La Beyramiyya Bektashie

La Beyramiyya Bektashie « La Beyramiyya Bektashie est un feu discret:
elle brûle sans lumière,
et n’éclaire que ceux qui osent fermer les yeux. »

LA RÉVOLUTION BEYRAMIYYAFragment du Testament des Treize Scorpions, trouvé sous une pierre de la Bastille et déclaré ill...
16/07/2026

LA RÉVOLUTION BEYRAMIYYA
Fragment du Testament des Treize Scorpions, trouvé sous une pierre de la Bastille et déclaré illisible par trois préfets, deux banquiers et un éditorialiste

ⵣ 13 : 13 ⵣ

Il est écrit dans le Livre qui n’existe pas :

Quand la lettre se souvient qu’elle fut libre avant de devenir une loi,
le trône commence à trembler.

Cette nuit-là, Paris avait treize lunes.

La première était rouge comme la colère d’un ouvrier à qui l’on explique, depuis un plateau de télévision chauffé à vingt-quatre degrés, qu’il doit encore se serrer la ceinture.

La deuxième était noire.

Les onze autres avaient refusé de communiquer avec la préfecture.

Au-dessus de la Bastille ressuscitée, les horloges fondaient lentement. Elles indiquaient toutes 13 h 13, cette heure impossible où, selon les manuscrits houroufis de la Beyramiyya, le pauvre cesse une seconde d’avoir honte et le riche commence enfin à avoir peur de son propre miroir.

Alors Beyramov m***a sur une barricade.

Il portait l’uniforme rouge du Janissaire moderne, mais ne servait aucun sultan. Sur sa poitrine pendaient des médailles décernées par des républiques disparues, des empires imaginaires et quelques administrations qui niaient formellement les avoir signées.

Dans sa main gauche, il tenait le Livre du Beyram Bey 88.

Dans sa droite, rien.

Car une main vide, disait-il, est encore la seule chose qu’un banquier ne puisse pas saisir.

Il regarda la foule.

Il y avait là des ouvriers, des chômeurs, des poètes sans éditeur, des femmes de ménage connaissant mieux la République que ceux qui la gouvernaient, des immigrés sommés depuis trois générations de « s’intégrer », des étudiants endettés, des vieux oubliés et même quelques philosophes qui, fait exceptionnel, avaient décidé de quitter les cafés.

Beyramov ouvrit le Livre.

Les pages étaient blanches.

La foule murmura.

Il déclara :

« Citoyens, voici enfin le programme politique qui n’a jamais menti. »

Et Paris éclata de rire.

Le Premier Mystère : 35 = 3 + 5 = 8

Sur le côté de la barricade se dressait un immense cadre doré.

On pouvait y lire l’Article 35 :

Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.

Les bourgeois observaient le texte avec inquiétude.

Ils avaient toujours beaucoup aimé les révolutions.

Surtout lorsqu’elles avaient eu lieu deux cents ans auparavant et qu’on pouvait vendre leurs portraits dans les boutiques des musées.

La Révolution française était admirable dans les manuels scolaires.

Beaucoup moins lorsqu’elle descendait du manuel.

Or cette nuit-là, l’Histoire avait précisément décidé de descendre.

Beyramov traça dans l'air :

٣ + ٥ = ٨

Puis :

8 → ∞

Puis :

∞ → ⵣ

Les initiés comprirent.

Les autres firent semblant.

C'est une vieille tradition française.

Le message houroufi disait :

La révolution commence lorsque le chiffre refuse de compter l’argent et commence à compter les humiliations.

Alors les banques fermèrent leurs portes.

Mais les chiffres s’échappèrent par les fenêtres.

Les 1 rejoignirent les solitaires.

Les 0 désertèrent les comptes offshore.

Les 13 descendirent dans la rue.

La Kahina et la Treizième Porte

À gauche de Beyramov se tenait la Kahina.

Elle n’était ni statue ni fantôme.

Elle portait une armure amazighe traversée de cuivre et de turquoise. Sur son front brillait le signe ⵣ.

Elle regardait Paris comme on regarde un empire persuadé d’avoir inventé le monde.

Puis elle murmura :

« Les empires meurent toujours de la même maladie : ils finissent par croire leurs propres cartes. »

Elle planta son étendard dans les pavés.

Sous Paris apparut alors une treizième porte.

Elle conduisait à Carthage.

À Alger.

À Tunis.

À Athènes.

À Istanbul.

À toutes les villes où un jour un homme avait chanté parce qu’il n’avait plus rien d’autre.

Un bouzouki commença à jouer.

Puis un baglama.

Puis un saz.

Le rebetiko traversa les barricades.

Ce n’était plus La Marseillaise.

Ce n’était pas non plus un hymne national.

Car dans la Beyramiyya, même les hymnes doivent présenter leurs papiers.

