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14/09/2024

Mes pensées au peuple sénégalais
À tous les habitants de Mbour

Une ville
debout au bord une tombe en lave Dénombre ses enfants flottant
au loin telles des algues noires
sur la crête des vagues
fracas des clapots
et des sanglots peuplent le rivage

éraillée et lugubre la voix de Mbour
sang de son âme tourmentée d’absences dans la gorge
gémissant dans l’étau d’un silence sépulcral

Impossibles disparitions
des espoirs échoués dans le guêpier d’un rêve incertain
les voilà repêchés comme des malheureux poissons
gisant sur la grève et écoutant le bruit des larmes de la ville

[…]
Mon Dieu décape ma Terre que sans relâche prostituent
des foutriquets capitalistes
Mon peuple meurt
et cela depuis des siècles
plus des victimes du désespoir
que des étoiles dans un ciel d’été
alors sauve mon peuple
de tous ces inventeurs des cauchemars

Nouakchott, le 13/09/2024

In memoriam  Fatou Niang Bâ, Nouakchott  écrit le 02 juillet 2024Cette chaise vide pleine de ta présence Debout au seuil...
14/08/2024

In memoriam Fatou Niang Bâ, Nouakchott écrit le 02 juillet 2024

Cette chaise vide pleine de ta présence

Debout au seuil de la porte… comme à l’accoutumée, je souriais
Adja les coins des yeux luisant des larmes ne put répondre à mes salutations mêlées des rires
Yasmine, vacillant sous le poids de la macabre nouvelle s’assit… les miroirs de son âme faisaient le tour de chaque coin de la salle comme pour te chercher dans la vacuité de l’espace.

Christophe d’un ton sépulcral m’annonça ton départ vers les contrées céruléennes. Moi qui étais venu, ce soir-là, à la rencontre de Giles Deleuze, je pris glace au cœur…. J’ai regardé, après l’annonce de ta mort, cette chaise vide pleine de ta présence. Dans le calme profond de la médiathèque, le vent égrenait, à la vitesse astrale, tous les souvenirs. Tout s’affluait dans mon cerveau à l’instar des trombes qui s’abattaient sur une cave. Ton princier sourire sculpté dans l’air faisait rayonnait la salle morne et nous extirpait par moment de l’aisselle funèbre d’un alizé s’appliquant à nous convaincre de ce que nous espérions qu’il fût un mauvaise rêve.

Dans l’atmosphère lugubre, Wane et Cissé perdirent l’usage des mots. Nous étions tous silencieux comme si la nuit nous avait emporté avec toi dans le monde du silence infini.

Marie-Louise, accablée de douleur et les yeux couverts des gouttes d’onde saumâtre, regarda le ciel et prit le fils de l’homme en témoin de ta sève péniblement investie dans le champ de l’existence pour cueillir des paradisiaques calendulas afin de consoler pour toutes les souffrances terrestres… elle fixait le soleil écarlate comme si elle voyait ton âme apaisée et auréolée déchirer les tendres nues flamboyantes dans la direction du jardin céleste.

Comment ne plus te voir sourire à mes plaisanteries
Comment ne plus entendre cette voix qui me disait : - Salihina veux-tu prendre quel livre ? - j’espère que ta fille et sa maman se portent à merveille.
Comment ne plus pouvoir te parler de la loyauté de ma femme, de la politique, de la poésie, de la littérature et de tout ce que j’aime dans cet Univers si éphémère […]
Vendredi dernier tu étais si taciturne, tu te plaignais d’un mal de tête… je ne pensais pas que cela t’aurait conduit si tôt sur le chemin des corps sidéraux. Cependant, tu ne mourras jamais à nos âmes saccagées par ton absence. Cette présence si lourde à concevoir.
[…]

Quand j’ai vu celui pour qui battaient tes artères, je ne sais te dire pourquoi, je pensais à cette comptine, une âme qui murmurait : « ma chandelle est morte ». J’ai entendu le chant muet d’un cœur désolé … Tu étais ce fanal qui éclairait ses nuits. Ce nuage qui l’épargnait de la lapidation du soleil. Sois heureuse en compagnie des élus dans les demeures régaliennes du ciel, ô ma sœur aux yeux souriants… tu seras à jamais présente sur cette chaise vide.

Photo crédit : internet

Rencontre littéraire avec Salihina Moussa, jeudi 30 mai 2024 à l’institut français de Mauritanie.
26/05/2024

Rencontre littéraire avec Salihina Moussa, jeudi 30 mai 2024 à l’institut français de Mauritanie.

