de se considérer comme quelqu’un qui aurait forcément choisi le bon camp…
Et à n’en pas douter, les périodes de guerre sont bien souvent à même de mettre en lumière les aspects les plus troubles de l’être humain.
Une femme, un homme, dans leur quotidien parisien et ses alentours entre septembre 41 et septembre 44. Chacun va se livrer au marché noir. Elle pour manger et nourrir sa famille. Lui, pour s’enrichir espérant s’élever ainsi. Elle veut vivre, il veut se venger d’un père qui n’a pas cru en lui.
Elle s’imagine faire partie de la résistance, il croit résister en collaborant. Probablement parce que tel que nous sommes, nous nous persuadons de ce que nous voulons croire !!
C’est comme cela que Bérénice Pichat fait rencontrer Servane et Paul dans son nouveau roman « Un marché noir ». Au fil de la lecture, on mesure combien le titre est à double, à triple fond.
S’il s’inscrit dans une période particulière, il ne s’agit pas d’un roman historique à proprement parler. L’autrice privilégie les tensions et les détails du quotidien. Ce qui l’intéresse, ce sont les états d’âmes, les dilemmes et les contradictions qui animent Servane et Paul.
Si Bérénice Pichat aborde bien évidemment les questions de survie et de choix moraux liés à l’Occupation, elle développe également le thème de l’emprise. Celle-ci est à la fois contextuelle et psychologique, l’influence, la confiance, la dépendance et la manipulation pouvant enfermer quelqu’un plus surement que quatre murs sans fenêtre.
L’autrice observe ses personnages plus qu’elle ne les juge. Les mettant en situation de risque et de danger de mort, elle dissèque leurs émotions pour essayer de comprendre leurs peurs, leurs doutes ou leurs choix. Et au bout du compte, la question se pose de savoir qui perd quoi, qui se perd où, qui perd qui et qui sauve qui !?
Et la réponse pourrait bien être déchirante…
😀😀😀😀
Bérénice Pichat ; Las Avrils ; 275p ; Aout 26 ; 22€
Bérénice Pichat Les Avrils