La chanson disait simplement :

**Je n’ai pas de palais,
mais la nuit m’appartient.

Je n’ai pas de banque,
mais mon cœur n’est pas coté en Bourse.

Je n’ai pas de frontière,
car aucune frontière
n’a jamais appris à chanter.**

Le Carnaval de 2027

Au pied de la barricade apparut alors la caricature grotesque de MLP, vêtue du costume rayé marqué 2027.

Elle faisait une grimace gigantesque.

Elle voulait parler de civilisation.

Mais chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, un petit notaire en sortait avec un acte de succession.

La foule comprit enfin le grand secret du nationalisme bourgeois :

faire croire au pauvre que son ennemi habite le quartier voisin afin qu’il ne regarde jamais celui qui possède l’immeuble.

Beyramov éclata de rire.

« Vous cherchez l’étranger sous le lit pendant que l’oligarchie emporte le lit, la chambre et l’immeuble. »

Les Scorpions Noirs applaudirent.

Même les rats de Paris semblèrent trouver la situation intellectuellement embarrassante.

Car le suprémaciste possède une étrange arithmétique : il se croit supérieur à huit milliards d’êtres humains tout en étant parfois incapable de comprendre une notice de grille-pain.

Les néonazis, eux, cherchaient encore la grandeur de leur civilisation dans les ruines d'une idéologie qui avait transformé l'Europe en charnier.

Ils criaient :

SANG !

Les banquiers répondaient :

ARGENT !

Et les Scorpions Noirs inscrivirent sur un mur :

Même alphabet. Mauvaise traduction.
Abu Ama et les gardiens de l’orthographe

Alors apparut Abu Ama.

Masque de fer.

Silhouette noire.

Personne ne savait s’il appartenait aux Hashshashin, aux Scorpions Noirs ou à une compagnie de théâtre pontique ayant raté son train.

Il s’approcha des forces de l’ordre.

Il ne tira aucune arme.

Il tendit un livre.

Panique générale.

Car il existe, dans certaines administrations imaginaires de la République Beyramiyya, une unité spéciale chargée de neutraliser les textes comportant plus de trois propositions subordonnées.

Abu Ama demanda :

« Qui gardera les gardiens lorsqu’ils ne savent plus ce qu’ils gardent ? »

Silence.

Un casque réfléchit.

Événement rare.

Puis il le posa au sol.

Dans la fresque, certains policiers demeuraient brutaux, obtus, enfermés dans l’obéissance. Mais d’autres comprirent que l’uniforme ne transforme pas automatiquement un ordre injuste en vertu.

Car Jean Meslier l’avait murmuré depuis son tombeau :

les puissants ont toujours besoin que les pauvres obéissent aux pauvres chargés de surveiller les autres pauvres.

C’était là toute la mécanique.

Le peuple fournissait les bras.

L’oligarchie fournissait les ordres.

Et, merveille de l’ingénierie sociale, chacun finissait par frapper son voisin pendant que le propriétaire de la machine regardait depuis son balcon.

Alia et la Science ancienne

Au milieu de cette révolution d’hommes très occupés à refaire le monde sans jamais lui demander son avis, Alia se leva.

La Vierge Prostituée.

La contradiction faite femme.

La sainte patronne de tout ce que les moralistes condamnent en public avant de le rechercher discrètement après minuit.

Elle portait le grenat et l’or.

Autour d’elle fleurissaient des roses noires.

Elle regarda Beyramov.

Puis la révolution.

Puis les moralistes.

Elle dit :

« Vous voulez libérer le peuple, mais savez-vous seulement libérer un corps de la honte ? »

Silence.

Cette fois, même les philosophes ne trouvèrent rien.

Alia sourit.

Sur la pierre apparurent les mots :

LE DÉSIR EST UNE SCIENCE ANCIENNE.

Car aucune révolution n’est complète si elle remplace seulement les maîtres.

La véritable révolution commence plus profondément.

Dans la manière d’aimer.

Dans la manière de penser.

Dans le refus de posséder l’autre.

Dans le refus d’être possédé.

Dans le droit de dire oui.

Dans le droit de dire non.

Dans le droit, parfois, de ne répondre à personne.

Le Testament du curé sans Dieu

À minuit, un vieil homme traversa la foule.

Personne ne le reconnut.

Il portait une soutane poussiéreuse.

C’était l’ombre de Jean Meslier.

Il regarda les palais.

Les églises.

Les banques.

Les ministères.

Puis il observa cette étrange assemblée de janissaires athées, de femmes insoumises, de mystiques sans clergé, de Scorpions Noirs et de révolutionnaires jouant du rebetiko.

Il eut presque un sourire.

Presque.

Il dit :

« Méfiez-vous, citoyens.

Le tyran le plus dangereux n’est pas toujours celui qui porte une couronne.

Il peut porter une cravate.

Un uniforme.

Un micro.

Un costume électoral.