Mon grand-père a fermé les yeux au soleil le 20 mai 2008 à Sélibaby à l’âge de 71 ans. Grand-père m’a dit : « envoie un ...
20/05/2024

Mon grand-père a fermé les yeux au soleil le 20 mai 2008 à Sélibaby à l’âge de 71 ans.
Grand-père m’a dit : « envoie un messager à ta paresse, » … je n’avais pas compris qu’il fallût veiller sur la mémoire de mon père...

Hommage à mes frères assassinés la nuit du 27 novembre 1990 à Inal Tout mon être en berne Il y a en moi la douleur de to...
27/11/2023

Hommage à mes frères assassinés la nuit du 27 novembre 1990 à Inal

Tout mon être
en berne

Il y a en moi la douleur de tous les absents,
des soleils enceints jusqu’aux yeux de liberté

C’est novembre ,
Oui c’est novembre
le vent conte mes antiques blessures ….

les vieux cris remontent à la surface
et extirpent mille sommeils
d’un bout à l’autre du paysage dunaire résonne la plainte des éteints
dans la morne aria de la brise vespérale

Encor demain au pic de l’aurore,
nous irons pousser notre complainte et nos souffrances bafouées…

II

Toujours en marge parmi les morts, nous marchons
Avec les morsures de l’attente
D’un jour nouveau […]

© Extrait de Mère blessée,…

Extrait de Souffle d’humanité( mon premier recueil de poèmes publié en 2022 aux éditions Orizons )Dédié à ma mère C’étai...
20/11/2023

Extrait de Souffle d’humanité( mon premier recueil de poèmes publié en 2022 aux éditions Orizons )

Dédié à ma mère

C’était l’aube

C’était l’aube où j’ai vu ma mère attacher son pagne
Comme si elle ne le dénouerait plus
Sous la pluie, marchant à grands pas au milieu de la foule, Ses chers souffrants foulant épines et boules.
J’ai vu ma mère, houe et pioche accrochées aux épaules
Descendre dans les champs, tête haute,
Labourer des terres arables sans araires
Cependant, avec ses belles mouvantes.
Quelquefois, harassée, ses larmes se dissolvant dans sa sueur
noire

Jeune, sur son dos bien droit, je dormais du sommeil juste,
Malgré les secousses violentes,
Je dormais à poings fermés
Vierge effarouché, j’étais heureux dans le paradis de son enfer
Ses pieds et mains déchiquetés par le vent tropical,
Car même morte, elle était toujours debout
Contre le vent debout
Elle dansait sous les premières averses de la saison
Enfouissait ses grains dans le sol,
Puis attendait patiemment que la semence germe
C’était une époque sans picaillon,
Où un grain de mil nourrissait tout un foyer,
C’était une époque sans égoïsme
Où le myrte éblouissait les cœurs
C’était une époque lumineuse où grand-père me narrait des
contes,
C’est une époque d’amour où personne n’avait un chez-soi
étant à lui tout seul.
C’est une époque d’amour où l’on vivait de la culture

Photo crédit : Aminata Éclos

À Christian Bobin (1951 - 2022 )Rien ne peut empêcher la grande nuit de tomber : Rien ne peut empêcher la grande nuit de...
19/11/2023

À Christian Bobin (1951 - 2022 )

Rien ne peut empêcher la grande nuit de tomber :

Rien ne peut empêcher la grande nuit de tomber
Même le sang noir de l’encrier
Même la plus lumineuse pensée
Rien ne peut empêcher la grande nuit de tomber

Les mots, seuls, nous survivent
Voilà pourquoi tu écrivais
Oui tu écrivais pour vaincre la mort
Tu écrivais en riant tel un éternel victorieux

Tu riais, pleurais
Rire et pleurer
Pour ta part, ne font qu’un
La nuance est insignifiante
Tu riais sans trêve
Tu souriais aux étoiles et aux oiseaux
ces « derniers chrétiens » que tu as tant célébrés

Tu riais tout le temps
Même en saisissant l’allure du vent
Même en fixant les chants des moineaux
Même en écoutant le bruit du soleil
Tes fous rires étaient des remparts contre le vague à l’âme
L’encre, une baume contre les muettes blessures

Tu riais sans perdre de vue que rien ne peut empêcher la nuit de tomber
Même la belle pensée du tout le monde
Même le sang noir de l’encrier
Rien ne peut empêcher la grande nuit de tomber

Malgré tout, tu n’as pas vécu en vain
À l’image d’Émily Dickinson
Le lustre de tes mots onctueux console tous les mourants de leurs agonies
Ceux pour qui tu laissais l’encre de nuit rejaillir sur les papiers pour leur redonner le souffle

19 novembre 2023.

