25/01/2026
Attention
Thaïlande : vigilance renforcée dans les destinations touristiques après des cas de virus Nipah en Inde
Phuket – Pattaya – Chon Buri
La Thaïlande a renforcé ses dispositifs de surveillance sanitaire dans plusieurs destinations touristiques majeures, à la suite de la confirmation de nouveaux cas de virus Nipah en Inde. Les autorités sanitaires insistent toutefois sur un point essentiel : ce virus ne présente pas les mêmes modes de transmission que le Covid-19.
Les voyageurs en provenance de zones à risque font désormais l’objet d’une attention particulière, notamment dans les principaux hubs touristiques du pays.
Surveillance sanitaire renforcée à l’aéroport de Phuket
L’aéroport international de Phuket a mis en place un suivi sanitaire accru des passagers, en particulier ceux arrivant d’Inde.
Le directeur de l’aéroport, Monchai Tanode, a indiqué le samedi 24 janvier 2026 avoir été informé par les services de contrôle sanitaire de l’évolution de la situation épidémiologique en Inde.
Selon les responsables de la quarantaine à l’aéroport, des consultations sont en cours avec le Département du contrôle des maladies afin de déterminer si des mesures supplémentaires devront être appliquées aux postes d’immigration à l’échelle nationale.
Phuket accueille actuellement entre 10 000 et 20 000 passagers par jour en arrivées, tandis que le trafic total — arrivées et départs confondus — oscille entre 30 000 et 40 000 voyageurs quotidiens. Les touristes indiens représentent la troisième nationalité étrangère la plus présente sur l’île.
Les autorités sanitaires surveillent plus particulièrement les passagers en provenance de régions orientales de l’Inde, notamment Kolkata, dans l’État du Bengale occidental, où plusieurs cas ont récemment été signalés.
L’aéroport coordonne également ses actions avec les hôpitaux de Phuket et de la province voisine de Phangnga, afin d’identifier d’éventuelles consultations médicales liées à des symptômes compatibles avec le virus Nipah, dont les premiers signes peuvent ressembler à ceux d’une grippe classique.
Une attention spécifique est également portée aux vols d’évacuation médicale en provenance d’Inde. Ces cas sont suivis de près par les autorités sanitaires nationales et internationales, a précisé M. Monchai.
Inquiétudes mesurées à Pattaya
À Pattaya, dans la province de Chon Buri, la confirmation de cinq cas de virus Nipah en Inde et la mise en quarantaine d’une centaine de personnes ont suscité des inquiétudes parmi certains habitants et professionnels du tourisme.
Samedi, l’activité restait néanmoins normale sur la Walking Street, emblématique de la vie nocturne locale et très fréquentée par des visiteurs internationaux, dont de nombreux touristes indiens. Aucune mesure préventive particulière n’était visible.
Chatchai Khumchum, chauffeur de taxi de 39 ans, a confié au Bangkok Post qu’il se sentait préoccupé, tout en n’ayant d’autre choix que de continuer à travailler avec des clients de toutes nationalités.
Il a déclaré être particulièrement inquiet face aux mesures de confinement mises en place en Inde, Pattaya accueillant traditionnellement un nombre important de touristes indiens. Par précaution personnelle, il a indiqué porter un masque, se laver fréquemment les mains et éviter les aliments non fraîchement préparés.
Si certains habitants redoutent un scénario rappelant la pandémie de Covid-19, d’autres se montrent plus confiants et estiment que la situation reste sous contrôle.
Qu’est-ce que le virus Nipah ?
Le virus Nipah est une maladie infectieuse rare mais potentiellement grave, identifiée pour la première fois à la fin des années 1990 en Asie du Sud et du Sud-Est.
Il s’agit d’un virus zoonotique, transmis initialement de l’animal à l’homme. Les chauves-souris frugivores constituent son principal réservoir naturel. La contamination humaine peut survenir par contact direct avec leurs sécrétions, par l’intermédiaire d’animaux infectés — notamment les porcs — ou, plus rarement, par contact étroit avec une personne déjà malade.
Chez l’homme, l’infection débute généralement par des symptômes non spécifiques : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et fatigue. Dans certains cas, la maladie peut évoluer vers des complications neurologiques ou respiratoires sévères.
À ce jour, il n’existe ni traitement antiviral spécifique ni vaccin largement disponible contre le virus Nipah. La prise en charge repose essentiellement sur des soins de soutien et sur des mesures de prévention strictes.
Une transmission très différente du Covid-19
Les experts en santé publique rappellent que le virus Nipah ne se transmet pas par les gouttelettes respiratoires, contrairement au Covid-19.
La transmission interhumaine reste possible, mais uniquement par contact direct avec le sang, la salive ou d’autres fluides corporels d’une personne infectée, ce qui limite fortement les risques de propagation à grande échelle.
Les autorités thaïlandaises assurent suivre la situation de près et affirment être prêtes à ajuster leurs dispositifs si nécessaire, tout en appelant à éviter toute panique inutile.
Source : Bangkok Post