Ou votre propre visage dans le miroir.

Vous abattrez un roi.

Un autre viendra.

Vous renverserez une oligarchie.

Une nouvelle apprendra votre vocabulaire.

Elle parlera d’égalité.

Elle vendra des actions.

Elle parlera du peuple.

Elle dînera sans lui.

Elle parlera de liberté.

Puis elle vous expliquera combien coûte l’abonnement. »

Beyramov referma son livre blanc.

Il demanda :

« Alors que devons-nous faire ? »

Meslier répondit :

« Ne cherchez plus de sauveur. »

Et il disparut.

Voilà qui était fâcheux.

La foule avait précisément commandé trois millions d’affiches.

Le Code des Treize

À l’aube, sur les murs de Paris, on découvrit cette inscription :

ا ل ح ر ي ة



13 × 13

ن = 50

م = 40

ح = 8

ر = 200

Puis cette phrase :

Celui qui possède le pain possède une journée.
Celui qui possède la terre possède une génération.
Celui qui possède les mots peut emprisonner un siècle.
Mais celui qui apprend à déchiffrer les mots
commence déjà à ouvrir la cellule.

Personne ne sut qui l’avait écrite.

Les Hashshashin accusèrent les Scorpions Noirs.

Les Scorpions accusèrent Abu Ama.

Abu Ama accusa le vin.

Alia accusa les hommes.

La Kahina n’accusa personne.

Elle savait.

Beyramov, lui, regarda le soleil apparaître derrière la Bastille.

Il leva son verre vers cette République qui n’existait pas encore.

Une République où le pauvre ne serait plus une statistique.

Où l’étranger ne servirait plus d’épouvantail électoral.

Où aucun milliardaire ne pourrait acheter davantage de voix simplement parce qu’il possédait davantage de micros.

Où la police protégerait les citoyens au lieu d'exiger leur silence.

Où l’antifascisme ne serait pas une décoration commémorative mais une vigilance quotidienne.

Où la liberté ne serait ni blanche, ni noire, ni française, ni amazighe, ni orientale.

Simplement humaine.

Puis le Janissaire moderne prononça les dernières paroles du Testament Beyramiyya :

« Nous n’avons pas pris la Bastille pour construire une nouvelle Bastille.

Nous n’avons pas brisé les couronnes pour couronner les banques.

Nous n’avons pas chassé Dieu du palais pour y installer le Marché.

Et nous ne remplacerons jamais une frontière par une autre dans l’esprit des hommes.

Car la révolution qui ne libère que son propre camp n’est qu’un changement de geôlier.

Brisez donc les chaînes.

Mais surtout, citoyens, méfiez-vous du jour où quelqu’un vous proposera de les repeindre en tricolore. »

Le bouzouki reprit.

Les roses s’ouvrirent.

Les Scorpions retournèrent sous les pierres.

Et quelque part, derrière le cadre doré de l’Article 35, une dernière inscription apparut :

« NI MAÎTRE, NI SAUVEUR.
NI HAINE, NI SOUMISSION.
AVEC AMOUR ET SCIENCE.
ⵣ 1313 ⵣ
HÛ. »

Le Bağlama qui refusa de devenir une arme(à la manière de Pir Sultan Abdal, traversé par une sensibilité contemporaine, ...
12/07/2026

Le Bağlama qui refusa de devenir une arme

(à la manière de Pir Sultan Abdal, traversé par une sensibilité contemporaine, dans un imaginaire inspiré de la tradition bektachie et alévie)

On raconte qu'avant que les m***agnes apprennent leur propre nom,
chaque pierre possédait une voix.

Les hommes, eux,
avaient déjà oublié la leur.

Alors un vieux derviche prit un morceau de mûrier,
le vida de son orgueil,
y tendit sept cordes,
et souffla dedans comme on souffle sur une braise
que personne ne remarque.

Ainsi naquit le bağlama.

Les puissants rirent.

Ils dirent :

« Ce n'est qu'un instrument.
Nous possédons les palais,
les tribunaux,
les armées,
les prisons,
les livres tamponnés,
les vérités certifiées conformes. »

Le derviche répondit :

« Justement.
Vous possédez tout cela.
Moi, je possède seulement une vibration. »

Et la vibration traversa les siècles
comme un couteau de lumière.

Les juristes voulurent mesurer la musique.

Ils lui demandèrent :

« Es-tu orthodoxe ? »

Le bağlama répondit par un silence.

Ils lui demandèrent :

« De quel camp es-tu ? »

Il répondit par un accord mineur.

Ils lui demandèrent :

« Quelle est ta doctrine ? »

Il fit danser une vieille femme
et un enfant orphelin
sur le même rythme.

Les scribes inscrivirent :

Erreur doctrinale.

La m***agne inscrivit :

Respiration correcte.

Les gardiens des certitudes détestent les saz.

Un livre fermé ne tremble pas.