Texte de Salihina Moussa alias Bouguéry : À la mémoire des morts et des vivants qui se meurent en silence dans l’attente...
18/11/2023

Texte de Salihina Moussa alias Bouguéry :

À la mémoire des morts et des vivants qui se meurent en silence dans l’attente du soleil…
Trois décennies d’impunité, nous voilà encore dans l’insoutenable aven du deuil […]

I

Me voici
Plongé jusqu’aux cheveux
Dans les pages rougies
De l’histoire
De notre histoire
De mon histoire

Accroché à l’échafaud de mes douleurs
Broyant la nuit
Dans l’attente du jour

Il

Qui de cette terre
Lointaine ou proche
N’a jamais ressenti cette braise ?

Toutes les nuits
Des âmes font face à la mort
Elles prient pour que s’arrêtent les vagues

La mer déferle tous les soirs
Mais son écho s’évanouit
Dans les sanglots des veuves

Qui hument l’odeur des morts
Dans les frusques
Soigneusement repassées

Elles ont le sommeil impossible
Sous leurs rétines
Pullulent les fantômes

Extraits d’un feuilleton
D’une nuit
De novembre

La nuit brise leurs côtes
Lame de réminiscences
Sans baume

Pour consoler leurs plaies
Sans baume
Pour consoler leurs maux

Les années s’envolent
Mais rien pour combler la béance
Les voilà abandonnées à l’appétit de la goule
[…]

© Extrait d’un texte de réflexion accepté par Harmattan.

Photo crédit : Aminata Ndoye

À tous mes frères et sœurs sénégalais qui se battent pour précipiter le Jour ILe matin s’ouvre avec des nuages de feu ; ...
09/08/2023

À tous mes frères et sœurs sénégalais qui se battent pour précipiter le Jour

I

Le matin s’ouvre avec des nuages de feu ;
des espaliers d’hommes marchent sous un ciel funèbre.
Des vaisseaux de rêves brûlent au cœur de l’ignominie !
L’exil, coup de canif dans la chair éprise de justice des héritiers de Coumba Ndofène ;
nonobstant le courage s’exprime dans les rues fumantes de sang bleu
[…]
Jeunes et vieux poing levé contre la barbarie
la peur en atome se dissipe comme cette fumée sous l’immense paupière l’horizon ;
Cœurs battant au désir de vivre,
ils avancent dans la direction de l’aube rutilante
[…]

II

Ô mon cher pays,
à quand le crépuscule de la sauvagerie humaine
et la renaissance de ta beauté
qui s’use dans l’insoutenable igue
de la violence ?
Jusqu’où nous mène ce souffle agonistique qui siffle dans tes entrailles désireuses de soleil.

[…]
Mes frères et sœurs à l’autre grève du fleuve s’escriment, au péril de leur tranquillité et de leurs vies,
à décréter le jour en évinçant les ténèbres qui inondent ton âme
Ils s’attellent à éventrer la nuit
pour précipiter le jour…
À mettre un point final à la servitude millénaire
et au néolibéralisme avide de sang

III

Bouture de Soringho qui a pris racine dans un guéret d’erg,
je suis de toute âme avec vous, ô mes Frères,
Notre bataille gagne honneur à être exempte de tout fanatisme
cependant mue par les nobles sentiments de liberté
car les hommes meurent,
demeure la Patrie,
elle, seule, résiste au silence morne et inéluctable de la nuit éternelle

J’ai la joyeuse certitude comme en mon passage de l’autre côté du miroir que sous les cendres de ce tournant s’élèvera le glorieux soleil de la félicité
[…]

D’ici peu
Dakar se renaîtra de ses nuits blanches
ses nuits de faim et de soif
ses nuits vides d’air nourricier
ses nuits sans oxygène où l’odeur du gaz lacrymogène inondait ses poumons.

VI

J’associe ma voix à celle de l’Étoile de Joal au front perlé de sueur entonnant sa supplique du haut de sa hutte céleste :
« O, bénis ce peuple, Seigneur »,
Épargne-nous de ce vent de haine qui embrume notre horizon…
qui endeuille notre terre que naguère réchauffait le soleil de ta Paix
Épargne-nous de tout mépris de nous-mêmes.
Bénis ce grand peuple qui compte ses morts
Bénis ces femmes qui se vident du sang de leurs âmes en peine,
ces hommes qui regrettent leurs enfants et ces orphelins leurs pères

Bénis cette terre enceinte des soleils qui s’étouffe à petit feu dans l’aven de la cruauté.

Bénis ce Peuple, Seigneur …
[…]

Nouakchott, 02.08.2023

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