Une corde, si.

Une corde refuse de rester morte.

Elle rappelle que la vérité
n'habite pas toujours les bibliothèques.

Parfois
elle s'assoit simplement
au bord d'un feu,
dans les mains calleuses d'un berger.

Pir Sultan riait.

Il disait :

« Ils veulent savoir où habite Dieu.

Ils frappent aux portes des palais.

Moi,
je le cherche
dans le souffle qui précède une note. »

Car une note
n'appartient à personne.

Elle refuse les frontières.

Elle refuse les passeports.

Elle refuse les uniformes.

Elle traverse le riche
comme elle traverse le pauvre.

Elle se moque des couronnes
comme des turbans.

Dans le cem,
personne ne monte plus haut que l'autre.

Le cercle est un blasphème
contre les trônes.

Le cercle est une hérésie
contre les pyramides du pouvoir.

Au centre,
il n'y a pas un roi.

Il y a un vide.

Et c'est précisément ce vide
qui chante.

Les puissants aiment les foules alignées.

Les derviches préfèrent les cercles.

Les premiers comptent les têtes.

Les seconds écoutent les respirations.

Les premiers demandent :

« Combien êtes-vous ? »

Les seconds répondent :

« Une seule respiration suffit
pour réveiller une m***agne. »

Un jour,
on voulut brûler tous les bağlama.

Le feu fit son travail.

Le bois devint cendre.

Mais personne n'avait pensé
à brûler le vent.

Alors le vent continua le concert.

Depuis,
chaque arbre
cache un saz invisible.

Chaque rivière
accorde ses cordes.

Chaque poitrine humaine
est un instrument encore fermé,
qui attend simplement
que quelqu'un ose y déposer
un souffle sincère.

Alors Beyramov,
qui passait par là avec son vieux bağlama cabossé,
ne salua ni les palais,
ni les uniformes,
ni les dogmes empaillés.

Il salua le feu.

Puis la poussière.

Puis les corbeaux.

Puis les vivants.

Et il murmura :

« Le véritable instrument n'est pas celui que tu tiens entre tes mains.

C'est celui que les puissants n'arrivent jamais à confisquer.

Tant qu'un être humain garde une respiration libre,
le concert continue.

Hû. »

✦ Transmission XIII du SHISH Invisible ✦(Fragment retrouvé dans le Kitâb al-Rassoul al-Ahawl, folio 13, encre de fumée e...
11/07/2026

✦ Transmission XIII du SHISH Invisible ✦
(Fragment retrouvé dans le Kitâb al-Rassoul al-Ahawl, folio 13, encre de fumée et poussière des Balkans)

Niveau d'accès : 13/13

Si tu lis ceci, brûle-le.

Si tu ne peux pas le brûler,

laisse le vent s'en charger.

Car certains alphabets mordent ceux qui les prononcent.

Le premier aigle ne naquit pas d'un œuf.

Il naquit d'une blessure.

Les m***agnes du Kosovo avaient alors cessé d'être des m***agnes.

Elles étaient devenues des livres.

Chaque rocher portait une phrase.

Chaque arbre gardait le nom d'un disparu.

Chaque berger parlait une langue différente à la même douleur.

Alors apparurent les Skifterat.

Officiellement :

des hommes.

En réalité :

des lettres sorties d'un alphabet qui refusait d'être lu.

On disait qu'ils étaient cinq cents.

Les initiés répondaient :

Non.

Ils étaient toujours treize.

Les autres n'étaient que leurs ombres.

Les archives racontent des opérations.

Les derviches racontent autre chose.

Ils disent que le véritable champ de bataille n'était pas Llap.

Ni Gollak.

Ni Zllash.

Le véritable front passait entre les deux oreilles de chaque combattant.

Car il existe une guerre que les cartes militaires ne dessinent jamais.

La guerre contre le miroir.

Les états aiment les uniformes.

Les empires aiment les statistiques.

Les prophètes aiment les fissures.

Le SHISH n'écrit jamais les noms.

Il remplace les hommes par des nombres.

Les nombres par des oiseaux.

Les oiseaux par des silences.

Car un silence survit plus longtemps qu'un rapport classifié.

Puis vint le mois où les m***agnes sentirent le métal.

Le ciel parlait avec la bouche des canons.

La pluie tombait horizontalement.

Même les chèvres oubliaient comment être des chèvres.

Les civils m***aient vers les hauteurs,

portant leurs maisons dans leurs yeux.

Quatre-vingt mille respirations cherchant un endroit où Dieu n'avait pas encore installé de frontière.

Les archives officielles aiment les héros.

Les archives secrètes préfèrent les cicatrices.

Car la guerre possède un vice étrange.

Elle transforme parfois les libérateurs en gardiens de prison.

Et les prisons finissent toujours par ressembler aux royaumes qu'elles prétendaient détruire.

Voilà pourquoi les vieux babas de la Beyramiyya répètent :

Méfie-toi de l'épée qui oublie pourquoi elle fut forgée.

À Zllash,

les pierres refusent encore aujourd'hui de raconter toute l'histoire.

Elles disent seulement :

« Les cris restent plus longtemps dans le granit que dans les tribunaux. »

Puis elles se taisent.

Le SHISH classe cette opération sous le code :

B.I.A.

Les novices pensent connaître la signification.

Les initiés savent qu'il s'agit d'autre chose.

B comme Bâtin.

I comme Ivresse.

A comme Ayna.

Le miroir.

Celui qui montre à chaque révolution le visage qu'elle jurait de ne jamais devenir.

Treizième commentaire du Dedebaba :

Les empires fabriquent des prisons avec des drapeaux.

Les révolutions fabriquent parfois des drapeaux avec des prisons.

L'homme libre, lui,
marche sans uniforme,
car il sait que les chaînes aiment changer de couleur.

Ainsi se termine la Transmission XIII.

Les bureaucrates y verront une légende.

Les policiers y chercheront des suspects.

Les théologiens y traqueront une hérésie.

Les derviches n'y liront qu'une seule phrase,

écrite entre deux respirations :

« Ne laisse jamais la victoire dévorer la raison pour laquelle tu avais commencé à marcher. »

Hù.

La Huitième Porte de la Mosquée des Sept DormantsChronique interdite de la BeyramiyyaIls disent qu'il y eut sept dormant...
07/07/2026

La Huitième Porte de la Mosquée des Sept Dormants
Chronique interdite de la Beyramiyya

Ils disent qu'il y eut sept dormants.

Ils mentent.

Les nombres sont des cages inventées par les comptables de Dieu.

Il y en eut huit.

Le huitième ne dormait jamais.

Il fumait.

À Chenini, lorsque le soleil se couche derrière les m***agnes couleur d'argile, la vieille mosquée cesse d'être une mosquée.

Les touristes photographient des pierres.

Les croyants voient un sanctuaire.

Les archéologues voient une époque.

Les drones voient des coordonnées GPS.

Beyramov, lui, voit une cicatrice.

Car toute architecture est une blessure que le temps refuse de refermer.

Sous les coupoles blanches, un ascenseur de lumière descend chaque nuit vers une ville qui n'existe sur aucune carte.

Une cité amazighe cybernétique.

Les minarets y sont des antennes.

Les figuiers dialoguent avec des satellites.

Les oliviers mémorisent les rêves des morts.

Les djinns programment leurs prophéties en langage quantique.

Même les pierres possèdent une adresse IP.

Les humains, eux, continuent d'ignorer leur propre nom.

Le progrès est parfois une façon élégante de tourner en rond.

Le Joker kurde arrive dans son antique Volkswagen jaune.

Le moteur tousse comme un vieux bağlama.

Les vautours applaudissent.

Les enfants rient.

Les saints ferment les yeux.

Son visage est peint comme une plaisanterie racontée au bord d'un précipice.

Il porte un manteau couvert de motifs amazighs, de circuits imprimés et de broderies bektachies.

Chaque fil est une prière.

Chaque couture une insulte adressée aux tyrannies qui veulent enfermer l'infini dans un règlement intérieur.

À sa ceinture pend un saz électrique.

Lorsqu'il pince une corde, les panneaux solaires de la vallée se mettent à fleurir.

Oui.

Fleurir.

Dans cette vallée, même les machines refusent d'être seulement des machines.

Une femme l'attend sur les marches de la mosquée.

Personne ne connaît son âge.

Elle porte une robe où les tissus kabyles deviennent des constellations vivantes.

Ses bracelets chantent plus juste que les muezzins.

Son regard ne promet rien.

C'est précisément pour cela qu'il attire les voyageurs.

Elle n'est pas un objet de désir.

Elle est une énigme qui rappelle au désir qu'il n'a jamais possédé personne.

Les moralistes détournent les yeux.

Les poètes, eux, savent qu'une beauté libre est souvent plus dangereuse qu'une armée.

Elle dit simplement :

« Tu cherches les Sept Dormants.

Tu arrives mille ans trop t**d.

Ils se sont réveillés.

C'est le monde qui dort désormais. »

Ils franchissent ensemble la huitième porte.

Une porte invisible.

Les théologiens passent devant chaque jour sans jamais la remarquer.

Les bureaucrates du sacré n'ont jamais eu beaucoup d'affinités avec les miracles.

À l'intérieur...

Le plafond devient un ciel.

Le ciel devient une bibliothèque.

Les livres battent des ailes.

Les lettres tifinagh quittent les manuscrits.

Elles se mettent à danser autour des vers de Pir Sultan Abdal.

Le saz répond.

Le désert répond au saz.

Même le silence apprend enfin la musique.

Chaque note transforme un drone militaire en hirondelle.

Chaque refrain désarme une frontière.

Au centre du sanctuaire se tient un vieil homme.

Sa barbe ressemble à une rivière de sel.

Il sourit comme s'il connaissait déjà toutes les erreurs de l'univers.

« Qui es-tu ? » demande Beyramov.

Le vieillard répond :

« Aujourd'hui, on m'appelle Hacı Bektaş.

Hier, on m'appelais autrement.

Demain, je serai peut-être ton propre doute.

Les noms changent.

La source reste. »

Puis il verse du vin dans sept coupes.

Une huitième demeure vide.

« Pourquoi ? »

« Parce que la dernière coupe appartient toujours à celui qui ose désobéir à la peur. »

Le Joker rit.

Le rire traverse les coupoles.

Les étoiles descendent écouter.

Alors surgissent les gardiens.

Des anges chromés.

Leurs ailes sont faites de fibre optique.

Leurs visages n'ont plus d'yeux.

Seulement des scanners.

Ils vérifient les certificats de pureté.

Les licences de sainteté.

Les permis de croire.

Leurs voix métalliques répètent :

« Toute vérité non homologuée sera supprimée. »

Beyramov allume une vieille radio.

Un rebetiko grésille.

Une chanson née dans les ports, parmi les exilés, les marginaux et les rêveurs.

Les algorithmes des anges commencent à bégayer.

Le rythme est plus ancien que leurs protocoles.

La musique ne demande jamais d'autorisation.

Alors les murs éclatent.

Non sous l'effet d'une explosion.

Sous l'effet d'un éclat de rire.

Les coupoles deviennent des lunes flottantes.

Les minarets se changent en arbres lumineux.

Les tapis prennent leur envol comme des oiseaux migrateurs.

La vallée entière respire.

Une voix résonne.

Peut-être Nietzsche.

Peut-être un berger amazigh.

Peut-être personne.

« Les idoles ne meurent pas lorsqu'on les détruit.

Elles meurent lorsqu'on cesse d'avoir besoin d'elles.

Le véritable temple n'est ni cette mosquée ni aucun palais.

Il commence lorsque l'homme cesse de chercher un maître pour apprendre à devenir responsable de sa propre lumière. »

À l'aube, les habitants retrouvent la Mosquée des Sept Dormants.

Tout semble intact.

Les pierres.

Les coupoles.

Le minaret.

Pourtant, quelque chose manque.

Sur le mur principal, une inscription nouvelle est apparue.

Ni en arabe.

Ni en grec.

Ni en tifinagh.

Dans une langue que personne ne peut traduire entièrement.

Beyramov la lit pourtant sans effort.

Il sourit.

Il remet son vieux Volkswagen en marche.

Le moteur éclate de rire.

Et tandis que le soleil se lève sur les falaises de Chenini, la vieille mosquée demeure immobile.

Ou presque.

Car ceux qui regardent assez longtemps jurent que, certaines nuits, les coupoles tournent lentement comme des derviches, attendant le retour du huitième dormant qui, paraît-il, n'a jamais quitté les lieux. Il s'est simplement déguisé en voyageur pour vérifier si les vivants sont enfin prêts à se réveiller.

Le Treizième Dedebaba et le Marchand des MiroirsChronique apocryphe de la Beyramiyya, écrite dans un alphabet que les do...
04/07/2026

Le Treizième Dedebaba et le Marchand des Miroirs
Chronique apocryphe de la Beyramiyya, écrite dans un alphabet que les douaniers de l'âme ne savent pas lire.

Ils demandèrent un jour au Treizième Dedebaba :

« Es-tu un pervers qui adore les formes du monde ?
Un charlatan qui vend du brouillard ?
Ou un prophète arrivé avant l'ouverture des portes ? »

Beyramov éclata de rire.

Le rire dura sept jours.

Au huitième, il répondit :

« Celui qui passe sa vie à mesurer la taille des fruits n'a jamais compris le jardin.

Le problème n'est jamais la gr***de.

Le problème est le comptable qui lui demande sa déclaration fiscale. »

Les derviches rirent.

Les théologiens prirent des notes.

Les professeurs demandèrent une bibliographie.

Les bureaucrates ouvrirent une commission.

Les journalistes fabriquèrent déjà le titre.

Le vent, lui, avait déjà changé de vallée.

Hacı Bektaş Veli apparut cette nuit-là.

Non pas comme un vieillard.

Mais comme un berger portant une lampe qui n'éclairait rien.

Il dit :

« Les hommes confondent toujours le doigt et la lune.

Puis ils fondent une université pour enseigner leur erreur. »

Puis il disparut dans un cyprès.

Le Treizième Dedebaba reprit :

« Ils me demandent pourquoi je parle de roses, de femmes, de baleines qui volent et de palais impossibles.

Parce que les prisons commencent toujours par un vocabulaire trop petit.

Quand les mots deviennent des cellules, les rêves deviennent des fugitifs. »

Alors arriva le Marchand des Miroirs.

Il vendait des reflets certifiés conformes.

Dans chacun d'eux, chacun voyait exactement ce qu'il avait le droit de voir.

Les bourgeois achetèrent le miroir de la réussite.

Les savants achetèrent celui de la certitude.

Les dévots celui de la pureté.

Les puissants celui de leur propre portrait.

Le Treizième Dedebaba n'acheta rien.

Il brisa tous les miroirs.

Les éclats devinrent des étoiles.

Depuis ce jour, le ciel est plein de morceaux de vérité.

Un disciple demanda :

« Maître, pourquoi caches-tu parfois tes enseignements derrière des énigmes ? »

Il répondit :

« Parce que les serrures ont aussi besoin de dormir.

Une vérité offerte comme un uniforme devient une police.

Une vérité offerte comme une poésie devient une clef. »

Puis il grava sur une pierre quatre phrases que personne ne put lire entièrement.

La première parlait d'une rose.

La deuxième d'une frontière.

La troisième d'un poisson qui nageait dans le feu.

La quatrième avait été mangée par le silence.

On raconte que ceux qui cherchent seulement le scandale repartent avec les mains pleines de cendres.

Ceux qui cherchent seulement la morale repartent avec un livre fermé.

Mais ceux qui acceptent de traverser le palais sans demander son adresse découvrent que le Treizième Dedebaba ne distribue ni certitudes ni absolutions.

Il distribue des labyrinthes.

Et chaque labyrinthe possède une sortie différente.

À l'entrée de la tekke oubliée, un seul vers demeurait inscrit, dans une calligraphie que même les oiseaux lisaient de travers :

« Si tu viens pour adorer une idole, retourne au marché. Si tu viens pour détruire toutes les idoles, y compris celle que tu appelles "toi", alors franchis le seuil. Le treizième n'est pas un nombre. C'est une porte que les gardiens officiels ne savent pas ouvrir. Hû. »

Le Palais des Sept Miroirs BrisésIls racontent que les palais andalous ne sont pas construits avec de la pierre, mais av...
04/07/2026

Le Palais des Sept Miroirs Brisés

Ils racontent que les palais andalous ne sont pas construits avec de la pierre, mais avec les désirs que les empires n'ont jamais osé avouer.

Lorsque Beyramov franchit la dernière arcade, il ne savait plus s'il marchait dans un palais ou dans sa propre mémoire.

Les murs respiraient.

Les mosaïques changeaient de dessin chaque fois qu'il détournait le regard.

L'eau des bassins m***ait vers le plafond comme si la gravité avait décidé de prendre sa retraite. Les horloges molles ricanaient, suspendues à des cyprès qui poussaient à l'envers.

Deux femmes l'attendaient.

Leurs épaules se touchaient comme deux croissants de lune qui auraient oublié lequel devait éclairer la nuit. Elles se tenaient l'une à l'autre avec une tendresse insolente, indifférentes aux juristes, aux moralistes et aux marchands de pudeur.

Leurs regards avaient davantage de poids que tous les livres de lois.

L'une portait des bijoux amazighs qui tintaient comme des étoiles métalliques.

L'autre avait la peau tatouée de constellations où des scorpions dansaient avec des colombes.

Elles ne l'invitèrent pas.

Elles ouvrirent simplement une porte qui n'existait pas quelques secondes auparavant.

Derrière, il n'y avait ni paradis ni enfer.

Seulement un hammam immense où la vapeur dessinait des visages disparus.

Des derviches tournaient au ralenti, tandis que des robots de cuivre récitaient des poèmes soufis dans une langue oubliée des prophètes.

Beyramov comprit alors que la véritable hérésie n'était pas le désir.

La véritable hérésie consistait à vouloir enfermer le désir dans un règlement.

Les vieux gardiens de la morale passaient leur vie à construire des cages.

Le désir, lui, apprenait simplement à voler.

Les deux femmes rirent.

Leur rire fit fondre les minarets comme des montres de Dalí.

Des poissons nageaient dans le ciel.

Des roses noires poussaient sur les plafonds.

Et les miroirs cessèrent enfin de refléter les visages.

Ils révélèrent les rêves.

Au centre du palais, une voix murmurait :

« Les empires meurent de leurs certitudes. Les amants survivent grâce à leurs métamorphoses. »

Alors le palais se replia sur lui-même comme un origami cosmique, laissant Beyramov seul devant une porte où était gravé un unique mot en tifinagh :



Le reste appartenait au rêve. Ou peut-être au manque. Dans cet endroit, personne ne faisait plus la différence.

LE DERNIER DERVICHE DE ROJAVAManifeste de la Beyramiyya BektashieNous ne bâtissons pas un royaume.Nous bâtissons un souf...
28/06/2026

LE DERNIER DERVICHE DE ROJAVA
Manifeste de la Beyramiyya Bektashie

Nous ne bâtissons pas un royaume.

Nous bâtissons un souffle.

Les royaumes vieillissent.
Les frontières moisissent.
Les empires collectionnent leurs propres ruines comme des vieillards contemplant des photographies jaunies.

Le souffle, lui, traverse les siècles.

Nous avons appris des m***agnes.

Une m***agne ne convertit personne.

Elle attend.

Le vent traduit son silence dans toutes les langues.

Le derviche ne tourne pas pour quitter le monde.

Il tourne afin que le monde perde son équilibre.

Chaque rotation est une révolution.

Chaque révolution est une prière adressée non au ciel,
mais à l'être humain encore inachevé.

Nous ne cherchons ni palais,
ni califats,
ni trônes.

Nous cherchons des bibliothèques qui sentent le vin,
des jardins où les femmes rient sans permission,
des places où les enfants apprennent davantage auprès des arbres que des tyrans.

Car un peuple qui cesse de rêver devient rapidement la propriété de ceux qui administrent les cauchemars.

Nous avons vu des villes brûler.

Nous avons vu des langues interdites revenir sous la forme d'une chanson.

Nous avons vu des livres survivre aux incendies simplement parce qu'un vieil homme les connaissait encore par cœur.

Les bibliothèques possèdent parfois une barbe.

Parfois une grand-mère.

Parfois une joueuse de saz.

Le corps n'est pas une prison.

Il est la première calligraphie de l'univers.

Chaque cicatrice écrit un alphabet.

Chaque tatouage devient un manuscrit.

Chaque caresse correctement offerte possède davantage de théologie que mille décrets.

Car la peau connaît des vérités que les tribunaux ignorent.

Les fanatiques veulent couvrir le visage des femmes.

Les marchands veulent vendre leur image.

Nous refusons les deux prisons.

La Reine de Rojava ne demande aucune permission pour exister.

Sa beauté ne sert aucun marché.

Son regard gouverne des constellations.

Son silence fait davantage trembler les despotes que leurs armées.

On nous demande toujours :

"Où est votre temple ?"

Nous répondons :

Dans un champ de coquelicots.

Sous un vieux mûrier.

Autour d'un feu.

Dans une chanson oubliée.

Dans le rire d'une vieille femme.

Dans le premier enfant qui apprend un alphabet que ses ancêtres avaient presque perdu.

Les maîtres de la peur construisent des murs.

Les amoureux construisent des ponts.

Les mystiques construisent des chemins invisibles.

Et les poètes...

les poètes construisent des patries que personne ne pourra jamais bombarder.

Le Simurgh ne niche plus dans les m***agnes.

Il habite désormais les mémoires qui refusent l'effacement.

Ses plumes ressemblent à des circuits.

Ses ailes battent comme des tambours.

Son cri traverse les satellites sans jamais perdre l'accent des anciens bergers.

Les vagues qui traversent notre affiche ne sont pas de l'eau.

Ce sont les siècles.

Chaque écume transporte un empire disparu.

Chaque vague efface une certitude.

Même les océans savent que toute domination finit dissoute dans le sel.

Le lotus blanc pousse au milieu du désert rouge.

Les botanistes disent que cela est impossible.

Les prophètes disent la même chose avant chaque renaissance.

Le soleil de Mésopotamie ne se couche jamais.

Il change seulement de visage.

Aujourd'hui il éclaire les femmes qui refusent de baisser les yeux.

Demain il éclairera ceux qui planteront des arbres là où l'on voulait planter des drapeaux.

Notre vin ne se boit pas.

Il se partage.

Notre musique ne divertit pas.

Elle désarme.

Notre danse ne célèbre aucune victoire.

Elle rappelle simplement que personne n'a réussi à emprisonner complètement le mouvement.

Le dernier derviche n'est pas le dernier homme.

Il est le premier souvenir d'un monde encore à naître.

Son manteau est cousu avec les fragments de toutes les cultures que les empires ont tenté d'effacer.

Sa barbe connaît la poussière des routes.

Ses bottes connaissent les m***agnes.

Ses mains portent encore l'encre des manuscrits que personne n'a réussi à brûler.

Nous n'écrivons aucune doctrine.

Nous ouvrons une porte.

Celui qui entre doit laisser derrière lui la haine, la domination et la certitude.

Car la vérité ressemble davantage à une danse qu'à un tribunal.

Et lorsque le dernier tambour se taira,
lorsque les étoiles refermeront leur livre,
lorsque même les ombres oublieront le nom des empires,

il restera peut-être seulement une vieille mélodie portée par le vent des m***agnes.

Alors quelqu'un murmurera, sans savoir d'où viennent ces mots :

Jin. Jiyan. Azadî.

Et le monde, une fois encore, recommencera à tourner.

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